Budget 2026 : Logement, pouvoir d’achat, entreprises… les concessions de dernière minute pour éviter la censure

APL, MaPeimerénov’… À la veille du vote du budget 2026, le Premier ministre Sébastien Lecornu annonce plusieurs concessions sur le logement pour tenter d’éviter une censure. On vous explique.

Le premier ministre Sebastien Lecornu au Senat

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© GEOFFROY VAN DER HASSELT AFP-

Sébastien Lecornu lors d'une intervention à l'Assemblee Nationale

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L'essentiel selon MySweetimmo
  • Le Premier ministre Sébastien Lecornu propose de renoncer à l'année blanche sue les aides personnelles au logement (APL) dans le cadre des discussions précédent le vote du Budget 2026.
  • Le Premier ministre propose de renoncer à l’année blanche sur les aides personnelles au logement (APL) envisagée dans le projet de budget initial.
  • La ministre des Comptes publics annonce un maintien de MaPrimeRénov’ à 3,5 milliards d’euros en 2026, sous réserve du vote du budget

À quelques jours d’un vote à haut risque au Parlement, le gouvernement a multiplié les concessions pour tenter d’éviter une censure sur le budget 2026. Logement, pouvoir d’achat, fiscalité des entreprises : plusieurs arbitrages ont été précisés par le Premier ministre Sébastien Lecornu et ses ministres économiques. Tour d’horizon des principales mesures annoncées.

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Logement : APL maintenues, soutien renforcé au logement social

Le logement fait partie des dossiers sur lesquels l’exécutif a clairement reculé par rapport à son projet initial.
Le gouvernement renonce à l’année blanche sur les allocations logement (APL), une mesure envisagée à l’automne et vivement critiquée par l’opposition.

Autre arbitrage : une augmentation de 400 millions d’euros des moyens alloués aux bailleurs sociaux, afin de soutenir la construction et la rénovation de logements abordables, dans un contexte de crise persistante de l’offre.

Sébastien Lecornu a également évoqué la création d’un statut de bailleur privé, destiné à relancer l’investissement locatif, sans en préciser à ce stade les contours ni le calendrier.

Enfin, le budget du dispositif MaPrimeRénov’ sera maintenu à 3,5 milliards d’euros en 2026, a confirmé la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin, alors qu’une baisse était redoutée par les professionnels du secteur.

Ménages : Pas de hausse d’impôts, plusieurs mesures de pouvoir d’achat

Sur le front fiscal, le gouvernement cherche à afficher une ligne claire.
« Il n’y aura aucune augmentation de la fiscalité sur les ménages, directe ou indirecte », a assuré Sébastien Lecornu.
Amélie de Montchalin a réaffirmé la volonté de « ne jamais faire porter l’effort sur les ménages ».

Dans le détail, l’exécutif confirme :

  • L’indexation de toutes les tranches de l’impôt sur le revenu sur l’inflation, sans gel du barème, évitant l’entrée dans l’impôt d’environ 200 000 foyers fiscaux en 2026.
  • L’abandon de toute réforme de l’abattement de 10 % appliqué aux retraités.
  • La revalorisation de la prime d’activité d’environ 50 euros par mois pour plus de 3 millions de ménages modestes, pour un coût estimé à 2 milliards d’euros.
  • Le maintien des allocations pour les personnes en situation de handicap.
  • Le maintien des bourses étudiantes et la mise en place du repas à un euro au restaurant universitaire à compter du mois de mai.

Ces annonces ont contribué à apaiser les tensions avec le Parti socialiste, qui a indiqué qu’il ne censurerait pas le gouvernement si ces mesures « ne sont pas financées sur le dos des Français ».

Entreprises : Pas de hausse des charges, surtaxe encore en discussion

À destination des entreprises, l’exécutif a confirmé qu’il ne toucherait pas aux allègements de charges.
« Augmenter les charges, c’est augmenter le coût du travail pour les employeurs, et augmenter le coût du travail, c’est menacer l’emploi », a justifié Sébastien Lecornu.

En revanche, la contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises, qui avait rapporté 8 milliards d’euros l’an dernier, pourrait être reconduite. Un amendement gouvernemental proposait d’en porter le rendement à 6,3 milliards d’euros, contre 4 milliards prévus dans le projet de budget initial pour 2026, mais il a été rejeté à l’Assemblée.

« On est encore en train de caler les derniers chiffrages », a reconnu le ministre de l’Économie Roland Lescure.
Amélie de Montchalin a précisé que les ETI seraient épargnées, une perspective qui continue toutefois d’inquiéter les organisations patronales. Le Medef dénonce une surtaxe jugée « toxique pour l’investissement et l’attractivité de la France ».

Déficit public : Un cap maintenu à 5 % du PIB

Malgré ces concessions, le gouvernement maintient son objectif de redressement des comptes publics. Le déficit de la France doit être ramené à 5 % du PIB en 2026, contre 5,4 % en 2025.

« Pour la première fois, les dépenses des ministères en euros courants seront inférieures à celles de l’année dernière », a déclaré Sébastien Lecornu, alors que le budget présenté en octobre évoquait encore une hausse globale de 20 milliards d’euros.

Si certains ministères sont préservés — Armées, Éducation, Justice, Intérieur et Agriculture —, les collectivités territoriales devront également contribuer à l’effort, à hauteur de 2 à 2,5 milliards d’euros nets, selon Amélie de Montchalin.

Reste à savoir si ces concessions suffiront à sécuriser l’adoption du budget dans un contexte parlementaire toujours incertain, alors que plusieurs arbitrages restent encore ouverts.

Par MySweetImmo avec AFP