Immobilier : Le printemps pourrait relancer le marché selon les notaires
Selon l’analyse du professeur Bernard Thion pour Immonot, à l’approche du printemps, le marché immobilier montre des signes de reprise : les ventes repartent légèrement et les prix se stabilisent.
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Le marché immobilier semble amorcer un redémarrage à l’approche du printemps. Selon la dernière analyse du professeur Bernard Thion pour Immonot, les ventes repartent légèrement tandis que les prix se stabilisent progressivement.
Les transactions immobilières repartent progressivement
Le marché immobilier pourrait retrouver un peu de dynamisme dans les prochains mois. La dernière tendance publiée par Immonot, basée sur les remontées de notaires correspondants, montre un début de reprise des transactions.
21 % des notaires interrogés constatent une hausse des ventes, alors qu’ils n’étaient que 4 % à le signaler en décembre 2025. Dans le même temps, les positions les plus prudentes reculent. Les attentistes représentent désormais 39 % des répondants, contre 44 % auparavant. Les pessimistes passent de 51 % à 41 %.
Sur le terrain, certains professionnels observent déjà les premiers signes d’un redémarrage. « Une légère hausse des avant-contrats (les promesses de vente signées avant la transaction définitive) se fait ressentir, le marché bouge et bougera plus à l’arrivée du printemps », observe Sabine Pilimindy, négociatrice notariale à Melun.
Les perspectives restent également encourageantes. 20 % des notaires interrogés pensent que le marché va continuer à progresser dans les prochains mois.
« Les prix restent stables avec une demande et une offre constantes. On commence à ressentir un rebond », estime Florian Bigotte, négociateur notarial à Phalempin.
Crédit immobilier : des conditions plus favorables
Le retour progressif des acquéreurs se retrouve aussi dans les chiffres du crédit immobilier. La production de crédits à l’habitat (hors renégociations) atteint 12,8 milliards d’euros en décembre 2025, contre 6,9 milliards en février 2024, selon la Fédération bancaire française.
Dans le même temps, les conditions d’emprunt se stabilisent. Le taux moyen des crédits immobiliers s’établit à 3,20 % en janvier 2026, d’après l’Observatoire Crédit Logement/CSA.
Les prix se sont également ajustés dans plusieurs territoires après la forte hausse observée pendant la période post-Covid. Selon l’indice Notaires-Insee, les prix des maisons en province n’ont progressé que de 0,2 % en 2025. Cette stabilisation redonne de la visibilité aux ménages qui souhaitent acheter.
Des prix désormais plus proches du marché
Autre évolution notable : les anticipations de baisse des prix reculent. La part des notaires qui prévoient un repli passe de 58 % à 51 % en deux mois. Dans le même temps, 46 % des répondants anticipent une stabilité des prix.
Ces chiffres suggèrent que les ajustements engagés depuis 2024 ont déjà largement eu lieu. Aujourd’hui, les acheteurs disposent d’un pouvoir de négociation plus important face aux vendeurs.
« Les clients recherchent avec l’ambition d’acheter, mais ne se laissent pas entraîner dans des surenchères. L’achat se fait à un prix de marché raisonnable », constate Frédéric Lupis, négociateur à Gagny.
Dans certaines zones, les prix recommencent même à progresser légèrement. À Paris, l’indice des prix immobiliers (IPI) publié par SeLoger, Meilleurs Agents et Les Échos affiche une hausse de 1,9 % sur un an.
Terrains et construction : un intérêt qui se renforce
La dernière enquête Immonot met aussi en évidence un intérêt croissant pour les terrains à bâtir. Si 87 % des notaires recommandent de vendre avant d’acheter, cette position est moins marquée pour les terrains. 56 % privilégient la vente en premier, tandis que 39 % conseillent d’acheter avant de vendre.
Cette situation s’explique notamment par la rareté du foncier constructible, c’est-à-dire des terrains sur lesquels il est possible de construire. Les révisions de nombreux plans locaux d’urbanisme (PLU) sont souvent reportées à l’approche des élections municipales.
L’intérêt pour les terrains traduit aussi un regain d’attention pour la construction neuve. Les primo-accédants peuvent bénéficier du Prêt à Taux Zéro (PTZ) dans sa version 2026, plus favorable sous certaines conditions. Les logements neufs offrent également de meilleures performances énergétiques.
Cet avantage devient déterminant face aux logements anciens les plus énergivores, dont la valeur peut être pénalisée par leur diagnostic de performance énergétique (DPE).
Dans un contexte marqué par les crises énergétiques récentes et les tensions géopolitiques, ces critères pèsent de plus en plus dans les décisions d’achat.
