DPE : 64 % des Français croient à tort qu’il garantit le confort d’été

64 % des Français pensent qu’un bon DPE signifie un logement plus confortable l’été, selon une étude Jinka. Pourtant, l’étiquette énergétique ne garantit pas la fraîcheur. Voici les points à vérifier avant d’acheter ou de louer.

Échelle DPE posée sur une table dans un appartement ensoleillé aux volets partiellement fermés

Nouveau

© Mysweetimmo et IA

 0
L'essentiel selon MySweetimmo
  • 64 % des Français pensent qu’un bon DPE signifie un logement plus confortable l’été, selon une étude Jinka. L’étiquette énergétique ne garantit pourtant pas la fraîcheur du logement.
  • 55 % des locataires se sentent mal chez eux l’été à cause de la chaleur, contre 27 % des propriétaires sans crédit, selon une étude Jinka.
  • Avant d’acheter ou de louer, consulter l’indicateur de confort d’été du DPE permet de compléter la lecture de l’étiquette énergétique, en examinant aussi les protections solaires et les possibilités d’aération du logement.

Une bonne lettre sur une annonce immobilière ne promet pas des nuits au frais. C’est pourtant ce que beaucoup de Français attendent du diagnostic de performance énergétique.

Selon l’étude YouGov réalisée pour Jinka, 83 % jugent le DPE important pour choisir leur logement, dont 41 % très important. Mais près de deux sur trois lui prêtent aussi une indication qu’il ne donne pas à travers sa seule étiquette : l’assurance d’un meilleur confort en été.

Cette confusion concerne directement les candidats à l’achat et à la location. Elle souligne aussi l’intérêt, pour les professionnels, d’expliquer ce que mesure le diagnostic au moment de présenter un bien.

Newsletter MySweetimmo

Le DPE mesure la performance énergétique, pas la fraîcheur

L’étiquette du DPE, de A à G, repose sur la consommation d’énergie du logement et ses émissions de gaz à effet de serre. Le document comporte également un indicateur de confort d’été, distinct de cette note, avec trois appréciations : « bon », « moyen » ou « insuffisant ». Il faut donc regarder au-delà de la lettre affichée dans l’annonce pour apprécier le comportement du logement pendant les fortes chaleurs.

Or, selon Jinka, 64 % des répondants pensent qu’un bon DPE rend un logement plus confortable l’été. Seuls 21 % répondent que ce n’est pas le cas.

« C’est l’un des rares repères chiffrés dont ils disposent pour comparer des logements : il est donc logique qu’ils lui prêtent plus de vertus qu’il n’en a. Le problème n’est pas leur confiance, c’est que personne ne leur explique ce que l’étiquette mesure vraiment», souligne Marc Lebel, directeur général de Jinka.

Un appartement économe en énergie peut ainsi rester difficile à vivre pendant une canicule. Notre décryptage explique comment lire l’indicateur de confort d’été, distinct du classement énergétique, pour mieux préparer une visite.

Plus d’un locataire sur deux souffre de la chaleur chez lui

L’enjeu dépasse la compréhension d’un diagnostic. Dans l’enquête, 39 % des Français déclarent se sentir mal chez eux l’été, dont 11 % très mal tant il fait chaud. À l’inverse, 58 % se disent bien, mais seulement 14 % très bien, dans un logement frais.

Les locataires sont particulièrement concernés : 55 % se sentent mal dans leur logement l’été, dont 20 % très mal. Chez les propriétaires qui remboursent un crédit, ces proportions atteignent respectivement 34 % et 8 %. Chez les propriétaires sans crédit, elles descendent à 27 % et 4 %. La part des personnes déclarant un très fort inconfort est donc cinq fois plus élevée parmi les locataires que parmi les propriétaires sans emprunt.

Les étudiants sont 43 % à déclarer un inconfort estival. Et les deux catégories associent davantage une bonne note énergétique à un logement confortable en été : 74 % des locataires comme des étudiants font ce rapprochement, soit dix points de plus que l’ensemble des répondants.

D’autres écarts apparaissent selon la situation du foyer. Près de la moitié des célibataires, soit 49 %, se sentent mal chez eux l’été, contre 33 % des personnes en couple. La proportion atteint 42 % dans les foyers sans enfant, contre 31 % dans ceux avec enfants.

« Au-delà du simple confort estival, c’est une histoire de pouvoir d’achat qui se joue ici : à deux, les frais sont partagés, ce qui permet de viser un logement plus grand et plus confortable en toutes saisons», ajoute Marc Lebel.

L’enquête fait également ressortir des différences selon le niveau de diplôme : 46 % des non-bacheliers déclarent un inconfort, contre 37 % des diplômés du supérieur. Les femmes sont 41 % à se sentir mal chez elles l’été, contre 37 % des hommes.

L’âge et le lieu de résidence dessinent des écarts

Les jeunes adultes et les seniors n’accordent pas la même place au DPE. Parmi les 18-24 ans, 34 % le jugent très important, contre 44 % des 65 ans et plus. Les plus jeunes sont aussi davantage à associer une bonne note au confort d’été : 71 %, contre 61 % chez les seniors.

Du côté du confort ressenti, 65 % des 65 ans et plus se disent bien chez eux l’été. Chez les 25-34 ans, 16 % déclarent au contraire se sentir très mal à cause de la chaleur.

« Les seniors ont souvent vécu dans plusieurs logements, et ils savent qu’une étiquette ne dit pas tout. Une maison ancienne aux murs épais peut afficher un mauvais DPE et rester fraîche en plein été», commente Marc Lebel.

La géographie compte également. Dans le Sud-Est, 15 % des personnes interrogées se sentent très mal chez elles l’été, contre 8 % en Île-de-France et dans le Nord-Ouest. Dans les communes de moins de 20 000 habitants, 33 % déclarent un inconfort lié à la chaleur, contre 43 % dans les secteurs de plus de 100 000 habitants.

En Île-de-France, 73 % des répondants associent pourtant un bon DPE au confort estival. Et si 45 % des Franciliens jugent le diagnostic très important, les critères de recherche restent ouverts : selon une analyse distincte de Jinka, 86 % des alertes franciliennes n’excluent pas les logements classés F ou G, contre 82 % ailleurs en France.

Avant de choisir un logement, les questions à poser

Pour un acquéreur ou un locataire, le bon réflexe consiste à demander le DPE complet et à consulter son indicateur de confort d’été. La visite permet ensuite de regarder les protections solaires extérieures, l’exposition des fenêtres, la situation sous les toits et la possibilité de faire circuler l’air.

Les questions aux occupants sont tout aussi concrètes : les chambres restent-elles supportables la nuit ? Peut-on ouvrir les fenêtres lorsque la température baisse ? Comment le logement s’est-il comporté pendant les dernières fortes chaleurs ? Ces points font partie des critères de visite que la canicule remet au premier plan.

Pour les propriétaires et les bailleurs qui envisagent des travaux, le confort estival mérite également une place dans le projet. Les travaux d’isolation, de ventilation et de protection solaire à examiner avant d’installer une climatisation apportent des pistes concrètes pour préparer la rénovation.

« À l’heure où les canicules sont amenées à se multiplier, le confort d’été ne peut plus rester un angle mort et être un vecteur supplémentaire d’inégalité », conclut Marc Lebel.

Par MySweetImmo
Étude YouGov pour Jinka menée en ligne les 3 et 4 septembre 2026 auprès de 1 018 personnes représentatives de la population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas.