Immobilier : Quand la canicule pèse sur le choix du logement
Les canicules modifient la recherche de logement en France. Exposition, étage, volets, arbres ou climatisation entrent davantage dans les critères des acheteurs.
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Avec les canicules à répétition, la chaleur ressentie notamment sous les toits, devient un critère dans la recherche immobilière.
- Quand ils visitent un logement, les Français se demandent désormais aussi s’il n'y fait pas trop chaud l’été.
- Exposition, étage, volets, courants d’air, espaces extérieurs ou présence d’arbres entrent davantage dans les discussions.
- Un tiers des répondants à un sondage leboncoin immobilier mené en juin disaient ne pas exclure de déménager si les canicules s’intensifient.
- La climatisation « ce n'est plus du tout un tabou » lors des recherches de logement, selon Yann Jéhanno, président du réseau immobilier Laforêt.
Exposition plein sud, dernier étage, grandes baies vitrées… Certains atouts immobiliers se transforment en défauts lorsque le thermomètre s’envole. Avec la répétition des canicules, les Français intègrent un nouveau critère dans leur recherche de logement : pourra-t-on encore y vivre confortablement dans dix ou quinze ans ?
Sous les toits, la chaleur peut refroidir les acheteurs
Climatisation, volets, arbres : les Français commencent à intégrer les fortes températures dans leurs critères de recherche de nouveau logement, conséquence des vagues de chaleur qui se succèdent et ne sont plus considérées comme des phénomènes isolés.
Exemple de cette évolution des comportements : Christian Tokoto, agent immobilier chez Guy Hoquet, a en vente « un appartement magnifique, avec de grandes vitres » en plein centre de Paris. Malgré « beaucoup de visites, les clients nous disent +trop chaud+, parce qu’il n’est pas traversant. Et donc, pour l’instant, il est toujours sur le marché ! »
En France comme dans une grande partie de l’Europe, peu de régions échappent cet été à des températures qui dépassent régulièrement 35 voire 40°C, alors que les logements sont peu adaptés aux canicules et très rarement climatisés.
C’est le cas notamment des immeubles dits haussmanniens emblématiques de Paris, construits au XIXe siècle avec des toits en zinc ravissants sur les cartes postales mais qui chauffent fortement sous l’effet de la chaleur et du soleil.
« Au dernier étage d’un immeuble haussmannien la chaleur à l’intérieur devient vraiment insupportable », observe auprès de l’AFP Joseph Denke, agent immobilier chez FredéLion à Paris.
Canicule et immobilier : Les critères des acheteurs évoluent
La chaleur ressentie lors de la visite d’un studio de 14 m2 fait d’ailleurs douter un de ses clients, Camille Couturier, 30 ans. « Etre sous les toits c’est quelque chose qui peut être inquiétant, qui pourrait être un point négatif à l’appartement », relève-t-il à côté de la fenêtre ouverte du logement non-traversant.
En achetant un appartement, il se projette « au moins à 10-15 ans » et s’inquiète donc de savoir s’il pourra « utiliser cet appartement de manière vivable » ou « devoir fuir comme tout le monde parce qu’il fait trop chaud ».
Alors que l’Europe occidentale a connu son début d’été le plus chaud enregistré selon l’observatoire européen du changement climatique, un logement sur deux en France serait une bouilloire thermique, surnom donné aux habitations qui se réchauffent très vite, estime le cabinet Pouget Consultants et Ignes.
Pour Sophie Bourg, directrice marketing de la plateforme d’annonces leboncoin immobilier, les canicules ne sont plus perçues par les Français « comme des épiphénomènes » mais « sont vraiment intégrées comme étant structurelles dans les choix résidentiels ». « La fraîcheur, le confort d’été sont devenus un critère immobilier à part entière », assure-t-elle.
Un tiers des répondants à un sondage mené en ligne par la société en juin disaient ne pas exclure de déménager si les canicules s’intensifient.
Climatisation, volets, arbres : De nouveaux critères émergent
Exposition, étage, piscine, volets, possibilité de faire des courants d’air, espaces extérieurs, terrasse ombragée et même présence d’arbres dans le quartier font désormais partie des critères et discussions que les professionnels de l’immobilier interrogés par l’AFP voient émerger.
Quant à la climatisation, sa possible généralisation a fait l’objet d’intenses débats politiques en France en début d’été, car elle est vue par certains comme un simple remède à l’inaction face au changement climatique et provoque des rejets de chaleur à l’extérieur.
Mais lors des recherches de logement, « ce n’est plus du tout un tabou », tranche Yann Jéhanno, président du réseau immobilier Laforêt.
« Les acquéreurs ne regardent plus seulement le logement, mais plutôt son habitabilité. Ils ne vont plus se contenter seulement du diagnostic de performance énergétique, mais interroger les agents immobiliers avec des questions très concrètes sur la température pendant la dernière vague de chaleur, s’il est possible d’aérer la nuit, si on dort bien dans les chambres », détaille-t-il.
