Immobilier Bretagne : Cancale, première ville à interdire les résidences secondaires
Cancale devient la première ville bretonne à interdire les résidences secondaires, une décision inédite pour protéger le marché immobilier local.

Nouveau
© adobestock
Vue du port de Cancale, première ville bretonne à interdire les résidences secondaires.
La ville de Cancale (Ille-et-Vilaine), haut lieu touristique de la Côte d’Émeraude, devient la première commune de Bretagne à interdire la construction de nouvelles résidences secondaires. Objectif : enrayer la flambée des prix immobiliers et préserver l’accès au logement pour les habitants.
En bref
- Cancale interdit toute nouvelle résidence secondaire.
- Le conseil municipal a voté la mesure à l’unanimité.
- Les logements devront être occupés huit mois par an minimum.
Une mesure rendue possible par la loi Echaniz/Le Meur
Le conseil municipal a voté vendredi soir une modification du Plan local d’urbanisme (PLU), introduisant « une servitude de résidence principale pour toute nouvelle construction de logement dans des secteurs précis« .
Cette disposition est rendue possible par la loi Echaniz/Le Meur de novembre 2024.
Selon la mairie, « cette mesure (…) vise à répondre aux tensions croissantes du marché immobilier local, alimentées par la hausse des résidences secondaires et des meublés de tourisme« .
Le parc immobilier déjà existant n’est pas concerné par cette interdiction, seuls les logements neufs sont visés.
La pression immobilière s’intensifie à Cancale
Entre 2011 et 2022, la part des résidences secondaires est passée de 35,5 % à 41,2 % du parc immobilier. Parallèlement, le nombre de meublés de tourisme a bondi de 30 % entre 2020 et 2024, atteignant 582 unités déclarées. Cancale compte aujourd’hui environ 5.500 habitants, confrontés à une tension croissante sur le logement.
Désormais, les logements neufs devront être occupés comme résidence principale au moins huit mois par an. La location touristique sera, elle, limitée à 120 jours par an.
Des sanctions prévues en cas de non-respect
En cas d’infraction, « le maire peut prononcer une mise en demeure assortie d’astreintes jusqu’à 1.000 € par jour« , avec un plafond de 100.000 €, précise la mairie. Le bail pourra également être résilié « de plein droit ».
Après le Pays basque et Chamonix, Cancale rejoint la liste croissante des communes qui s’attaquent à l’essor des résidences secondaires.
La loi prévoit que ces zones réservées à la résidence principale ne peuvent être mises en place que si la commune applique la taxe sur les logements vacants ou si la part de résidences secondaires dépasse 20 % du parc immobilier.
En Bretagne, d’autres communes, y compris Rennes, subissent elles aussi une crise aiguë du logement étudiant et locatif. À Chamonix, le maire Éric Fournier (UDI) avait déjà fait voter en mars un PLU interdisant la construction de nouvelles résidences secondaires, lesquelles représentent déjà 70% des logements de cette ville de 9.000 habitants.