Budget 2026 Immobilier : Vers un nouveau dispositif Jeanbrun pour relancer l’investissement locatif ?
Le gouvernement a inscrit dans le budget 2026 un nouveau dispositif d’investissement locatif, porté par le ministre du Logement Vincent Jeanbrun, mais encore soumis au vote du Parlement.
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© AFP-Alain-Jocard-
Vincent Jeanbrun, ministre du logement
- Le dispositif Jeanbrun, du nom de l'actuel ministre du Logement Vincent Jeanbrun, prévoit un amortissement fiscal annuel de 3,5 % à 5,5 % pour les logements neufs loués pendant neuf ans, selon le niveau de loyers pratiqués.
- Le dispositif Jeanbrun permettrait d’imputer le déficit foncier sur le revenu global, dans la limite de 21.400 euros par an jusqu’en 2027, une possibilité inédite dans ce type de mécanisme.
- Le dispositif Jeanbrun s’appliquerait sans zonage, partout en France, et concernerait aussi les logements anciens sous condition de travaux représentant 30 % du prix d’achat.
- Le dispositif Jeanbrun, inscrit dans le budget 2026, n’est à ce stade qu’une proposition et reste conditionné à l’adoption définitive du projet de loi de finances.
Après la fin du Pinel, le gouvernement propose un nouveau mécanisme fiscal pour relancer l’investissement locatif privé. Surnommé « dispositif Jeanbrun », il figure dans le budget 2026, encore en discussion au Parlement.
Un successeur au Pinel encore au stade de la proposition
Depuis la disparition du dispositif Pinel au 31 décembre 2024, l’investissement locatif privé s’est nettement contracté. Promoteurs, réseaux immobiliers et investisseurs particuliers attendaient un nouveau cadre fiscal susceptible de relancer l’offre de logements.
C’est dans ce contexte que le gouvernement a introduit, dans la partie recettes du budget 2026, un nouveau mécanisme d’incitation à l’investissement locatif, parfois qualifié de « dispositif Jeanbrun », du nom de l’actuel ministre du Logement Vincent Jeanbrun.
À ce stade, il ne s’agit toutefois que d’une proposition budgétaire. Inscrit dans un projet de loi de finances sur lequel le gouvernement a engagé sa responsabilité, le dispositif devra encore être confirmé lors de l’adoption définitive du budget par le Parlement.
Des avantages fiscaux renforcés dans le neuf et l’ancien
Dans sa version actuelle, le dispositif repose sur un principe d’amortissement fiscal du bien immobilier, en contrepartie d’un engagement de location de neuf ans et du respect de plafonds de loyers.
Pour le logement neuf, les taux d’amortissement annuels varient selon la nature de la location :
- 3,5 % pour un logement à loyer intermédiaire, avec un plafond fixé à 8.000 euros,
- 4,5 % pour un logement social, plafonné à 10.000 euros,
- 5,5 % pour un logement très social, avec un plafond de 12.000 euros.
Contrairement aux précédents dispositifs, aucun zonage géographique n’est prévu. Le mécanisme s’appliquerait sur l’ensemble du territoire.
Dans l’ancien, l’accès au dispositif serait conditionné à la réalisation de travaux représentant au moins 30 % du prix d’achat du logement. Les taux d’amortissement seraient alors compris entre 3 % et 4 %, selon le niveau de loyers pratiqués, avec un plafond fixé à 10.700 euros.
Déficit foncier : le principal levier pour les investisseurs
La principale nouveauté du dispositif Jeanbrun concerne le traitement du déficit foncier. Jusqu’à présent, celui-ci ne pouvait être imputé que de manière limitée sur le revenu global.
Avec ce nouveau mécanisme, l’investisseur pourrait déduire son déficit foncier directement de l’ensemble de ses revenus. Selon l’exemple avancé par une source gouvernementale, un contribuable percevant 50.000 euros de revenus annuels et enregistrant 10.000 euros de déficit foncier ne serait plus imposé que sur 40.000 euros.
Cette déduction serait plafonnée à 21.400 euros par an et s’appliquerait jusqu’en 2027. Le gouvernement assure que cette combinaison entre amortissement de l’investissement et imputation sur le revenu global rendrait le dispositif plus attractif que le Pinel.
Un signal politique adressé au secteur du logement
Pour Vincent Jeanbrun, ce nouveau cadre fiscal doit produire un effet rapide sur le marché. « Ce dispositif va créer un choc d’offre et permettre de construire près de 50.000 logements en plus par an », a déclaré le ministre du Logement auprès de l’AFP.
Bugget 2026 : Quels sont les grands équilibres retenus par le gouvernement
- Le gouvernement vise un déficit public ramené à 5 % du PIB en 2026, contre 5,4 % en 2025, avec un déficit de l’État chiffré à 131,9 milliards d’euros (gouvernement).
- La progression des dépenses publiques serait limitée à 0,8 % en volume, avec une baisse en valeur des dépenses de l’État hors ministères régaliens comme la Défense, l’Éducation ou la Justice (Matignon).
- Les recettes de l’État sont estimées à 365,5 milliards d’euros, sans hausse globale des prélèvements obligatoires, qui resteraient à 43,9 % du PIB (gouvernement).
- Une contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises serait maintenue en 2026, ciblant environ 300 groupes et rapportant 7,3 milliards d’euros (ministère de l’Économie).
- En matière de logement, le maintien de MaPrimeRénov est confirmé, tandis que le nouveau dispositif d’investissement locatif reste conditionné à l’adoption définitive du budget 2026 (gouvernement)
