Immobilier de luxe : « Paris reste un coffre fort immobilier », Sébastien Kuperfis (Junot)
Sébastien Kuperfis, président du groupe Junot décrypte le redémarrage du marché immobilier de luxe à Paris et les ambitions 2026 de Junot en France et en Europe. Interview Mon Podcast Immo au micro d’Ariane Artinian.
Le marché immobilier de prestige parisien signe un net redémarrage en 2025. Invité de Mon Podcast Immo, Sébastien Kuperfis, président du groupe Junot, analyse les ressorts de cette reprise et détaille sa stratégie de développement en France et en Europe. Paris confirme son statut de valeur refuge, malgré les incertitudes politiques et économiques. Après deux années de ralentissement, les transactions repartent, parfois en quelques jours. « Une fois les prix ajustés et les taux stabilisés, le marché redevient très fluide », explique Sébastien Kuperfis, président du groupe Junot, au micro d’Ariane Artinian .
Un marché qui redémarre plus vite que prévu
Après une année 2024 globalement stable, Junot affiche en 2025 une progression de 56 % de son chiffre d’affaires. Un rebond qui repose sur un double facteur. D’un côté, la détente progressive des taux d’intérêt a redonné de la visibilité aux acquéreurs. De l’autre, les prix ont corrigé. « Depuis le pic de 2022, nous constatons en moyenne 12 % de baisse sur les biens que nous avons vendus », précise Sébastien Kuperfis.
À Paris, marché largement dominé par la résidence principale, les projets n’ont pas disparu mais ont été différés. Une fois les prix ajustés et les taux stabilisés, les acheteurs reviennent, et les biens bien positionnés se vendent à nouveau rapidement, parfois en quelques jours, comme ce n’était plus le cas en 2023 et 2024.
Le retour des Français, l’ancrage des acheteurs étrangers
L’un des marqueurs forts de 2025 est le retour des acheteurs français sur le segment du luxe. « Les beaux biens ont souvent été achetés par des Français, notamment des dirigeants et capitaines d’industrie, parce qu’ils se positionnent rapidement », observe Sébastien Kuperfis.
Les étrangers restent toutefois très présents. Américains, Asiatiques et fortunes du Moyen-Orient continuent de cibler Paris. « Vu de l’étranger, Paris reste une safe place, une valeur refuge immobilière », souligne Sébastien Kuperfis. Malgré les incertitudes politiques et économiques françaises, la capitale conserve un statut singulier : celui d’un actif patrimonial rare, lisible et sécurisé à l’échelle internationale.
Des ventes record et une quête d’histoire parisienne
Cette attractivité se traduit par des transactions emblématiques. En 2025, Junot a signé une vente à près de 44 000 euros le mètre carré pour un appartement situé aux Tuileries, cédé plus de 10 millions d’euros et… entièrement à rénover. « L’acheteur cherchait un bien historique, avec une vue, un morceau d’histoire parisienne et française », raconte Sébastien Kuperfis. Autre exemple marquant : un appartement aux Invalides, avec vue directe sur la Tour Eiffel et le Dôme, vendu 9,25 millions d’euros à des Français pour leur résidence principale. « Ces ventes confirment l’attrait intact pour l’architecture ancienne, les vues dégagées et les adresses iconiques, recherchées aussi bien par les acheteurs nationaux qu’internationaux ».
Junot, une maison familiale qui accélère en régions et en Europe
Fondée en 1984, Junot revendique un modèle à part dans l’immobilier de luxe, avec des équipes salariées et une organisation structurée. « Ce fonctionnement d’entreprise nous permet de traverser les crises avec des équipes soudées », explique Sébastien Kuperfis.
Déjà implanté à Paris, en région parisienne et à Lille, Junot regarde désormais au-delà de son marché historique. Le groupe s’intéresse aux grandes métropoles comme Lyon, Bordeaux ou Marseille, mais aussi aux zones de villégiature prisées par sa clientèle, de la côte Atlantique aux Alpes, en passant par la Côte d’Azur et la Bretagne. « L’idée, c’est d’aller uniquement là où nous pouvons apporter une vraie valeur ajoutée à nos clients », souligne Sébastien Kuperfis.
À l’international, Junot s’appuie sur son implantation en Belgique et sur son adossement à Forbes Global Properties pour offrir une visibilité mondiale aux biens de prestige. Une stratégie de croissance maîtrisée, fondée sur la complémentarité avec une clientèle parisienne et internationale déjà existante, et sur une lecture prudente d’un marché du luxe qui, selon lui, « fonctionne parfois comme l’or, à la fois impacté et soutenu par les crises ».
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