Immobilier de luxe : « J’ai quitté la finance pour transformer Breteuil », Arthur Colarossi

Dans Mon Podcast Immo, Ariane Artinian reçoit Arthur Colarossi, président de Breteuil. Il raconte son virage de la finance à l’immobilier et la transformation du réseau familial, fort aujourd’hui de 25 agences immobilières.

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Quitter la finance, reprendre l’entreprise familiale, injecter 7 millions d’euros et doubler le chiffre d’affaires dans un marché en berne. Invité de Mon Podcast Immo, Arthur Colarossi raconte comment il a relancé Breteuil avec son frère en misant sur la tech, la montée en gamme et le service. Une transformation sans rupture, à la tête d’un réseau de 25 agences immobilières. « De la restructuration, c’est devenu un nouveau projet de vie », confie Arthur Colarossi dans Mon Podcast Immo . Ancien trader passé par Londres et New York, il pilote aujourd’hui, avec son frère Arsène, la transformation de Breteuil, le réseau fondé il y a près de 30 ans par leur mère.

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Un héritage familial nourri par une culture internationale

Avant même la reprise, l’ADN de Breteuil s’est construit dans une culture du service. Enfants d’expatriés, les frères Colarossi ont grandi entre plusieurs pays et découvert un immobilier plus anglo-saxon dans son approche, plus fluide dans la relation client, plus exigeant sur l’accompagnement. Une culture qui a ensuite nourri le développement de la marque à Paris.

Arthur Colarossi, lui, prend d’abord une autre voie. Pendant 14 ans, il travaille dans le trading de matières premières, d’abord à Londres puis à New York. Mais en 2018, alors qu’il réfléchit à la suite de sa carrière, le projet familial s’impose peu à peu. « Breteuil est vite devenu une évidence, à la fois économique et familiale », explique Arthur Colarossi au micro d’Ariane Artinian .

Le test devait être temporaire. Il devient durable. « Cette période d’intérim est devenue permanente avec 100 % de mon énergie et de mes capitaux investis », poursuit Arthur Colarossi. Avec son frère Arsène, déjà très ancré dans l’immobilier, le tandem trouve rapidement son équilibre.

7 millions d’euros pour transformer sans rompre

La reprise ne s’est pas faite à petits pas. Les deux frères ont injecté 7 millions d’euros dans l’entreprise familiale pour accélérer sa mutation. Pas question, pourtant, de rompre avec l’histoire de Breteuil. « On ajuste doucement les choses », résume Arthur Colarossi au micro d’Ariane Artinian dans Mon Podcast Immo.

L’investissement a servi à rénover les agences, ouvrir des flagships, moderniser les outils, renforcer la visibilité de la marque et repositionner le réseau sur le haut de gamme. Breteuil tourne ainsi la page des plus petites structures pour miser sur des adresses plus visibles, plus incarnées et plus premium.

Cette stratégie s’appuie aussi sur la technologie. « Des tâches qui prenaient 4 heures à l’époque sont faites en 25 minutes », explique Arthur Colarossi. CRM, data transactionnelle, aide à la décision, intelligence artificielle intégrée au logiciel maison : l’idée n’est pas de remplacer l’agent, mais de le rendre plus rapide, plus précis et plus efficace.

Des flagships comme vitrines de la montée en gamme

La montée en gamme passe aussi par la pierre, l’adresse et la scénographie. Déjà présent avec deux flagships dans le 16e arrondissement, rue de la Pompe et avenue Victor-Hugo, Breteuil veut désormais pousser plus loin encore ce positionnement. « Il ne suffit pas de dire qu’on veut monter en gamme, c’est du détail, du détail, encore du détail », insiste Arthur Colarossi au micro d’Ariane Artinian dans Mon Podcast Immo.

L’enjeu n’est pas seulement d’être visible. Il s’agit aussi de créer des lieux adaptés à une clientèle patrimoniale, en particulier pour les transactions les plus élevées. Arthur Colarossi l’assume : certaines futures boutiques seront conçues « comme un joaillier place Vendôme », avec des salons confidentiels pour recevoir les clients à très fort patrimoine.

Le premier de ces nouveaux écrins doit ouvrir au 34 rue du Bac, une artère stratégique de l’immobilier haut de gamme parisien. Une adresse pensée pour accueillir les ventes les plus sensibles, dans un cadre plus intime que celui d’une agence classique. Une autre implantation du même type est prévue côté rive droite, dans le triangle d’or, à horizon 2027. Pour Breteuil, ces flagships ont une double fonction : servir de vitrine de marque dans les quartiers les plus exposés, et offrir un cadre de réception à la hauteur d’un marché où la discrétion reste déterminante.

Montée en gamme, performance et culture du collectif

Dans un secteur menacé par l’automatisation, Breteuil fait un choix clair : préserver la valeur du service. « On veut de l’humain adossé à de la tech », affirme Arthur Colarossi au micro d’Ariane Artinian dans Mon Podcast Immo.

La montée en gamme répond à cette logique. Le réseau veut se positionner là où la relation, la discrétion, la confiance et l’accompagnement restent déterminants. Les chiffres traduisent ce repositionnement. Le mandat moyen est passé d’un peu plus de 1,1 million à 2,2 millions d’euros. Le chiffre d’affaires par conseiller a progressé de 65 %.

La transformation ne repose pas uniquement sur les outils ou les vitrines. Elle passe aussi par une culture managériale inspirée des modèles anglo-saxons : fidéliser les talents, associer certains profils clés au capital, renforcer l’exigence tout en consolidant le collectif.

25 agences, 125 collaborateurs et des ambitions ciblées

Depuis 2021, les résultats contrastent nettement avec la tendance du marché. Alors que l’immobilier a fortement ralenti, Breteuil a doublé son chiffre d’affaires. Le réseau compte aujourd’hui 25 agences, dont l’immense majorité en propre, et 125 collaborateurs.Le réseau est implanté à Paris, sur plusieurs destinations du littoral français, mais aussi à Londres.

La suite ? Poursuivre le maillage des lieux de villégiature de sa clientèle, développer la franchise, ouvrir de nouvelles adresses emblématiques à Paris et renforcer la présence sur les marchés les plus cohérents avec son positionnement ». Sur le luxe, Arthur Colarossi se montre confiant. « Paris attire toujours plus », observe-t-il . Pour lui, la capitale conserve un atout que peu de grandes métropoles peuvent offrir : une qualité de vie dense, pratique et désirable.

Le changement est aussi intime. Fini les réveils au milieu de la nuit pour suivre les marchés américains. À Paris, Arthur Colarossi commence désormais ses journées à 5 heures, entre sport, réunions matinales et passages en agences. Souvent avec Gus, son bulldog anglais, devenu mascotte du réseau. Un détail, certes, mais qui dit quelque chose de cette reconversion. « L’expérience humaine […] manquait à ma carrière de trader », confie Arthur Colarossi.

Retrouvez l’épisode intégral de Mon Podcast Immo avec Arthur Colarossi sur MySweetImmo ainsi que sur toutes les plateformes d’écoute.

Par Ariane Artinian