Crédit immobilier : les taux baissent encore, mais pour combien de temps ?
En mars, les taux immobiliers ont encore baissé, selon CAFPI. Une amélioration fragile, alors que les tensions géopolitiques menacent déjà l’équilibre du marché.
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- En mars 2026, les taux moyens des crédits immobiliers atteignent 3,07 % sur 15 ans, 3,26 % sur 20 ans et 3,38 % sur 25 ans, en légère baisse.
- Les banques ciblent les primo-accédants avec des conditions de crédit immobilier plus attractives pour relancer un marché immobilier encore fragile.
- Le taux d’emprunt de l’État français à 10 ans dépasse 3,70 %, un niveau qui peut entraîner une hausse des crédits immobiliers.
En mars, les taux de crédit immobilier poursuivent leur léger repli. Une évolution qui confirme la phase de normalisation du marché engagée depuis septembre dernier, après deux années de fortes turbulences.
Mais cette accalmie pourrait être de courte durée. Le regain de tensions géopolitiques au Moyen-Orient, depuis fin février, fait peser un risque inflationniste susceptible de rebattre les cartes. Les marchés obligataires ont d’ailleurs déjà commencé à intégrer cette conjoncture, avec une remontée sensible des taux longs.
Dans ce contexte, les emprunteurs ont tout intérêt à sécuriser rapidement leurs conditions de financement.
Des taux en léger recul
Après une première détente en février, les taux enregistrent un nouveau repli en mars, sous l’effet d’une concurrence accrue entre établissements, qui utilisent à nouveau le crédit immobilier comme levier de conquête commerciale dans un marché encore convalescent. CAFPI a ainsi obtenu en moyenne pour ses clients :
- 3,07 % sur 15 ans (-6 points de base)
- 3,26 % sur 20 ans (stable)
- 3,38 % sur 25 ans (-3 points de base)
Une baisse mesurée… et inégalement répartie. Les meilleurs profils, déjà fortement optimisés, ne bénéficient pas de cette détente, avec même une légère remontée sur les durées courtes :
- 2,85 % sur 15 ans (+5 points de base)
- 3,00 % sur 20 ans (stable)
- 3,15 % sur 25 ans (stable)
Ce mouvement marque la fin des décotes agressives sur les meilleurs profils compte tenu des coûts dans le contexte actuel.

Une reprise fragile soutenue par les primo-accédants
Ce recul des taux, observé pour le deuxième mois consécutif, s’explique en grande partie par le retour des primo-accédants. Les banques, désireuses de capter cette clientèle, multiplient les offres ciblées, soutenant ainsi la dynamique du marché.
À l’approche du Printemps de l’immobilier, période souvent commercialement décisive pour les établissements, cette volonté de ne pas casser la dynamique constitue un garde-fou naturel contre toute tentation de relèvement brutal des taux, qui pourrait créer des tensions avec le taux d’usure, réduisant leurs marges de manœuvre sur les crédits de fin d’année. Elles ont donc, pour le moment, tout intérêt à absorber la pression plutôt qu’à la répercuter.
Mais cette reprise reste précaire. Les tensions géopolitiques, notamment autour de l’Iran, entraînent une hausse des prix de l’énergie, ravivant le spectre inflationniste, qui pourrait interrompre le cycle de détente amorcé depuis le début de l’année.
Un scénario qui pourrait contraindre la Banque centrale européenne à ajuster sa politique monétaire, malgré le statu quo observé le 19 mars.
Parallèlement, ces incertitudes pèsent sur les perspectives de croissance en France et alimentent la remontée de l’OAT 10 ans, désormais au-dessus de 3,70 %. Cette tension, si elle se prolonge, pourrait progressivement se transmettre aux barèmes bancaires dans les semaines à venir.
Un mot d’ordre : sécuriser son taux
Dans cet environnement instable, le timing devient stratégique. Verrouiller dès à présent son taux permet de se prémunir contre une éventuelle remontée rapide dans les semaines à venir.
D’autant que les banques restent, à ce stade, réticentes à franchir certains seuils psychologiques, notamment autour de 3,50 % sur 20 ans, afin de ne pas casser la dynamique commerciale du printemps immobilier.
Un pouvoir d’achat immobilier en légère amélioration
La détente des taux se traduit mécaniquement par un gain, certes modeste, de pouvoir d’achat immobilier. Ainsi, pour une mensualité de 1 000 € sur 25 ans, Montpellier enregistre la plus forte progression : +0,79 m². Mais, Nice et Rennes ne bénéficient que de +0,06 m² et Toulouse +0,02 m².
Mais la remontée des prix immobiliers limite ces gains. Certaines grandes villes enregistrent même un recul :
- Bordeaux : -0,13 m²
- Lille : -0,10 m²
