La BCE entrouvre la porte à de futures baisses de taux !

La BCE a ce mois-ci affirmé que les taux directeurs resteraient «à leurs niveaux actuels, ou à des niveaux plus faibles, au moins pendant le premier semestre 2020 ». Le courtier en crédits immobiliers, Emprunt Direct, revient sur la décision de politique monétaire de la BCE

La banque centrale européenne (BCE) n’a pas, au cours de sa réunion du Conseil des gouverneurs de juillet, fait part de changement de ses taux d’intérêts directeurs en zone euro. Le taux d’intérêt des opérations principales de refinancement reste à 0%, le taux de la facilité de prêt marginal à 0,25% et le taux de la facilité de dépôt à – 0,40%.

La BCE fait un peu plus évoluer sa forward guidance

Si l’annonce formelle ne s’est donc pas traduite par une évolution en matière de taux, la traditionnelle conférence de presse a, comme le mois dernier, permis au président de la BCE, Mario Draghi, de faire évoluer son discours et le biais des anticipations de son action, sa forward guidance. Le mois dernier, l’institution avait déjà adapté le timing de ses futures actions, en indiquant que les taux demeureraient à leurs niveaux actuels au moins jusqu’à la fin du premier semestre 2020 afin d’assurer la poursuite de la convergence durable de l’inflation vers des niveaux inférieurs à, mais proches de 2 % à moyen terme. Elle avait en outre augmenté ses probabilités futures d’action, en indiquant qu’il faudrait une amélioration de la conjoncture pour qu’elle n’intervienne pas, alors qu’elle se bornait, avant mai, à dire qu’elle agirait en cas de détérioration de la conjoncture.

Une porte entrouverte à de futures baisses de taux

Elle a ce mois-ci affirmé que les taux directeurs de la BCE resteraient «à leurs niveaux actuels, ou à des niveaux plus faibles, au moins pendant le premier semestre 2020». Cette porte entrouverte, via cette mention de «niveaux plus faibles», à de futures baisses de taux est un nouvelle évolution de sa forward guidance. Ceci a quelque peu pesé sur les rendements des obligations d’État en zone euro, à l’image de ceux du Bund ou de l’OAT qui continuent de s’enfoncer en territoire négatif, voire sur ceux des taux italiens ou espagnols, qui poursuivent leur détente.

Le président de la banque centrale a indiqué ne pas être satisfait de l’évolution en matière d’inflation, dont le niveau s’avère être toujours loin de sa cible des 2%. Il a donc demandé à ses équipes de travailler sur diverses options pour un nouvel assouplissement de la politique monétaire, peut-être dès le mois de septembre. Il a toutefois précisé que tous les instruments étaient sur la table, et qu’il ne communiquait pas pour l’heure sur celui que la BCE préférerait utiliser. Le quantitative easing pourrait ainsi faire prochainement son retour, en plus d’une possible baisse des taux. L’évocation d’un système d’étagement du taux de dépôt, ou «tiering», comme cela a été instauré en Suisse, fait également partie des hypothèses envisageables. En matière de taux de crédit immobilier, il en ressort donc que la pression restera – sauf crise majeure – baissière dans les prochains mois.

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