Immobilier : La reprise redistribue les cartes chez les réseaux de mandataires

Le marché immobilier a amorcé un rebond en 2025, mais la reprise reste sélective. Selon Expertimo, tous les réseaux de mandataires n’en bénéficient pas de la même manière. Seuls ceux qui misent sur l’expertise des conseillers en tirent pleinement parti.

Gregory Beurrier, president d'Expertimo

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Grégory Beurrier, président d’Expertimo

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L'essentiel selon MySweetimmo
Source : Expertimo
  • En 2025, le marché immobilier français progresse de 15 %, avec environ 940 000 transactions, après une baisse cumulée de 33 % sur trois ans.
  • Les prix immobiliers augmentent de 0,6 % en 2025, signe d’une stabilisation après la correction, tandis que les taux de crédit se figent depuis le printemps.
  • Le réseau Expertimo affiche une croissance de 33 % en 2025, avec un chiffre d’affaires de 42,5 millions d’euros, contre 32 millions en 2024.
  • Les mandataires Expertimo réalisent en moyenne 50 000 € HT de chiffre d’affaires en 2025, contre 17 500 € HT dans de nombreux réseaux concurrents.

Après trois années consécutives de repli, le marché immobilier français a amorcé un redressement en 2025. Les transactions repartent à la hausse, les prix se stabilisent, les taux de crédit cessent de grimper. Mais derrière ces signaux plus favorables, la reprise ne bénéficie pas à tous les acteurs de la même manière. Elle agit plutôt comme un révélateur : certains modèles résistent mieux que d’autres à un marché devenu plus technique et plus exigeant.

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Une reprise bien réelle, mais encore sélective

En 2025, le nombre de transactions progresse d’environ 15 %, pour atteindre près de 940 000 ventes, après une chute cumulée de 33 % entre 2022 et 2024. Les prix enregistrent un léger redressement (+0,6 %) et les taux de crédit immobilier se stabilisent depuis le printemps.

Pour autant, cette reprise ne marque pas un retour à la normale. Les arbitrages restent difficiles, la solvabilité des ménages demeure contrainte et de nombreux acteurs peinent encore à retrouver des volumes suffisants. Dans ce contexte, tous les réseaux ne bénéficient pas de la même dynamique.

Plusieurs grands réseaux de mandataires ont toutefois affiché de solides performances en 2025, comme iad ou Safti, déjà analysés par MySweetImmo. Des trajectoires différentes, mais un point commun : la capacité à maintenir leur activité dans un marché plus sélectif.

Quand le tout-volume montre ses limites

La reprise de 2025 met sous tension les modèles reposant essentiellement sur la massification des effectifs et la dépendance aux volumes. Lorsque les transactions se raréfient et se complexifient, la simple mise en relation ne suffit plus.

Diagnostics énergétiques, audits, financement, négociation des prix : les dossiers sont plus techniques et plus longs à sécuriser. La capacité des conseillers à accompagner ces étapes devient un facteur clé de différenciation.

« Aujourd’hui, les conseillers immobiliers doivent réconcilier des vendeurs et des acheteurs dont les points de vue sont souvent opposés. Seules l’expertise et l’expérience permettent de rassurer les clients et de sécuriser la transaction », souligne Grégory Beurrier, président du réseau Expertimo.

Le retour en force de l’expertise et des spécialités

Dans ce nouveau contexte, la montée en compétences des conseillers apparaît comme un point commun aux réseaux qui résistent le mieux. Là où la valeur se jouait autrefois sur la rapidité d’exécution, elle repose désormais sur la capacité à traiter des situations complexes et à défendre un juste prix.

Certaines spécialités longtemps marginalisées retrouvent ainsi une place centrale dans l’activité des réseaux de mandataires, comme le viager ou la gestion locative. Elles répondent à des besoins précis, dans un marché où chaque transaction compte davantage.

Cette évolution redonne du poids à l’expérience et à la technicité, dans un environnement réglementaire de plus en plus dense.

Modèles économiques : un amortisseur face à la volatilité du marché

Au-delà des compétences individuelles, le modèle économique des réseaux joue également un rôle déterminant. Là où certains acteurs ont vu leur chiffre d’affaires par mandataire reculer fortement, d’autres affichent une dynamique inverse.

Expertimo revendique ainsi une croissance de 33 % de son chiffre d’affaires en 2025, à 42,5 millions d’euros, avec un revenu moyen par mandataire de 50 000 euros HT. Une performance que le réseau attribue à un modèle fondé sur l’autonomie des conseillers et la redistribution intégrale des honoraires, contre une redevance fixe.

Les marchés les plus concurrentiels, notamment en Île-de-France, illustrent cette recomposition. Dans ces zones tendues, la valeur ajoutée des conseillers est immédiatement mesurable, et seuls les réseaux capables d’accompagner des dossiers complexes parviennent à maintenir leur dynamique.

Pour 2026, la prudence reste de mise. Une remontée modérée des taux pourrait ralentir la reprise. Mais une tendance semble désormais installée : dans un marché plus sélectif, ce sont les professionnels les mieux armés qui continuent de tirer leur épingle du jeu.

Par MySweetImmo