Immobilier : Le pari gagnant d’Audrey Andréa, marchand de biens sur la Côte d’Azur
Ancienne trader en banque privée, Audrey Andréa est aujourd’hui marchand de biens sur la Côte d’Azur. Elle partage son parcours et sa vision de ce métier où elle excelle.
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© Audrey Andréa
Audrey Andréa
Avant de devenir marchand de biens, Audrey Andréa évoluait dans un tout autre univers : la banque privée à Genève, où elle travaillait dans le trading. Diplômée d’une grande école de commerce, elle passe cinq années en finance mais nourrit déjà une idée fixe : investir dans l’immobilier. “Je me projetais dans une autre vie professionnelle. Acheter, rénover et valoriser des biens dans le but de les revendre, ça reste de l‘investissement après tout« , explique-t-elle.
Premiers projets : apprendre sur le terrain et saisir les opportunités
Sans réseau dans le secteur, mais animée par une forte envie d’entreprendre dans l’immobilier, Audrey se lance donc en 2012 avec un premier projet à 235 000 €. Une petite maison de village, dans la cœur de Mougins (06), à diviser en deux appartements, qu’elle achète dans une logique purement financière. Elle consulte plusieurs artisans, sollicite les agences immobilières pour obtenir des recommandations, s’appuie sur le bouche-à-oreille… et découvre un univers où la rénovation devient très vite son terrain d’opportunité.
Treize ans plus tard, elle a réalisé une quarantaine d’opérations sur la Côte d’Azur, publié deux livres sur l’activité de marchand de biens et s’est imposée comme une spécialiste de la rénovation, un savoir acquis exclusivement sur le terrain. “J’aime redonner vie à l’ancien, optimiser chaque espace pour créer un environnement qui séduit immédiatement une clientèle exigeante”, précise-t-elle.
Réussir comme marchand de biens : méthode, erreurs et financements
Pour prospérer dans ce métier, il lui a fallu une combinaison de flair, de curiosité et de bon sens. “Savoir déceler les opportunités invisibles aux yeux des autres est essentiel pour dénicher les projets les plus prometteurs. Mais analyser rapidement le potentiel d’un bien n’est pas suffisant, il faut ensuite assurer la maîtrise des coûts, gérer les aléas des chantiers, et identifier instantanément les leviers de valorisation”, précise Audrey.
Cet été encore, elle repère une maison restée en ligne depuis neuf mois. Là où d’autres ne voyaient qu’un bien stagnant, elle identifie immédiatement la possibilité de créer une copropriété.
Elle insiste aussi sur la nécessité de détecter les contraintes : “un terrain ne rime pas forcément avec division possible. On apprend en avançant et parfois en se trompant”.
Les erreurs qui forgent l’expérience
La plus marquante : une mauvaise association professionnelle. « Il faut être extrêmement vigilant sur le choix de ses associés », confie-t-elle.
Elle a également déjà revendu un bien avec un défaut de toiture visible entraînant une procédure pour vice caché. « Dans ce métier, le juridique n’est jamais loin. » Aujourd’hui, Audrey recommande de toujours revendre avec un constat d’huissier pour figer l’état du bien afin de protéger les deux parties.
Financement : quand les banques atteignent leurs limites
Elle démarre à l’époque, comme beaucoup, avec le financement bancaire classique. Mais elle identifie vite un frein : la lenteur des banques et leur frilosité, surtout lorsqu’on enchaîne les opérations.
Le crowdfunding immobilier devient alors une solution complémentaire et idéale pour des projets courts (12 à 24 mois). Plus agile le financement participatif est adapté aux professionnels qui cherchent des réponses rapides et flexibles sur les financements.
Une solution adaptée à l’activité des marchands de biens qu’elle découvre via son réseau, notamment sur un groupe Facebook, où La Première Brique intervient. Aujourd’hui, elle combine financement bancaire et financement participatif selon les opérations.
Être une femme dans un secteur encore très masculin
Pour Audrey, être une femme dans ce milieu où justement elles sont encore rares, n’est ni un avantage ni un frein. Sa légitimité repose sur la qualité de ses projets, sa rigueur et son professionnalisme.
Audrey reste convaincue d’une chose : la compétence prime sur le genre. Et elle remarque d’ailleurs que les femmes peuvent exceller dans ce métier grâce à leur sens de l’organisation, leur précision et leur capacité à conduire plusieurs fronts simultanément.
En parallèle, elle mène plusieurs activités : marchand de biens, gérante d’une agence immobilière spécialisée pour Investisseurs. Une multi-entrepreneuse assumée !
Une vision pragmatique du marché et du métier
Depuis 2012, elle entend régulièrement que « ce n’est pas le bon moment ». Audrey Andréa sourit : pour elle, c’est toujours le bon moment, à condition de revendre au juste prix. Elle ne croit pas à une crise immobilière imminente et estime que l’ancien reste plus porteur que le neuf, tant en potentiel de valorisation qu’en attractivité.
Sa motivation première pour exercer ce métier ? La rénovation et le design d’intérieur. Elle aime redonner vie à un bien ancien, optimiser chaque espace, créer un environnement qui séduit immédiatement une clientèle exigeante, notamment sur le segment haut de gamme.
Elle a notamment revendu plusieurs biens à des personnalités, dont un joueur de l’Olympique lyonnais, via un projet financé par La Première Brique. La plateforme de financement participatif l’a déjà accompagnée sur 3 projets dont 1 déjà remboursé, réunissant plus de 4454 investisseurs particuliers pour plus de 2 080 000 €.
