Crédit immobilier : Après deux ans de turbulences, les taux se stabilisent enfin
Selon CAFPI, le marché du crédit immobilier est entré dans une phase de stabilisation durable. Début 2026, taux, prix et volumes retrouvent un équilibre favorable aux projets d’achat.
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- Les taux de crédit immobilier se sont stabilisés autour de 3,20 % en 2025, après la forte baisse observée en 2024, marquant un retour à un niveau d’équilibre.
- Le marché du crédit est reparti en 2025, avec une hausse de 40 % des dossiers traités par CAFPI, portée par des conditions de financement plus prévisibles.
- Les primo-accédants reviennent progressivement, avec un apport moyen de 20 % et un emprunt moyen de 217 907 €, mais l’accès reste sélectif dans les zones tendues.
- En 2026, les taux pourraient évoluer entre 3,30 % et 3,40 % sur 20 ans, sans remettre en cause l’équilibre actuel du marché immobilier.
Après deux années de fortes turbulences, le marché du crédit immobilier a retrouvé un fonctionnement plus lisible. Début 2026, les taux se stabilisent, les prix cessent de baisser et les projets immobiliers repartent progressivement.
Les taux de crédit ont retrouvé un niveau d’équilibre
Entre 2022 et 2023, les taux de crédit immobilier avaient fortement augmenté, avant de reculer rapidement en 2024. L’année 2025 a marqué un changement de phase. Les taux se sont installés durablement autour de 3,20 % en moyenne.
Ce niveau tranche avec les variations brutales des années précédentes. Il correspond à un marché plus normalisé, où les ménages peuvent à nouveau se projeter sans craindre des hausses soudaines de mensualités.
Cette stabilité est d’autant plus notable que les marchés financiers sont restés agités. L’OAT à 10 ans a continué de réagir aux tensions géopolitiques et aux incertitudes budgétaires françaises. Malgré cela, les banques ont maintenu des barèmes attractifs.
« Après plusieurs années de fortes variations, les taux ont retrouvé un niveau d’équilibre. Cette stabilité a redonné de la visibilité aux ménages et permis aux banques de relancer durablement leur production de crédits », souligne Caroline Arnould, directrice générale de CAFPI.
La stabilité des taux relance concrètement les projets immobiliers
La stabilisation des taux, combinée à des prix immobiliers désormais contenus, a permis au marché de repartir. En 2025, CAFPI a enregistré une hausse de 40 % du nombre de dossiers de financement traités par rapport à 2024.
Le pouvoir d’achat immobilier s’est également stabilisé. Entre janvier 2025 et janvier 2026, les surfaces accessibles pour une mensualité donnée sont restées globalement inchangées, avec des écarts limités selon les villes.
Pour les acheteurs, le changement est concret. Le marché n’est plus dominé par l’urgence ou l’attentisme. Les projets peuvent être préparés, négociés et financés dans un environnement plus prévisible.
Malgré les incertitudes économiques et politiques, la confiance progresse. Près de 39 % des Français estiment que le contexte actuel n’influence pas leur projet immobilier, et plus d’un sur deux anticipe une amélioration de son pouvoir d’achat immobilier en 2026.
La politique monétaire a sécurisé le cadre du crédit
Le rôle de la Banque centrale européenne a été déterminant dans cette normalisation. Après avoir amorcé son cycle de détente en 2024, la BCE a poursuivi ses baisses de taux directeurs en 2025, totalisant huit diminutions depuis le pic atteint en 2023.
Dans le même temps, l’inflation s’est nettement repliée. En France, elle s’est établie autour de 0,9 % sur l’année 2025. Ce niveau limite le risque d’un durcissement monétaire à court terme.
« Le reflux durable de l’inflation écarte tout risque de remontée brutale des taux directeurs. La BCE a offert aux banques un cadre favorable pour maintenir des conditions de financement attractives », analyse Caroline Arnould.
Pour 2026, les projections convergent vers une stabilité, voire une légère remontée progressive des taux, autour de 3,30 % à 3,40 % sur 20 ans. Un scénario qui reste compatible avec la poursuite des projets immobiliers.
Primo-accédants, secundo-accédants et investisseurs avancent avec prudence
Les primo-accédants ont été parmi les premiers bénéficiaires de l’amélioration des conditions de crédit en 2025. Au second semestre, leur apport moyen est tombé à 20 %, contre 21 % un an plus tôt. Le montant moyen emprunté atteint 217 907 €, pour une durée moyenne de 24 ans.
Leur profil reste stable : 35 ans en moyenne, majoritairement en CDI, achetant le plus souvent une maison dans l’ancien. Malgré cette amélioration, l’accès à la propriété reste difficile pour les ménages modestes dans les zones les plus chères.
Les secundo-accédants ont également profité de taux plus favorables, avec un emprunt moyen de 325 740 € et un apport de 23 %. La baisse des prix observée jusqu’en 2024 a toutefois limité leur capacité de réachat, les incitant à adapter leurs projets.
Côté investissement locatif, la prudence domine. Les investisseurs empruntent en moyenne 171 316 €, avec un apport de 17 % et des revenus plus élevés, traduisant un marché plus professionnalisé et attentif à la rentabilité dans un cadre réglementaire contraignant.
« 2025 marque un retour à des comportements plus rationnels, tant pour les secundo-accédants que pour les investisseurs », résume Caroline Arnould.
2026 s’ouvre sur un marché plus lisible et plus mature
Début 2026, le marché immobilier semble avoir trouvé son point d’atterrissage. Les volumes de transactions repartent progressivement, les acheteurs se montrent plus sélectifs et les prix évoluent désormais à un rythme proche de l’inflation.
Les fortes baisses de taux appartiennent au passé. Pour autant, la stabilité actuelle offre un cadre plus lisible pour acheter sans précipitation.
« Les ménages ont intégré que les taux ne reviendront pas aux niveaux historiquement bas d’avant 2022. En revanche, la stabilité actuelle offre une véritable fenêtre d’opportunité. 2026 s’annonce comme l’année de la consolidation et de la confiance retrouvée », conclut la directrice générale de CAFPI.
