Rénovation énergétique : « Les copropriétaires veulent agir mais attendent de la visibilité », Louis-Marie Gillier (Hellio)
Au micro de Baptiste Julien Blandet, Louis-Marie Gillier (Hellio) décrypte les blocages qui freinent encore la rénovation énergétique en copropriété. Information, oui. Action, pas encore.
Louis-Marie Gillier est l’invité de ce nouvel épisode de Mon Podcast Immo. Au micro de Baptiste Julien Blandet, le directeur du pôle Habitat Collectif Copropriété chez Hellio décrypte un paradoxe bien français : jamais les copropriétaires n’ont autant entendu parler de rénovation énergétique… et pourtant, sur le terrain, les projets peinent à se concrétiser. Manque de lisibilité, aides instables, syndics débordés : les obstacles restent nombreux.
Et vous, votre immeuble est-il prêt à faire sa mue énergétique ? D’après Louis-Marie Gillier, l’envie est là. Mais la confiance, elle, se fait attendre. « Les copropriétaires sont mieux informés, ils connaissent les obligations, les aides… Mais dans un contexte instable, ils hésitent encore à s’engager. »
Une prise de conscience qui progresse
À l’occasion du Salon de la Copropriété, Hellio dévoile la troisième édition de son Baromètre de la CoPro. Le chiffre fort : 96 % des sondés savent que les logements classés G seront interdits à la location dès 2025. Un niveau de connaissance jamais atteint.
« Il y a encore cinq ans, très peu de gens connaissaient leur étiquette énergétique. Aujourd’hui, c’est entré dans le langage courant », observe Louis-Marie Gillier. Une avancée, donc. Mais qui ne suffit pas à enclencher la mécanique.
Une envie de faire… freinée par l’instabilité
Car dans les faits, les projets piétinent. La faute à un cadre administratif trop complexe, dénoncé par près d’un quart des répondants. La faute aussi à des dispositifs publics qui changent trop souvent. « Les syndics sont des généralistes. Et quand eux-mêmes sont perdus, comment voulez-vous que les copropriétaires s’y retrouvent ? »
Dans une copropriété, chaque étape prend du temps : diagnostic, assemblée générale, choix des entreprises, demande d’aides… Le tout sur un calendrier qui s’étale souvent sur 5 à 8 ans. Difficile de faire coïncider ce temps long avec des politiques publiques qui changent parfois tous les six mois.
Trois raisons de s’engager, mais un budget qui coince
La motivation est pourtant là. Les copropriétaires veulent :
- préserver la valeur de leur bien ;
- réduire leur facture d’énergie ;
- continuer à louer légalement, sans risquer l’interdiction.
Mais quand on regarde le nerf de la guerre — le financement — l’enthousiasme retombe : seulement 35 % des sondés se disent prêts à investir entre 1 000 et 5 000 euros. Un montant bien en deçà des besoins réels. « Le problème, c’est que les aides baissent et les coûts grimpent. Et dans une copro, il faut mettre tout le monde d’accord… ce n’est pas simple », rappelle Louis-Marie Gillier.
Hellio, passerelle entre les copropriétés et les décideurs
Dans ce brouillard réglementaire, Hellio s’efforce d’éclairer le chemin. « On informe, on simplifie, on forme les syndics pour qu’ils deviennent des relais efficaces. Et on travaille avec les pouvoirs publics pour faire remonter les réalités du terrain ».
L’objectif : donner un cap clair à ceux qui veulent avancer. Parce que sans visibilité, pas de rénovation. Et sans rénovation, c’est tout un parc immobilier qui risque de rester à la traîne.
Retrouvez l’épisode de Mon Podcast Immo avec Louis Marie Gillier en live du salon RENT sur mysweetimmo et toutes les plateformes.
