Immobilier : Les nouveaux critères d’achat des Français

Selon une étude Orpi les Français continuent d’acheter mais leurs critères évoluent fortement : cadre de vie, territoires et risques climatiques redessinent leurs choix immobiliers.

Vue aerienne de Pau

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© adobestock

Pau enregistre au premier trimestre 2026 une hausse de +30 % des compromis

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L'essentiel selon MySweetimmo
Source : Orpi
  • 47% des Français privilégient désormais le rural pour acheter un bien immobilier, y compris 54% des 25-34 ans.
  • Les villes moyennes séduisent les acheteurs immobiliers, notamment pour leur équilibre entre accessibilité et qualité de vie.
  • 72% des Français doivent faire des compromis pour acheter (surface, budget ou localisation) un bien immobilier.
  • 77% des Français intègrent désormais le risque climatique dans leur décision immobilière.

Le marché immobilier montre des signes de reprise, mais il change de visage. Après une hausse des volumes de ventes en 2025, le début de l’année 2026 confirme une légère progression. Dans ce contexte encore incertain, les Français continuent d’acheter, mais plus tout à fait de la même manière.

Une étude menée par Orpi avec OpinionWay met en évidence un basculement : le logement ne suffit plus. C’est désormais le cadre de vie dans son ensemble qui guide les décisions.

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Rural et villes moyennes : des choix désormais assumés

Le rêve immobilier des Français s’éloigne des grandes métropoles. Aujourd’hui, 47% des personnes interrogées déclarent préférer acheter en milieu rural. Un choix qui dépasse les générations : 54% des 25-34 ans partagent cette préférence.

La ville moyenne s’impose elle aussi comme une alternative crédible. Plus d’un Francilien sur deux (54%) privilégierait ce type de territoire pour un achat. Et 64% des habitants de ces villes affirment qu’ils y rachèteraient un bien.

Mais cette attractivité reste conditionnée à des critères précis. La proximité du centre-ville est jugée essentielle par 29% des répondants, preuve que l’accès aux services et aux commerces reste déterminant.

Sur le terrain, ces tendances se confirment. Certaines villes intermédiaires enregistrent une forte hausse des compromis, comme Pau (+30%) ou Bourges (+12,5%) au premier trimestre 2026. À l’inverse, plusieurs grandes métropoles voient leur activité reculer, notamment Marseille, Lyon ou Bordeaux.

Acheter reste un parcours sous contraintes

Si les aspirations évoluent, la réalité du marché reste tendue. Les jeunes sont particulièrement concernés : plus de 7 sur 10 estiment qu’il est plus difficile d’acheter sur leur territoire.

Avant même de choisir un bien, les Français évaluent désormais leur environnement. Les commerces de proximité arrivent en tête des critères (52%), suivis des établissements de santé (48%) et des transports (31%).

Mais le prix reste central : 64% des Français le placent en premier critère, devant la localisation (57%).

Résultat : 72% déclarent devoir faire des compromis pour acheter. Les principaux arbitrages sont clairs :

  • réduire la surface (31%)
  • augmenter son budget (30%)
  • s’éloigner du centre ou du lieu de travail (30%)

Ces choix se reflètent dans le marché. Les ventes d’appartements progressent (+6%), portées par des prix plus accessibles. À l’inverse, les maisons reculent légèrement (-2%), plus sensibles aux contraintes budgétaires.

Les primo-accédants restent néanmoins très présents, représentant 45% des dossiers de crédit.

« Ce que cette étude nous dit, c’est que les Français n’ont pas renoncé à acheter et même s’ils sont prêts à faire des compromis, ils ont profondément changé leur façon de choisir, en s’éloignant des grandes villes devenues moins accessibles, en prenant en compte de nouveaux critères, de qualité de vie ou encore d’accès à des services de proximité. Ce ne sont pas des signaux faibles, mais le signe d’une transformation profonde du rapport des Français au logement« , précise Guillaume Martinaud, Président de la Coopérative.

Le climat, nouveau critère dans la décision d’achat

Autre évolution majeure : l’intégration du risque climatique. Désormais, 77% des Français déclarent qu’il entre dans leur réflexion immobilière, dont 36% pour qui il est déterminant.

Un paradoxe apparaît toutefois : les plus âgés y sont plus sensibles que les jeunes. 44% des plus de 65 ans en font un critère majeur, contre environ un quart des moins de 35 ans.

Cette vigilance est particulièrement forte dans les régions exposées. Dans le Sud-Est et le Sud-Ouest, près de 8 Français sur 10 prennent en compte ces risques.

Pour autant, l’attractivité de certains territoires reste intacte. Des villes comme Nice ou Bayonne continuent d’enregistrer une hausse des compromis, preuve que le risque climatique s’ajoute aux critères sans les remplacer.

“C’est précisément parce que nous mesurons l’ampleur de ces mutations que nous suivons de près l’évolution des attentes des Français, de leurs arbitrages et de leurs difficultés à se projeter pour mieux les comprendre et les accompagner. Notre adaptation est quotidienne, en nourrissant l’expertise de nos agents, en bousculant les codes de nos métiers pour répondre à de nouveaux usages de consommation. Et pour aller encore plus loin et contribuer à l’avenir du logement en France nous lançons une grande consultation citoyenne, avec l’ambition de contribuer plus largement au débat et trouver des solutions cohérentes, ambitieuses et ancrées dans les réalités », conclut Guillaume Martinaud.

Par MySweetImmo