2018 : toujours une bonne année pour acheter ?

Même si les taux sont encore bas, les hausses de prix dégradent -temporairement au moins, le pouvoir d’achat des Français. Ce qu’il faut savoir.

Chez les professionnels c’est l’unanimité. 2017 aura été sur le plan immobilier une année exceptionnelle. Mais l’embellie semble prendre fin. Car selon les experts, 2018 risque d’être une année où le pouvoir d’achat des acquéreurs baissera et ce pour trois raisons.

1- Des prix de l’immobilier qui vont croître

L’année 2018 ne marquera pas la fin de l’envol des prix. Au contraire. Si en 2017, selon les informations du baromètre LPI-SeLoger ils auront progressé de 4,2 % en 2018, ils augmenteront encore de 3 % d’après les projections de l’économiste au Crédit Agricole S.A Olivier Eluère. Des hausses toujours aussi inégalement réparties. Rappelons qu’en 2017, si les prix ont par exemple reculé de 14 % à Limoges ou 7 % à Metz sur un an d’après les notaires, ils progressent dans le même temps de 13 % à Bourges, de 10 % à Amiens ou encore de 6,6 % à Paris. Les notaires assurent d’ailleurs que les prix dans la capitale pourraient atteindre les 9 180 €/m² en janvier 2018.

 

2- Le redressement des taux de moins en moins indolore

Les primo-accédants et les ménages modestes auront un peu plus de mal à s’appuyer sur les taux de crédit immobilier. Ces derniers vont poursuivre leur lente ascension. S’ils sont aujourd’hui à 1,54 % en moyenne toutes durées confondues selon les données de l’observatoire Crédit Logement / CSA, ils pourraient atteindre les 2 % sur 20 ans à la fin de l’année 2018 selon les projections du courtier en crédit immobilier Cafpi. « Le même niveau qu’en janvier 2016« , précise Philippe Taboret, directeur général adjoint de Cafpi.

 

3- Le plan logement : un choc d’offre à venir

Enfin, reste la question des réformes gouvernementales à venir. Sur le temps, elles pourraient s’avérer bénéfiques pour le marché : « Les mesures du choc d’offre (libération du foncier public et privé, simplification des normes et lutte contre les recours abusifs) permettront à terme une hausse de l’offre et une baisse des coûts, donc a priori une baisse des prix du logement neuf« , indique Olivier Eluère. Mais dans l’immédiat, des mesures comme la suppression des APL accession ou encore le recentrage du prêt à taux zéro et du dispositif Pinel sont de nature à fragiliser le pouvoir d’achat immobilier des particuliers et ralentir le marché : « Pour 2018-2019, les volumes de transactions dans l’ancien seraient en repli de 5% par an. Ils seraient en baisse dans le neuf, de 6% par an, du fait notamment du recentrage du dispositif Pinel« , anticipe l’économiste. Rendez-vous dans un an pour voir si les Madames Irma de l’immobilier avaient raison.

 

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