Immobilier : « La rémunération de plus de 50 000 indépendants menacée par la conjoncture », Grégory Beurrier
Dans un contexte où les indépendants cherchent à sécuriser leurs revenus, certains modèles gagnent en visibilité. Grégory Beurrier, Président du réseau Expertimo, détaille les avantages de la rétrocession intégrale financée par des frais fixes.
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© Expertimo
Grégory Beurrier, Président du réseau Expertimo
La baisse marquée des transactions immobilières remet en lumière la question du revenu des mandataires, dont l’activité est directement liée au niveau des ventes.
Dans ce contexte, certains modèles de rétribution moins répandus dans la profession, comme la rétrocession intégrale des commissions, suscitent un regain d’intérêt alors que la diminution des volumes fragilise les indépendants.
Le revenu des mandataires sous pression
Le recul des transactions immobilières observé depuis trois ans entraîne des conséquences directes et mécaniques sur la rémunération des mandataires, dont les revenus restent étroitement corrélés aux commissions perçues sur les ventes. Dans la plupart des réseaux, une part des honoraires, souvent comprise entre 15 % et 50 %, est prélevée sous forme de rétrocessions, un fonctionnement qui pèse davantage lorsque l’activité diminue.
À cette pression s’ajoute également, depuis quelques années, la hausse continue des charges afférentes au métier, au premier rang desquelles les abonnements aux plateformes de diffusion d’annonces telles que Leboncoin. Ainsi, la combinaison de la baisse des revenus directs et de l’augmentation de ces coûts incompressibles pèse fortement sur le pouvoir d’achat des conseillers immobiliers, fragilisant leur équilibre économique.
Expertimo à contre-courant
À rebours du modèle dominant, certains modèles alternatifs, encore minoritaires, misent sur des structures de rémunération sans prélèvement sur les commissions.
« Depuis sa création en 2009, Expertimo applique ainsi une rétrocession intégrale. Son modèle économique ne repose pas sur une part variable prélevée sur les honoraires, mais sur des frais fixes liés aux services proposés aux mandataires », explique Grégory Beurrier, Président du réseau Expertimo qui fête ses 15 années d’existence.
Et il ajoute : « À l’époque, les taux de rétrocession atteignaient fréquemment 40 % à 70 %. L’idée était de dissocier la performance individuelle du niveau de prélèvement, afin d’éviter que le modèle économique accentue la fragilité des conseillers pendant les phases de ralentissement.»
Un modèle qui séduit les professionnels
Cette approche attire aujourd’hui les candidats dans un contexte où le marché se contracte et où de nombreux professionnels issus de reconversions se tournent vers l’immobilier et recherchent des modèles de rémunération plus prévisibles.
Ainsi, entre 2021 et 2024, alors que les transactions ont reculé d’environ 38 % en France, Expertimo indique avoir enregistré une progression de ses effectifs de 40 % sur la même période. Le réseau rassemble aujourd’hui près de 850 conseillers et 150 agences, pour un chiffre d’affaires de 50 M€ en 2024, confirmant l’attrait de son positionnement.
Comment fonctionne le modèle de rétrocession ?
L’impact d’une rétrocession intégrale sur peut être illustré à partir d’un cas courant : pour six transactions annuelles à 300 000 € avec une moyenne de 5 % d’honoraires, un mandataire Expertimo conserverait environ 63 000 € nets après charges, contre environ 47 000 € nets avant impôts dans un modèle basé sur une rétrocession de 75 % pour un conseiller immobilier d’un réseau classique. L’écart, proche de 16 000 € par an, s’avère significatif dans un marché où les volumes diminuent.
« Les échanges avec les professionnels montrent que la question des prélèvements revient régulièrement dans leurs préoccupations, observe Grégory Beurrier. Dans un contexte de baisse d’activité, la structure de rémunération devient un élément déterminant dans le choix d’un modèle. »
