Vente immobilière par appel d’offres : « Squarimo rachète Enchères Immo et Winup », Quentin Saint Guilhem

Deux concurrents rachetés d’un coup, trois plateformes appelées à n’en faire qu’une. Au micro d’Ariane Artinian, Quentin Saint Guilhem dévoile comment Squarimo a financé l’opération et compte changer les habitudes des agents immobiliers.

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Squarimo rachète deux concurrents et prépare le regroupement des plateformes

Le marché de la vente immobilière par appel d’offres se concentre. Avec le rachat d’Enchères Immo et de Winup, annoncé le 19 octobre, Squarimo renforce sa position dans un secteur où plusieurs acteurs tentent de convaincre les agences de changer leurs pratiques. « Je rachète effectivement deux marques, mais je rachète un groupe en réalité », précise Quentin Saint Guilhem. Enchères Immo et Winup avaient déjà rapproché leurs activités avant l’opération. Le fondateur de Squarimo raconte avoir saisi une opportunité apparue au milieu de l’année : les dirigeants d’Enchères Immo souhaitaient passer le relais. « Ils avaient à cœur que cette aventure puisse se poursuivre avec un acteur qui ferait perdurer l’aventure qu’ils avaient initiée », explique-t-il.

Squarimo revendique désormais plus de 500 ventes en cours, contre plus de 350 en février dernier. L’acquisition lui ouvre également les portes des agences clientes des deux marques. Mais que vont devenir les professionnels qui utilisaient ces solutions ? « La logique veut qu’à terme on s’oriente plutôt sur l’amélioration continue de Squarimo que l’entretien de trois solutions différentes », explique-t-il.

Vente par appel d’offres : « Personne ne connait le prix d’un bien »

La vente par appel d’offres commence à convaincre les grands réseaux. Foncia Transaction a ainsi choisi de développer cette méthode avec Squarimo. Mais Quentin Saint Guilhem veut aller plus loin. Aujourd’hui, certaines agences y recourent surtout lorsqu’un logement ne trouve pas preneur. « On vient souvent nous voir quand on a un vieux mandat qui traîne, qu’on n’arrive pas à vendre », reconnaît-il. Son ambition : faire adopter la méthode dès la prise de mandat.

Son raisonnement tient en un exemple. Un propriétaire souhaite vendre son appartement 550 000 euros, alors que l’agent immobilier l’estime à 500 000 euros. Affiché au prix le plus élevé, le bien risque de susciter moins de demandes. Proposé à 500 000 euros, il peut attirer davantage d’acquéreurs et, si plusieurs se positionnent, déclencher une compétition susceptible de faire monter les offres. « Personne ne connaît le prix d’un bien. Même le meilleur professionnel de son secteur ne peut pas prétendre à la valeur d’un bien à l’euro près. La seule réponse, c’est le marché et ce sont les acheteurs qui la font », affirme Quentin Saint Guilhem.

Concrètement, l’agent immobilier signe un mandat adapté, diffuse le bien sur les portails habituels et organise le dépôt des propositions sur Squarimo, généralement pendant quatre semaines. Le prix affiché sert de point de départ à l’appel d’offres, sans engager le vendeur à céder son bien à ce montant. À l’issue de la période, celui-ci examine les propositions et reste libre de les accepter ou non.

L’objectif ? Ne plus mettre plusieurs agences en concurrence sur un même bien, mais « créer une compétition entre acheteurs », résume le fondateur de Squarimo. Un argument qui pourrait aussi aider les professionnels à défendre leurs estimations et à décrocher davantage de mandats exclusifs.

Quentin Saint Guilhem met également en avant la rapidité des ventes : « des moyennes de commercialisation autour de 25 jours » chez certains partenaires, sur plusieurs dizaines de biens.

Un rachat financé par emprunt, « en bon père de famille »

Comment Squarimo a-t-elle financé cette acquisition dans un marché immobilier difficile ? Quentin Saint Guilhem indique avoir réalisé l’opération de manière autonome, avec le concours d’un prêt bancaire. Le prix du rachat n’a pas été dévoilé. « Squarimo, depuis le début, n’est pas une start-up. C’est une PME que je gère en bon père de famille », explique-t-il.

Le dirigeant revendique une gestion prudente, qui lui aurait permis de faire grandir ses équipes et de financer ses investissements progressivement. « C’est effectivement une croissance mesurée à laquelle je m’attache au quotidien », précise-t-il. Une prudence qui ne l’empêche pas de saisir les occasions de se développer.

Écoutez l’épisode complet de Mon Podcast Immo avec Quentin Saint Guilhem sur MySweetImmo ou téléchargez le sur votre plateforme d’écoute préférée.

Par Ariane Artinian