Rachat de Stéphane Plaza Immobilier : « Seuls les résultats compteront ! », Stéphane Plaza et Xavier Belvaux (WIF Group)

Stéphane Plaza avait envisagé de retirer son nom des agences. Xavier Belvaux a pourtant choisi de miser sur cette enseigne fragilisée. Au micro d’Ariane Artinian dans Mon Podcast Immo, les deux hommes racontent leur rencontre, les coulisses de leur association et leur pari commun : regagner la confiance des franchisés et relancer Stéphane Plaza Immobilier.

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L'essentiel selon MySweetimmo
  • WIF Group a racheté Stéphane Plaza Immobilier. Sur les 85 agences que comptait encore le réseau avant l’opération, 70 rejoignent le groupe présidé par Xavier Belvaux.
  • Stéphane Plaza détient désormais 18 % du capital de WIF Group, en échange de ses parts dans Stéphane Plaza Immobilier. Xavier Belvaux en détient 67 % et Nicolas Lemay, directeur du réseau, 15 %.
  • Stéphane Plaza Immobilier annonce une redevance ramenée de 8 % à 6 %, des contrats d’un an, un préavis de trois mois et la suppression de la clause de non-réaffiliation.
  • WIF Group vise 300 points de vente et environ 2 000 professionnels de l’immobilier d’ici trois ans, autour de trois marques : We Invest, Stéphane Plaza Immobilier et Signature Immo, une enseigne de gestion locative dont le lancement est prévu en 2027.

Stéphane Plaza Immobilier change de mains et tente de rebondir. Repris par WIF Group, le réseau revoit ses conditions pour les franchisés : redevance à 6 %, contrats d’un an et suppression de la clause de non-réaffiliation. Au micro d’Ariane Artinian dans Mon Podcast Immo, Stéphane Plaza et Xavier Belvaux dévoilent les coulisses de leur association et leur stratégie pour relancer l’enseigne. Avec une confidence inattendue : Stéphane Plaza avait envisagé de retirer son nom des agences.

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Stéphane Plaza Immobilier : un réseau passé de 670 à 85 agences

Il y a quelques années encore, Stéphane Plaza Immobilier comptait près de 670 agences. Avant son rachat par WIF Group, il n’en restait plus que 85. Une chute spectaculaire pour une enseigne qui s’appuyait largement sur la notoriété de son fondateur. . Après le retrait de M6 en juillet dernier, l’enseigne tombe dans l’escarcelle de WIF (We Imagine Future) , le groupe de Xavier Belvaux qui exploite déjà We Invest en France.

Le rachat intervient alors que la marque a été fragilisée par les accusations de violences conjugales visant Stéphane Plaza, condamné le 18 septembre en appel à dix-huit mois de prison avec sursis pour violences envers deux anciennes compagnes. L’ancien animateur de M6 s’est pourvu en cassation.

Annoncé début septembre, le rapprochement se traduit par l’intégration de 70 agences à WIF Group. Le sort des 15 autres ? « Huit passent sous l’enseigne Sixième Avenue, détenue majoritairement par M6, cinq ferment et deux rejoignent des réseaux concurrents« , ont précisé les dirigeants.

Stéphane Plaza reste néanmoins partie prenante du projet. En échange de ses parts dans le réseau qui porte son nom, il entre au capital de WIF Group à hauteur de 18 %. Xavier Belvaux détient 67 % du capital et son associé historique, Nicolas Lemay, 15 %.

Pourquoi avoir choisi WIF Group plutôt qu’un autre ? Au micro d’Ariane Artinian dans Mon Podcast Immo, Stéphane Plaza révèle avoir reçu plusieurs propositions de rapprochement. « J’ai eu quatre à cinq propositions sérieuses », confie-t-il. Mais l’argent, assure-t-il, n’a pas été déterminant. « Il n’y a pas que l’argent dans la vie et je suis tranquille de ce côté-là. »

Ce qu’il recherchait avant tout ? Un partenaire avec lequel travailler autrement. « Je voulais retrouver un collectif, mais aussi une capacité d’action et un pouvoir de décision. C’est ce qui m’a convaincu avec Xavier et Nicolas, qui ne me vendaient pas forcément des promesses, mais qui me demandaient de travailler autrement. » L’ancien animateur reconnaît aussi avoir besoin de compétences complémentaires aux siennes, notamment dans le numérique.

Pourquoi Xavier Belvaux a-t-il, de son côté, misé sur une enseigne dont l’image a été fortement fragilisée ? D’abord pour sa notoriété. « C’est la première marque qui est citée naturellement et spontanément par les clients avant même les grands portails immobiliers », affirme le dirigeant. Il y voit également, un potentiel commercial encore sous-exploité.

« J’avais même proposé d’enlever le nom »

C’est l’une des confidences les plus surprenantes de l’entretien. Au moment de céder son réseau, Stéphane Plaza était prêt à tout remettre à plat, y compris son propre patronyme. « Moi, j’avais même proposé d’enlever le nom. Les agences n’ont pas voulu et on a vu que ça aurait été une bêtise, donc on le garde. » C’est que le nom qui avait fait la fortune du réseau était devenu son fardeau. Dans les agences, l’affaire s’est payée comptant : franchisés confrontés à des mandats perdus, à des clients qui hésitaient à pousser la porte, à une enseigne prise pour cible. Dès janvier 2025, l’avocate Sarah Laassir le constatait au micro de Mon Podcast Immo : la notoriété de Stéphane Plaza, moteur du succès de ses franchisés, s’était retournée contre eux.

L’intéressé reconnait s’être terrogé. « Au bout d’un moment, on entend tout et n’importe quoi et on se dit peut-être que c’est le nom qui ne va pas », raconte-t-il, en assurant avoir été prêt à aller au bout de la démarche : « Si on doit enlever mon nom ou le modifier, mais même l’enlever complètement, ce n’est pas un souci. Il ne faut pas avoir d’ego. Il faut se remettre en question. » C’est précisément cette attitude qui a frappé Xavier Belvaux : « Quand j’ai rencontré Stéphane, il était prêt à abandonner sa marque », se souvient le président de WIF Group, qui dit y avoir vu « une belle part d’humilité ».

Cette remise en question, Stéphane Plaza l’a aussi menée au contact des franchisés. « J’ai vu 50 agences, j’ai pris un petit cahier, j’ai noté ce qui allait, ce qui n’allait pas, quelles étaient leurs attentes », explique-t-il. Des échanges qui ont nourri ses discussions avec Xavier Belvaux sur les changements à apporter au réseau.

Stéphane Plaza possède lui-même deux agences à Paris, dans les 10e et 11e arrondissements, où il assure continuer à exercer son métier. « Je vends encore dans mes agences », rappelle-t-il. Une double casquette qu’il considère comme un atout pour WIF Group : « Pour la première fois, un franchiseur va être aussi un franchisé puisque moi, je suis franchisé, il ne faut pas oublier. […] C’est aussi une force dans ce groupe. »

Financièrement, il aurait pourtant pu choisir de s’arrêter. « Je pouvais me permettre d’arrêter. Il se trouve que j’ai la passion de l’immobilier, j’aime les gens, j’aime être sur le terrain, j’aime visiter des appartements, donner des conseils », confie-t-il, avant de résumer : « Je veux juste travailler dans l’immobilier et continuer ma passion. »

Redevance à 6 %, contrat d’un an : Ce qui change pour les (futurs) franchisés

Pour retenir ses franchisés et en attirer de nouveaux, WIF Group abat d’abord une carte financière. « Une redevance à 6 % au lieu de 8 % pour ceux qui vont venir comme pour ceux qui sont déjà chez Stéphane Plaza Immobilier », annonce Stéphane Plaza. Le groupe assouplit aussi ses conditions contractuelles : il propose désormais des contrats d’un an, avec un préavis de trois mois avant chaque échéance et supprime clause de non-réaffiliation, qui peut interdire à un franchisé de rejoindre un réseau concurrent après son départ. Un choix que Xavier Belvaux assume pleinement. « Quand quelqu’un participe au développement d’un réseau, même s’il le fait en local, il fait grandir avant tout son réseau en local, mais aussi la marque ».

Des redevances moins élevées et des engagements raccourcis : sur le papier, cette nouvelle formule pourrait séduire les agents immobiliers tentés de changer de réseau. Les candidats auront par ailleurs le choix entre deux modèles : la franchise traditionnelle de Stéphane Plaza Immobilier et la formule plus hybride de We Invest, qui associe agences physiques et professionnels indépendants sous licence de marque.

Au-delà des nouvelles conditions, Stéphane Plaza insiste sur les engagements du réseau : « La transparence toujours, la qualité du travail, la formation et l’humain. L’humain surtout. »

IA, recrutement, gestion locative : WIF Group vise 300 points de vente

WIF Group compte aujourd’hui environ 140 points de vente et 1 000 conseillers immobiliers. Xavier Belvaux veut aller beaucoup plus loin. Son objectif ? « 300 points de vente physiques et environ 1 000 mandataires immobiliers d’ici à trois ans, soit quelques 2 000 professionnels au total », annonce-t-il. Le dirigeant revendique déjà une centaine de projets d’ouverture sur ses deux enseignes.

Pour soutenir cette croissance, Xavier Belvaux veut s’attaquer aux deux grandes difficultés des agences : « Les leads et le recrutement », autrement dit trouver de nouveaux clients et attirer des conseillers. Pour y parvenir, WIF Group compte renforcer l’accompagnement des professionnels et mise notamment sur l’intelligence artificielle. Le groupe propose une méthode de coaching individualisé et virtuel, baptisée « méthode pilote », pour aider les conseillers à progresser. Il développe également un moteur destiné à repérer les projets immobiliers des particuliers et à apporter de nouveaux contacts aux agences.

Dernier levier : la gestion locative, avec le lancement en janvier prochain de Signature Immo, la troisième marque du groupe. L’idée est d’offrir aux agences des revenus réguliers, moins dépendants des ventes. « Aujourd’hui, plus que jamais, on sait qu’un agent immobilier, s’il ne fait que de la transaction dans l’ancien, il est tributaire malheureusement des crises et des activités en one shot », explique Xavier Belvaux.

Reste à regagner la confiance. Stéphane Plaza tient d’abord à saluer ceux qui ont fait vivre le réseau pendant ses mois de discrétion médiatique. « Les agents Stéphane Plaza, c’est eux qui ont fait le travail. Et les managers aussi, localement, c’est eux qui ont tout le mérite. » Malgré ses 38 ans de métier, il compte aussi sur l’expérience de ses deux nouveaux associés, Xavier Belvaux et Nicolas Lemay. « Moi aussi, je vais apprendre certaines choses, notamment sur le digital. Avec trois têtes pensantes, on sera mieux qu’avec une seule. »

La relance se jouera désormais dans les agences, au-delà des annonces et des intentions. Stéphane Plaza entend, lui, laisser les actes parler : « Ma parole est devenue discrète. Ce n’était pas le temps de parler. Et maintenant, je vais me concentrer sur le travail en agissant plutôt qu’en parlant, et seuls les résultats compteront. »

Pourquoi Stéphane Plaza a-t-il choisi Xavier Belvaux ? Comment les deux hommes comptent-ils relancer les agences et attirer de nouveaux franchisés ? Retrouvez l’entretien de Stéphane Plaza et Xavier Belvaux au micro d’Ariane Artinian dans Mon Podcast Immo, sur MySweetImmo et sur toutes les plateformes d’écoute.

Par Ariane Artinian