Crédit immobilier : Pourquoi les taux pourraient repartir à la hausse
La CNCEF Crédit alerte sur une remontée des taux immobiliers liée aux tensions internationales. Côme Robet, son président, demande un calcul mensuel du taux d’usure pour éviter un blocage du crédit.
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- La hausse de l’OAT à 10 ans, proche de 3,8 %, pourrait entraîner une remontée des taux immobiliers et réduire la capacité d’emprunt des ménages.
- Les ménages ont perdu 11 m² de pouvoir d’achat immobilier entre 2020 et 2026, soit l’équivalent d’une pièce.
- Une hausse du taux de crédit de 3,15 % à 3,60 % entraîne 15 000 € de coût supplémentaire sur 25 ans pour 200 000 € empruntés.
La tension géopolitique autour de l’Iran commence à produire des effets concrets sur le crédit immobilier. La CNCEF Crédit alerte sur une remontée des taux et appelle à adapter rapidement les règles pour éviter un blocage du marché.
Une hausse des taux qui réduit déjà la capacité d’emprunt
La remontée des taux obligataires crée une nouvelle incertitude sur le crédit immobilier. En ligne de mire : l’OAT à 10 ans, c’est-à-dire le taux auquel l’État français emprunte sur les marchés, qui avoisine les 3,8 %.
Cette hausse se répercute directement sur les taux proposés aux particuliers. Résultat : à mensualité identique, les ménages peuvent emprunter moins.
Leur pouvoir d’achat immobilier est déjà en recul. Ils ont perdu 11 m² entre 2020 et 2026, soit l’équivalent d’une pièce. Cette baisse s’explique aussi par les contraintes sur le taux d’endettement et par les évolutions des aides publiques comme le Prêt à Taux Zéro ou MaPrimeRénov’.
Pour un ménage, la conséquence est simple : acheter plus petit, s’éloigner ou reporter son projet.
Une remontée attendue qui renchérit le coût du crédit
La CNCEF Crédit anticipe une nouvelle hausse des taux immobiliers dès avril si le conflit se prolonge. Cette évolution pourrait encore réduire la capacité d’achat des emprunteurs.
L’impact est immédiat sur le coût total du crédit. Pour un emprunt de 200 000 euros sur 25 ans, un taux qui passe de 3,15 % à 3,60 % représente 15 000 euros supplémentaires à rembourser.
Dans ce contexte, les courtiers recommandent de ne pas attendre lorsque le projet est prêt. Les banques continuent d’accepter les dossiers solides, avec des capacités de remboursement suffisantes.
Comparer les offres, négocier son taux ou ajuster la durée du crédit peut aussi limiter l’impact de la hausse.
Le taux d’usure, principal risque de blocage du marché
Au-delà des taux, un autre frein inquiète les professionnels : le taux d’usure. Ce plafond légal, fixé à 5,13 % au 1er janvier 2026 pour les prêts sur 20 à 25 ans, limite le taux maximum auquel les banques peuvent prêter.
Le problème vient de son mode de calcul. Il est révisé tous les trimestres, à partir des taux pratiqués précédemment. En période de fortes variations, ce décalage devient pénalisant.
Les taux de crédit peuvent augmenter rapidement. Le taux d’usure, lui, reste temporairement trop bas. Dans ce cas, les banques ne peuvent plus prêter sans dépasser le plafond légal, même à des emprunteurs solvables.
« Face à une situation géopolitique dont nous ne maîtrisons pas l’évolution, le rôle du gouvernement est de sécuriser les projets immobiliers des Français et d’utiliser les outils de stabilité à sa disposition », affirme Côme Robet, président de CNCEF Crédit.
« La remontée rapide des taux immobiliers en 2022-2023 avait conduit la Banque de France à adopter un calcul mensuel du taux d’usure de février 2023 à fin janvier 2024. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, un retour à cette fréquence de calcul s’impose sans attendre, au risque de bloquer rapidement le marché et de rationner le crédit immobilier. Nous invitons également les banques à continuer à accompagner les emprunteurs avec des mesures ciblées comme les taux boostés », ajoute-t-il.
La CNCEF Crédit demande donc un retour rapide à un calcul mensuel, afin d’éviter un nouveau ralentissement du marché immobilier.
