Observatoire Nestenn des trajectoires immobilières : Acheter est un choix, vendre est souvent une contrainte
Quel parcours de vie se cache derrière chaque transaction ? Contraintes, qualité de vie, climat… : ce qu’il faut retenir du 1er Observatoire Nestenn des trajectoires immobilière qui révèle les vraies motivations des acheteurs et vendeurs.
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© adobestock
Le groupe Nestenn dévoile les enseignements d’une enquête réalisée auprès de 1161 clients, vendeurs et acheteurs, ayant réalisé une transaction au cours des 12 derniers mois.
L’étude interroge pour la première fois les parcours de vie associés à chaque opération, révélant des trajectoires contrastées. Si un achat est un projet de vie choisi, la vente est souvent dictée par une contrainte ou un imprévu. Une lecture nouvelle des parcours résidentiels, au-delà des indicateurs marchés traditionnels.
Les Français achètent pour vivre mieux, mais pas parce que leur vie change
L’achat d’un bien immobilier est avant tout un projet de vie. Alors que 8 acquéreurs sur 10 achètent leur résidence principale, la moitié (48,8 %) projettent d’y rester pour au moins 10 ans.
« Sans qu’il soit associé à un changement de vie radical, l’achat s’inscrit dans une quête de mieux-vivre. On cherche un « ailleurs » sans vouloir tout réinventer. Les transactions se font dans un périmètre qui dépasse rarement le département ou la région où l’on vit. Une mobilité longue implique de changer de travail, de médecin, d’école, de se refaire des amis, etc. La démarche est engageante et donc plus marginale», précise Delphine Rouxel, Présidente et co fondatrice du groupe Nestenn.
Contrairement aux idées reçues, l’étude révèle que l’achat n’est pas déclenché par les grands événements familiaux. La première motivation est la quête d’un nouveau cadre de vie (30 %), loin devant la séparation/divorce (7,5 %), la mobilité professionnelle (5,5 %), ou encore l’arrivée d’un enfant (2,6 %).
En parallèle, près de la moitié des achats (47,8 %) se nouent dans un rayon de moins de 20 km et plus du tiers (34,4 %) dans la même commune ou commune limitrophe.
A l’inverse, les changements de vie plus importants constituent de vrais tremplins vers des mobilités longues (plus de 20km, autre département ou région, à l’étranger). C’est le cas pour 68 % des achats motivés par un rapprochement familial/amical ; 62 % pour les mobilités professionnelles et enfin 64 % pour les départs en retraite.
Les seniors, champions de la mobilité longue
Les acheteurs les plus jeunes démontrent un fort attachement à leur commune ou département. Seuls 10 % des 25-34 ans s’éloignent de plus de 20 km. A l’inverse, plus de la moitié des 65 ans et + choisissent de changer d’horizon au moment de leur achat. Ils représentent à eux seuls la moitié des achats interrégionaux.
Les Français vendent plutôt quand la vie les y oblige
Si près de trois quarts (73,7 %) des achats sont des projets choisis , 65 % des ventes sont liées à des contraintes imposées par la vie.
Successions, séparations, changements de cadre de vie ou adaptation du logement constituent les principaux déclencheurs.
La vente apparaît ainsi davantage comme la conséquence d’une situation que comme une démarche purement patrimoniale.
Le climat imprègne les critères d’achats mais pas encore les ventes
Le climat s’est imposé parmi les critères de choix des acheteurs, qu’il s’agisse de la performance énergétique du bien ou de l’anticipation sur les risques climatiques.
- 80,8 % des acheteurs portent une attention au DPE, 30 % en font un critère déterminant
- 48,3 % ont intégré le risque climatique dans leur réflexion
- 24,3 % ont écarté un bien en raison des risques climatiques
Pour les vendeurs, la question reste plus à la marge : seuls 14,8 % indiquent que le DPE a joué un rôle dans leur décision de vendre. Un taux néanmoins plus important pour certains biens d’investissement (25 %), où les contraintes réglementaires ont pu accélérer les arbitrages patrimoniaux.
Face à un marché atone, 6 vendeurs sur 10 ont été contraints de baisser leur prix
Un vendeur sur trois (30 %) confie avoir rencontré des difficultés lors du processus de vente. Parmi les raisons qui ont freiné ou compliqué la vente, sont cités le contexte marché atone (29,6 %), le manque de visite (29 %), le prix trop élevé (25,4 %) et les difficultés des acheteurs pour obtenir leur prêt (20 %). Pour faire face à ce contexte, 6 vendeurs sur 10 ont été contraints de baisser leur prix initial.
« Derrière chaque transaction immobilière se cache une histoire de vie. L’achat reste majoritairement un acte de projection et d’amélioration du quotidien. La vente, elle, accompagne souvent un événement personnel ou familial que l’on ne choisit pas. C’est probablement le principal enseignement de cet observatoire : les acheteurs construisent un projet, tandis que les vendeurs s’adaptent à une situation. Comprendre cette différence permet de mieux appréhender les attentes réelles des Français face au logement », conclut Delphine Rouxel.
Vendre pour (re)devenir locataire : les foyers monoparentaux en première ligne
1 vendeur sur 8 (12 % des répondants) bascule ensuite vers la location. Les personnes seules et familles monoparentales sont en première ligne :
- 63 % des vendeurs devenus locataires sont des personnes seules, vs. 36% du panel global.
- Les foyers monoparentaux sont 3 fois plus nombreux (34 % vs. 12 %).
- 37 % de ces ventes font suite à une séparation contre 8,9 % en moyenne.
Une vulnérabilité financière qui transparaît dans le réemploi du produit de la vente :
- 26 % des vendeurs devenus locataires remboursent des dettes avec le produit de la vente (vs 7,5 % en moyenne)
- 18 % choisissent d’épargner hors immobilier pour se créer une réserve de transition.
- 18 % préparent un rachat différé, et sont donc plutôt en location transitoire
