Immobilier 1er semestre (SeLoger) : Une reprise qui peine encore à s’installer durablement
Selon les données du Baromètre des prix de l’immobilier SeLoger/Meilleurs Agents, le premier semestre 2026 confirme le retour progressif des acheteurs. Mais la remontée des taux liée au regain d’inflation pourrait freiner une reprise encore inégale selon les territoires.
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- Les prix immobiliers sont globalement stables au niveau national (+0,1 %).
- Les zones rurales, Paris et Nantes affichent les meilleures performances.
- La BCE a relevé ses taux directeurs en juin, et les taux d'intérêt de crédit immobilier pourraient converger vers 4 % d'ici la fin d'année.
Le premier semestre 2026 confirme le retour progressif des acheteurs sur le marché immobilier résidentiel français. Après deux années de correction, la demande s’est redressée, les délais de vente se stabilisent ou reculent dans plusieurs grandes villes, et certains marchés retrouvent une dynamique positive.
Mais cette reprise reste fragile et hétérogène. Elle s’est construite dans un environnement de taux encore élevés, et elle doit désormais composer avec un nouveau facteur d’incertitude : le regain d’inflation lié au conflit au Moyen-Orient, qui a conduit la BCE à relever ses taux directeurs en juin.
« Le marché immobilier français aborde la deuxième moitié de 2026 dans une situation paradoxale : les opportunités d’achat demeurent réelles pour les ménages solvables, mais les incertitudes se renforcent. La probable remontée des taux constitue un nouveau défi, mais elle intervient dans un marché qui a déjà réalisé l’essentiel de son ajustement. Plus que jamais, la confiance des ménages, et la stabilité de l’environnement économique seront les véritables moteurs d’une reprise durable », précise Thomas Lefebvre, Vice-Président Data SeLoger et Meilleurs Agents
Un marché immobilier sorti de la correction, mais toujours fragile
Au terme du premier semestre 2026, le marché immobilier français confirme qu’il est sorti de la phase de correction engagée en 2022. Pour le troisième printemps consécutif, les prix progressent (+0,1 % IPI France sur le 1er semestre), mais cette dynamique apparaît sensiblement moins marquée qu’en 2024 et en 2025.
Ce ralentissement illustre un marché qui peine encore à enclencher un véritable nouveau cycle haussier, les espoirs d’une détente durable des conditions de financement s’étant progressivement estompés.
Cette quasi-stabilité nationale masque toutefois une géographie contrastée. Les zones rurales s’imposent comme le segment le plus dynamique (+6,1 %), Paris confirme son redressement (+0,5 % depuis le début de l’année) et Nantes poursuit son rebond après avoir été l’un des marchés les plus touchés par la correction (+3,5 %). À l’inverse, Bordeaux (−2,5 %), Nice (−0,9 %) et Lille (−0,6 %) poursuivent encore leur ajustement.
Taux : pas de panique, le contexte n’est pas celui de 2022-2023
Nous avions anticipé une légère remontée des taux en 2026. En revanche, le choc géopolitique et le retour de tensions inflationnistes ont accéléré ce mouvement. Le relèvement des taux de la BCE en juin modifie donc l’environnement de financement pour la fin d’année. Pour autant, il ne faut pas surinterpréter ce signal. Oui, les taux de crédit pourraient converger vers 4 %. Mais la situation des ménages n’est pas celle de 2022 ou 2023. Les prix ont baissé dans de nombreux marchés depuis 2022, les revenus ont progressé, et les banques restent en recherche de dossiers à financer.
Concrètement, le passage d’un taux de crédit de 3,5 % à 4 % sur 20 ans représente environ 25 € de mensualité supplémentaire pour 100 000 € empruntés. C’est une contrainte réelle pour les ménages les plus proches de leur taux d’effort maximal, mais ce n’est pas un choc comparable à celui observé lors de la remontée brutale des taux entre 2022 et 2023.
Surtout, les banques gardent de l’appétit pour le crédit immobilier. La production de nouveaux prêts à l’habitat continue d’augmenter (+1,1 milliard d’euros entre janvier et avril 2026). Les nombreuses offres commerciales proposées avant l’été confirment cette volonté de conquérir de nouveaux emprunteurs, et que le crédit immobilier reste un produit stratégique. Autrement dit, malgré la remontée des taux, l’accès au financement demeure favorable pour les ménages disposant d’un projet solide.
Fin 2026 : une reprise modérée, portée par les acheteurs déjà engagés
Le scénario central des experts de l’immobilier reste celui d’une stabilité des prix d’ici la fin de l’année au niveau national. Le marché devrait rester actif, mais sans emballement. Les acheteurs déjà engagés auront probablement intérêt à finaliser leur projet avant une éventuelle nouvelle remontée des taux après l’été.
Pour ceux qui ne se sont pas encore lancés, le message est plus nuancé : le marché offre davantage de choix qu’en 2021-2022, les vendeurs restent plus ouverts à la négociation, mais la capacité d’achat devra être sécurisée rapidement.
À plus long terme, le regard commence déjà à se tourner vers l’élection présidentielle de 2027. Pour le marché résidentiel dans son ensemble, l’enjeu ne réside pas tant dans l’échéance électorale elle-même que dans la stabilité et la visibilité qu’elle apportera aux ménages.
« L’immobilier est un marché de confiance : lorsque les perspectives économiques, fiscales et réglementaires sont lisibles, les projets reprennent plus facilement. À l’inverse, une période d’incertitude prolongée pourrait inciter certains ménages à différer leur achat. Pour les acquéreurs les plus aisés, notamment sur les marchés de prestige, cette attente est déjà perceptible. Les questions de fiscalité patrimoniale occupent une place croissante dans les arbitrages et pourraient influencer certains projets à mesure que l’échéance électorale se rapprochera », conclut Thomas Lefebvre.
