Immobilier : “Le marché locatif se referme… mais il n’est pas trop tard pour agir”, Stéphane Fritz (Guy Hoquet)
Des candidats sérieux, des revenus stables, et pourtant, ils ne trouvent plus à se loger. Sur le terrain, les conseillers immobiliers le voient chaque jour. Pour Stéphane Fritz, président du réseau Guy Hoquet l’Immobilier, le marché locatif a changé de nature, et il est urgent d’agir.
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Sur le terrain, le constat est sans appel : louer devient de plus en plus compliqué. Pas seulement plus cher. Plus difficile.
Les conseillers immobiliers voient tous les jours des candidats sérieux dans les agences, avec des revenus stables, mais qui n’arrivent plus à se loger. Ce n’était pas le cas il y a encore quelques années.
Un effet de ciseaux entre demande explosive et offre bloquée
Le marché locatif est en train de changer de nature.
Oui, l’offre remonte un peu. Mais pas assez. Parce qu’en face, la demande explose. Beaucoup de ménages ont mis leur projet d’achat en pause et se reportent sur la location. Résultat : la pression reste maximale. Et surtout, elle devient visible dans le quotidien des Français.
À budget constant, ils perdent des mètres carrés, ils s’éloignent, ils font des compromis. Mais en parallèle, le marché se grippe aussi côté propriétaires.
Entre le DPE, les incertitudes sur les loyers, les règles sur les meublés touristiques, beaucoup ne savent plus quelle stratégie adopter : certains rénovent, d’autres vendent, d’autres attendent. Et mécaniquement, cela limite l’offre.
Ce qui grippe le marché côté propriétaires
On est face à un effet de ciseaux très clair : plus de demande, moins de fluidité. La question, maintenant, c’est : comment on réagit ?
D’abord, il faut rassurer les propriétaires. Aujourd’hui, beaucoup hésitent à louer. Redonner de la confiance, c’est déjà recréer de l’offre.
Ensuite, il faut simplifier la rénovation énergétique. Les intentions sont bonnes, mais sur le terrain, c’est encore trop complexe et trop coûteux. Il faut des solutions concrètes, rapides, accessibles.
Autre point clé : relancer la mobilité résidentielle. Tant que les gens ne peuvent pas acheter, ils restent locataires… et bloquent le marché. Tout est lié.
Enfin, il faut redonner du souffle par l’offre : le Ministre du Logement lui-même a annoncé cette semaine que l’objectif, c’est 400 000 nouveaux logements par an.
Parce que la réalité est simple : sans propriétaires, il n’y a pas de marché locatif.
Aujourd’hui, la location absorbe tous les chocs du marché immobilier. Mais elle ne pourra pas le faire indéfiniment. La bonne nouvelle, c’est qu’on voit très bien où agir.
La question, maintenant, c’est la vitesse à laquelle on le fera.
