Héritage : Les baby-boomers vont transmettre 9.000 milliards d’euros d’ici 2040, les notaires redoutent un choc d’héritage

Les notaires de Paris anticipent une vague historique de transmissions patrimoniales avec 9.000 milliards d’euros d’héritages d’ici 2040.

Etude notariale dans un article sur la transmission du patrimoine des baby-boomers

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L'essentiel selon MySweetimmo
  • Les notaires anticipent une “grande transmission” d’ici 2040
  • Les successions deviennent plus nombreuses et plus complexes.
  • Familles recomposées, actifs numériques et donations anticipées changent la donne.
  • Les notaires évoquent un besoin d’“industrialisation” de leur métier.

Les notaires de Paris alertent sur l’ampleur de la transmission du patrimoine des baby-boomers. D’ici 2040, près de 9.000 milliards d’euros pourraient changer de mains, dans un contexte de successions plus nombreuses et plus complexes.

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Une grande transmission de patrimoine d’ici 2040

Les notaires parisiens anticipent des défis et un besoin d' »industrialisation » de leur métier pour suivre le mouvement de « grande transmission » des 9.000 milliards d’euros de patrimoine des « baby-boomers », génération née après-guerre et qui s’approche du grand âge.

Dans un communiqué publié le 7 mai 2026, la Chambre des notaires de Paris présente son Livre blanc « Compagnie des Notaires de Paris – Horizon 2040 », une réflexion prospective sur les transformations majeures qui auront un impact sur la société, les familles, les territoires et l’économie dans les quinze prochaines années.

Le document met en avant quatre mutations structurantes : une société plus complexe, une révolution numérique, un Grand Paris en mutation et une “grande transmission”, avec près de 9.000 milliards d’euros de patrimoine transmis d’ici 2040.

Le montant annuel des successions est estimé actuellement entre 300 et 400 milliards d’euros et pourrait atteindre 600 milliards avec les quelque 9.000 milliards d’euros de patrimoine qui vont être transmis entre 2025 et 2040, rappelle un livret blanc de le Chambre des notaires de Paris, publié jeudi.

Le phénomène s’explique par la disparition attendue des enfants du « baby-boom », une génération qui possède une grande partie des 15.000 milliards d’euros constituant le patrimoine total des Français, dont la valeur a fortement augmenté ces dernières décennies sous l’effet notamment de la hausse des prix de l’immobilier.

Le « choc d’héritage » a déjà commencé, « on est déjà dans une accélération du processus de transmission, poussé aussi par des incertitudes fiscales », observe Sophie Thibert-Belaman, première vice-présidente de la Chambre des notaires de Paris.

Ce transfert massif de richesse — plus de deux fois et demie la dette française actuelle — a attisé les convoitises de personnalités politiques de gauche et du centre, appuyés par des économistes, qui ont appelé à taxer davantage les héritages lors de l’élaboration du dernier budget de l’État.

Le notaire face aux grandes mutations de la société

La Chambre des notaires de Paris présente ce Livre blanc comme une démarche visant à anticiper les transformations démographiques, technologiques et sociétales.

Son ambition affichée : “anticiper pour protéger” et adapter la mission notariale aux défis du XXIe siècle afin de répondre aux attentes des citoyens.

Dans ce cadre, le notaire est présenté comme un “tiers de confiance du monde à venir”. À l’horizon 2040, son rôle évoluerait autour de plusieurs missions : conseiller des parcours de vie complexes, garantir la confiance numérique, agir pour la cohésion territoriale et accompagner les transmissions patrimoniales.

« Le notaire n’est pas un acteur périphérique des transformations en cours. Il en est l’un des pivots », déclare Pierre Tarrade, président de la Chambre des notaires de Paris.

Sophie Thibert-Belaman, première vice-présidente, ajoute : « En 2040, le notariat parisien doit être plus qu’un juriste : un garant du vrai, un acteur de cohésion sociale et un partenaire des grandes transitions et transformations ».

Selon la Chambre des notaires de Paris, le Livre blanc identifie 14 chantiers prioritaires pour adapter la profession aux enjeux futurs, notamment l’innovation technologique, la formation, l’organisation du travail et la responsabilité sociale et environnementale.

Des successions de plus en plus complexes

Pour les notaires, c’est en tout cas synonyme de plus de travail. « Il faut se préparer à ce que nos solutions artisanales ne suffisent plus » et il « faudra peut-être une industrialisation du processus », notamment via l’intelligence artificielle qui pourrait permettre de passer plus de temps sur le « qualitatif » des décisions, prévient Pierre Tarrade, président de la Chambre des notaires de Paris.

L’autre défi va être de s’adapter à la « complexité » des successions, notamment avec les familles recomposées, les familles binationales, les actifs numériques (cryptomonnaies) et autres évolutions démographiques et économiques.

Entre 1990 et 2022, la part des couples avec enfants parmi les ménages français est passée de 37% à 24%. Désormais, 10,4% des enfants vivent au sein d’une famille recomposée.

« 50% des successions ne sont pas classiques, et cela va devenir la norme », assure Pierre Tarrade.

Selon le livret blanc des notaires parisiens la grande transmission passera « de plus en plus par des donations et montages anticipés (assurance vie, démembrement, pactes Dutreil ou équivalent), qui abaissent l’âge moyen auquel on reçoit un capital significatif ».

France Stratégie estime que près de 60% du patrimoine total des ménages provient de l’héritage actuellement.

Par MySweetImmo avec AFP