Crédit immobilier : La BCE freine (un peu) la hausse des taux

Lors de sa réunion du 30 avril, la BCE a maintenu son principal taux directeur à 2% malgré le rebond de l’inflation. Pour les emprunteurs, la hausse des crédits immobiliers pourrait rester contenue.

Taux directeurs de la BCE inchanges

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L'essentiel selon MySweetimmo
Source : CAFPI
  • La BCE maintient ses taux directeurs malgré une inflation remontée à 3 % en zone euro.
  • Les taux de crédit immobilier restent autour de 3 % à 3,50 %, avec une pression haussière persistante.
  • L’OAT 10 ans, entre 3,68 % et 3,78 %, continue d’influencer le coût de financement des banques.
  • Le taux d’usure pourrait redevenir un frein pour certains emprunteurs si la hausse se poursuit.

Malgré une inflation repartie à la hausse en avril, la Banque centrale européenne (BCE) a décidé de ne pas toucher à ses taux directeurs. Une pause qui pourrait ralentir la remontée des taux de crédit immobilier, sans pour autant inverser la tendance.

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La BCE choisit la stabilité malgré le retour de l’inflation

La Banque centrale européenne (BCE) temporise. Réunie le 30 avril, elle a décidé de laisser ses taux directeurs inchangés, malgré un retour marqué de l’inflation en zone euro, remontée à 3 % en avril contre 1,9 % en février.

Dans le détail, le taux de dépôt reste fixé à 2 %, le taux de refinancement à 2,15 % et le taux de prêt marginal à 2,40 %.

Ce choix de stabilité intervient dans un contexte de tensions sur les prix de l’énergie, liées notamment au conflit au Moyen-Orient. En maintenant ses taux, la BCE envoie un signal : éviter de durcir davantage les conditions financières à court terme.

Pourquoi les taux immobiliers restent sous pression

Cette décision peut contribuer à freiner la hausse des taux de crédit immobilier… mais pas à l’arrêter.

Car les banques ne se financent pas uniquement auprès de la BCE. Elles dépendent aussi des marchés financiers, notamment via les obligations d’État. En France, l’OAT à 10 ans – référence clé – est restée élevée en avril, entre 3,68 % et 3,78 %.

Concrètement, plus cette OAT est haute, plus le coût de financement des banques augmente. Et plus ce coût augmente, plus les taux proposés aux emprunteurs ont tendance à suivre.

Résultat : les taux immobiliers se maintiennent aujourd’hui dans une fourchette de 3 % à 3,50 % selon les profils et les durées, avec une pression haussière toujours présente.

Comme le résume Julien Langlade, président de CAFPI : « Dans un environnement économique mondial fragilisé par le choc énergétique, la BCE fait le choix de la stabilité. C’est un message d’équilibre qui laisse espérer que la hausse des taux de crédit immobilier en cours restera maîtrisée ».

Ce que les emprunteurs doivent surveiller en mai

Pour les candidats à l’achat, la situation reste donc contrastée.

D’un côté, la décision de la BCE limite le risque d’une remontée brutale des taux. De l’autre, la hausse progressive pourrait se poursuivre, les banques intégrant avec retard l’augmentation de leurs coûts de financement.

Le marché reste néanmoins actif, notamment du côté des primo-accédants, qui continuent de concrétiser leurs projets.

Point de vigilance majeur : le taux d’usure. Ce plafond réglementaire, qui fixe le taux maximum auquel les banques peuvent prêter, pourrait à nouveau bloquer certains dossiers si les taux immobiliers continuent de grimper plus vite que son ajustement.

En clair, la pause de la BCE apporte un peu de visibilité… mais ne suffit pas à inverser la tendance.

Par MySweetImmo