Crédit immobilier : Des hausses de taux limitées et des banques soucieuses de prêter

En mai, les taux sont orientés à la hausse mais de façon limitée. Néanmoins, les banques veulent continuer à prêter en proposant des taux toujours attractifs, et ce, malgré le contexte marqué par les taux d’emprunt encore proches de 3,80 %.

Taux en hausse

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Après un mois d’avril marqué par des hausses des taux de crédit quasi généralisées dans toutes les banques, en mai, celles-ci sont plus limitées. Si la majorité des barèmes reçus (60%) à ce jour affichent des hausses de taux, de 0,05 % à 0,10 % – sauf pour une banque nationale dont les taux ont augmenté en moyenne de 0,25 % – les autres sont stables. 

Ces remontées de taux sont liées à la poursuite du conflit au Moyen-Orient qui a entrainé notamment une hausse du taux de OAT, taux d’emprunt d’Etat à 10 ans, passé de 3,30 % le 1er mars à 3,83 % fin avril, un niveau proche des plus hauts historiques de ces 20 dernières années.

« En mai le mouvement de remontée des taux se poursuit inévitablement, en lien avec le contexte géopolitique. Pour autant, les hausses de taux restent limitées, inférieures à celle de l’OAT 10 ans… En outre, plusieurs banques qui avaient augmenté leurs taux en avril ont fait le choix de les laisser stables en mai, témoignant de leur volonté de ne pas casser la dynamique de la demande en continuant à proposer des taux attractifs, aux alentours de 3,5 % en moyenne sur 20 ans, mais parfois plus proches de 3 % pour les meilleurs profils », explique Julie Bachet, directrice générale de Vousfinancer.

En mai, les taux moyens sont en légère hausse à 3,30 % sur 15 ans, 3,5 % sur 20 ans et 3,6 % sur 25 ans.

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Une activité dynamique en avril, en dépit du contexte géopolitique

Plus de 2 mois après le déclenchement de la guerre en Iran fin février, force est de constaté que l’activité de crédit n’a pas été trop impactée par le conflit et la légère remontée des taux de crédit. En effet, chez Vousfinancer, en avril, les demandes de crédits (mandats signés) sont en hausse de 12 % par rapport à avril 2025, qui avait pourtant été un mois très dynamique, et la production de crédits (volumes de crédits intermédiés) en augmentation de 17 % sur un an.

Depuis le début de l’année, sur le 1er quadrimestre, l’activité est également en hausse : + 10 % en mandats signés, et + 18 % en production de crédits. « La remontée des taux de crédit enclenchée depuis mi-mars n’a pas impacté la demande qui reste soutenue, tirée aussi bien par les primo que les secundo-accédants. L’envie d’acheter reste intacte et la politique volontariste des banques, qui proposent en outre de nombreux prêts aidés, permet de concrétiser les projets immobiliers avec encore de très bonnes conditions de financement » se réjouit Julie Bachet.

Des banques qui ont la volonté de prêter et proposent de nombreux prêts aidés

Pour 2026, la plupart des banques ont reconduit leurs prêts à taux bonifié, compris entre 0 et 2,5 %, au moins jusqu’à l’été, pour accompagner les projets des primo-accédants, ou avec un bon DPE mais pas seulement. En effet, certaines banques proposent désormais des prêts aidés pour tous les acheteurs, que ce soit pour le financement de leur résidence principale, secondaire ou un investissement locatif.

Exemples de prêts à taux bonifié

  • Prêt spécial « primo-accédants », sans limite d’âge (ne pas avoir été propriétaire de sa résidence principale depuis 2 ans) de 10 % du montant du crédit demandé, de 25 000 € maximum, à 1,99 % sur la même durée que le prêt principal (pour les primo-accédants n’ayant pas le droit au PTZ)
  • Prêt spécial « primo-accédants », pour les moins de 35 ans, de 20 000 € maximum, à 1,90 %, sur la même durée que le prêt principal, cumulable avec le PTZ.
  • Pour ceux qui ont le droit au PTZ, prêt supplémentaire de 20 000€, à 0 % sur 20 ans maximum.
  • Prêt jusqu’à 25 000 € (10 % du montant du prêt) à 0 % pour l’achat d’un logement neuf ou ancien avec note DPE A, B, C, pour tous les types d’achat (RP,RS, RL) et tous les profils (primo, secundo-accédants ou investisseurs)
  • Prêt jusqu’à 50 000 € (10 % du montant du prêt) à 2,49 % pour toutes personnes physiques, tout type de logement, sur la même durée que le prêt principal.

« La mise en avant de ces prêts aidés par les banques, dont la cible s’est élargie ces dernières années aux biens peu énergivores et désormais à tous les types d’emprunteurs, témoigne de la poursuite de leur stratégie de conquête de clientèle en 2026, en dépit du contexte de hausse des taux. C’est aussi un moyen pour elles de continuer à financer les projets dans des conditions attractives grâce à plusieurs lignes de prêts : pour un achat dans l’ancien, cela permet d’atteindre des taux moyens à moins de 3 %, et même à moins de 2 % dans le neuf… avec aussi l’objectif de se distinguer des autres établissements bancaires dans un contexte toujours concurrentiel », analyse Sandrine Allonier, porte-parole de Vousfinancer.

Statu quo de la BCE pour ses taux directeurs, mais pour combien de temps ?

Bonne nouvelle pour les futurs emprunteurs : lors de sa réunion du 30 avril, la Banque centrale européenne a maintenu ses taux directeurs inchangés à l’unanimité — le taux de dépôt à 2,0 % et le taux de refinancement à 2,15 % — pour la septième fois consécutive, au même niveau depuis juin 2025.

Face à une inflation qui a accéléré à 3,0 % en zone euro en avril, bien au-dessus de l’objectif de 2 %, la BCE est restée prudente en optant pour le statu quo, notamment en raison de l’essoufflement de la croissance du PIB de la zone euro, à seulement 0,8 % au premier trimestre. Toutefois, la prochaine réunion du 5 juin 2026 devrait marquer un tournant, les marchés anticipant une première hausse de 0,25 point, suivie d’une seconde à l’automne. 

« Pour les emprunteurs, ce statu quo offre un répit bienvenu mais qui ne pourrait être que de courte durée. Dans ce contexte nous surveillons de près les indicateurs qui pourraient peser sur les taux dans les prochains mois : l’inflation, l’évolution des taux d’emprunt d’Etat et ceux de la BCE, avec une crainte : que la problématique des taux d’usure, qui ne touche actuellement qu’un nombre limité de dossiers actuellement bloqués, se généralise d’ici à l’été en cas de hausse de taux trop importantes », conclut Sandrine Allonier.

Par MySweetImmo