Canicule : jardin, balcon, DPE… ce que recherchent désormais les acheteurs
Les épisodes de forte chaleur influencent désormais les recherches immobilières. Jardin, balcon, DPE ou étage deviennent des critères essentiels pour les acquéreurs.
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Alors qu’un nouveau pic de chaleur déferle sur la France, la notion de confort thermique devient concrète, en particulier pour les ménages habitant dans l’un des 3,9 millions de biens immobiliers classés passoires thermiques (DPE F et G), soit près d’un logement sur huit dans lequel il est difficile de vivre, été comme hiver.
Logiquement, les Français en projet d’achat modifient réellement leurs critères de recherche lorsque le thermomètre grimpe, comme le révèle une étude exclusive de Jinka, hub d’annonces immobilières augmentées, menée sur l’ensemble des recherches réalisées en France lors de la précédente canicule.
Ainsi, la quête d’extérieur a bondi : +8% pour le filtre jardin et +2% pour le balcon, tandis que le dernier étage, synonyme de surchauffe, est délaissé (-19%). Sans surprise, quand la chaleur est extrême, les passoires thermiques (DPE G) sont encore plus écartées des recherches (-12 %). Tour d’horizon des chiffres clés et enseignements de l’étude, avec un focus Paris…

Un besoin vital qui se traduit par une recherche concrète
Sous une chaleur écrasante, la nature apporte une sensation de fraîcheur bienvenue et permet de faire redescendre un peu le thermomètre. Et les acquéreurs l’ont bien compris : durant la dernière vague de canicule la demande de jardin a progressé de 8% au national, véritable graal pour s’offrir un îlot de verdure, et celle de balcon de 2%.
À l’inverse, certains critères sont clairement exclus des recherches car directement associés à la surchauffe. Ainsi, le dernier étage perd complètement son attrait : -19% au national.
Allant parfaitement avec le besoin de nature et de fraîcheur, les rez-de-chaussée progressent légèrement à l’échelle nationale (+2 %).
Enfin, la canicule rend tangible un sujet jusque-là abstrait : la performance énergétique. Les logements les moins bien classés (DPE G), réputés inconfortables l’été comme l’hiver, sont davantage écartés (-12 %).
Focus Paris : quand le béton amplifie tout
À Paris, où le règne du béton et la densité urbaine pèsent sur le ressenti thermique, les tendances observées à l’échelle nationale sont amplifiées. L’absence de végétation, la chaleur accumulée dans les sols et les rues étroites créent un véritable effet fournaise : les acheteurs parisiens ne cherchent pas seulement à éviter l’inconfort, ils veulent un bien habitable en toute saison.
Ainsi, les passoires thermiques (DPE G) y sont boudées (-12%), autant qu’au national.
Résultat : la demande d’extérieur double par rapport au national. Ainsi, le jardin bondit de +13 % et le balcon de +4 %. Dans une ville où le moindre mètre carré se négocie à prix d’or, un bout de nature devient un vrai luxe.
Le rejet des biens synonymes de surchauffe est lui aussi plus tranché. Les derniers étages reculent de 18 %, certes légèrement moins qu’au national (-19 %), mais tension extrême oblige.
Fait parisien marquant une rupture nette avec le national : les rez-de-chaussée chutent de 15 % à Paris, là où ils progressent de +2 % sur le territoire. L’explication est simple : l’impossibilité d’ouvrir les fenêtres la nuit en sécurité annule l’unique avantage rafraîchissant de ces logements.
Enfin, les passoires thermiques (DPE G) y sont autant boudées qu’au national : -12%.
Le DPE, un indicateur d’hiver ?
Devenu un indicateur phare de confort dans les logements, le DPE se révèle pourtant très perfectible concernant l’été. En effet, les logements dotés d’une étiquette A et B sont, bien souvent, de vraies fournaises. L’explication est simple et tient à un concept physique basique : le principe d’inertie.
En effet, le DPE évalue uniquement les performances hivernales d’un logement, comme l’isolation, ou le type de chauffage. Or, en période de chaleur, c’est la capacité des matériaux comme la pierre à absorber la chaleur le jour pour la restituer lentement la nuit qui offre de la fraîcheur en évitant la surchauffe. Ainsi, c’est, grâce au principe d’inertie, qu’en période de fortes chaleurs, une vieille maison en pierre mal isolée (notée E) peut rester bien plus fraîche qu’un logement récent bien isolé (noté A ou B).
« Le DPE n’est tout simplement pas conçu pour évaluer le confort estival. Des solutions existent pourtant : intégrer un indicateur de surchauffe dans la note DPE, comme le fait déjà la RE2020 dans le neuf, ou orienter les aides à la rénovation vers l’inertie, la ventilation et les protections solaires. En période de réchauffement climatique, on ne peut pas conserver comme guide un instrument qui ignore la chaleur », analyse Marc Lebel, CEO de Jinka.

Une évolution des recherches ponctuelles ou une tendance de fond ?
Les résultats de cette étude sont très clairs : les critères d’achat sont météo-sensibles. “ces résultats ne sont pas surprenants : nous savons bien qu’en immobilier, comme dans beaucoup d’autres domaines d’ailleurs, tout est une question de timing. Par 40°, impossible de se projeter dans un appartement sous les toits, aussi magique soit la vue, alors que sous la neige, il pourra créer le coup de cœur. Aux beaux jours, les acheteurs sont à la recherche de nature et de fraîcheur, tandis qu’ils seront plus sensibles aux univers cocooning avec cheminée en hiver ajoute Marc Lebel.
La vraie question est désormais de savoir s’il s’agit d’un phénomène ponctuel ou si ce sont les prémices d’une nouvelle tendance de fond, allant avec une prise de conscience concrète du réchauffement climatique, impactant durablement les comportements.
“Inconnu il y a peu, le DPE est désormais devenu un marqueur fort de qualité en matière de logement. La vague de chaleur de juin semble avoir agi comme une prise de conscience collective du réchauffement climatique, faisant ainsi entrer la notion de confort thermique au cœur des préoccupations des acquéreurs. Il y a fort à parier que ce qui peut ressembler à un réflexe d’été de prime abord est sans doute le signe d’une tendance de fond”, prédit le CEO de Jinka.
