Diagnostic immobilier : Ce que le DPE européen dira en plus au 1er janvier 2027
Deux réformes du DPE se télescopent et vos clients les confondent. Celle de 2026 a déplacé des étiquettes. Celle du 1er janvier 2027 ajoute six informations au diagnostic et une mention « A0 ».
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Deux réformes du diagnostic de performance énergétique se suivent à quelques mois d’intervalle, et les propriétaires les confondent. La première, entrée en vigueur au 1er janvier 2026, a fait gagner une classe à de nombreux logements chauffés à l’électricité. La seconde vient d’être publiée : l’arrêté du 11 juin 2026, paru au Journal officiel du 13 août, adapte le DPE à la directive européenne. Il s’applique aux diagnostics établis à partir du 1er janvier 2027 et ne recalcule aucune étiquette : il enrichit le contenu du document et crée une mention « A0 ».
Six informations de plus sur le diagnostic
L’arrêté modifie l’arrêté du 31 mars 2021, socle du DPE des logements en France métropolitaine. Il complète la liste des éléments que le diagnostic doit faire figurer, pour les maisons individuelles comme pour les appartements, les immeubles collectifs et les bâtiments neufs.
Premier ajout : la production d’énergie renouvelable sur site, exprimée en kWh, avec le détail par source. Deuxième ajout : cette production rapportée à la consommation d’énergie finale totale, autoconsommation comprise. Troisième ajout : le principal vecteur ou la principale source énergétique du logement, en énergie primaire comme en énergie finale.
Viennent ensuite trois informations tournées vers les équipements. Le diagnostic devra évaluer la durée de vie restante du système de chauffage, ainsi que de la climatisation le cas échéant. Il devra aussi indiquer la capacité du logement à réagir à des signaux externes pour adapter sa consommation, autrement dit sa contribution à la flexibilité du réseau électrique. Enfin, il précisera l’aptitude des émetteurs et du réseau de distribution à fonctionner à basse température, un point déterminant avant l’installation d’une pompe à chaleur.
L’annexe consacrée aux énergies renouvelables est par ailleurs entièrement réécrite. Le DPE recensera les équipements installés à demeure : panneaux solaires thermiques ou photovoltaïques, pompe à chaleur, géothermie, chauffe-eau thermodynamique, chauffage au bois, éolienne, cogénération, ou raccordement à un réseau de chaleur ou de froid efficace. Chaque équipement sera représenté par un pictogramme officiel. Le document listera également les solutions absentes du logement, sous la mention « D’autres solutions d’énergies renouvelables existent ». Un logement sans aucun équipement se verra afficher une phrase sans ambiguïté : « Ce logement n’est pas encore équipé de systèmes de production d’énergies renouvelables. »
La mention « A0 », réservée aux logements sans fossile
C’est la nouveauté la plus visible sur l’étiquette. À partir du 1er janvier 2027, un DPE pourra porter la mention « A0 », qui signale un bâtiment considéré comme à émissions nulles.
Deux conditions doivent tenir ensemble. L’étiquette doit d’abord être A ou B. Les énergies utilisées doivent ensuite être exclusivement renouvelables, sur site ou à proximité, électriques, ou issues d’un réseau de chaleur ou de froid efficace au sens du code de l’énergie. Surtout, aucune installation de chauffage ou de production d’eau chaude sanitaire ne doit être susceptible de fonctionner avec une énergie fossile. Une chaudière gaz, même en appoint, ferme donc définitivement la porte. Legifrance
Attention au vocabulaire : « A0 » n’est pas une huitième classe. L’échelle reste graduée de A à G, avec les mêmes seuils qu’aujourd’hui. La mention s’ajoute à la lettre, elle ne la remplace pas.
Ce que l’arrêté ne change pas
Le point mérite d’être posé clairement, car il va concentrer les questions de vos clients. Aucun seuil de classe n’est modifié. Aucun coefficient de conversion en énergie primaire n’est retouché. Aucun facteur d’émission n’évolue. Personne ne passera de E en D, ni de D en E, du seul fait de ce texte.
Les DPE en cours de validité ne sont pas davantage concernés. Un diagnostic établi avant le 1er janvier 2027 reste valable dix ans et ne portera simplement pas les nouvelles mentions. Un DPE projeté calculé aujourd’hui garde donc toute sa valeur demain.
La seule retouche technique concerne le calcul des déperditions par renouvellement d’air, désormais scindé entre ventilation d’une part, aération et défaut d’étanchéité d’autre part. L’arrêté n’a pas non plus d’effet sur le calendrier d’interdiction de location des passoires énergétiques, qui relève d’autres textes.
Ne pas confondre avec la réforme de janvier 2026
C’est là que naît le malentendu. Une autre réforme, bien réelle celle-là, a modifié le classement de centaines de milliers de logements. L’arrêté du 13 août 2025 a abaissé le coefficient de conversion de l’électricité en énergie primaire de 2,3 à 1,9, en alignement sur la valeur européenne. Cette évolution s’applique aux DPE et audits énergétiques édités depuis le 1er janvier 2026. Service-public
Résultat : de nombreux logements chauffés à l’électricité ont gagné une classe, sans qu’aucun mètre carré d’isolation n’ait été posé. Aucun logement n’a en revanche vu son étiquette se dégrader. Les propriétaires d’un DPE antérieur peuvent obtenir gratuitement une mise à jour, sans nouvelle visite du diagnostiqueur, via l’Observatoire DPE-Audit de l’Ademe. Ministère de l’Économie
Retenez la distinction : la réforme de 2026 touche au calcul, celle de 2027 touche au contenu. La première déplace des étiquettes, la seconde ajoute des informations. Les confondre, c’est promettre à un vendeur un reclassement qui n’arrivera pas.
Moins de cinq mois pour s’y préparer
Le calendrier est serré. La directive imposait une transposition au plus tard le 29 mai 2026. L’arrêté a été signé le 11 juin, publié le 13 août, et son application est fixée au 1er janvier 2027. Les éditeurs de logiciels et les diagnostiqueurs disposent donc de moins de cinq mois pour intégrer les nouvelles rubriques et les pictogrammes. Le Moniteur
La notice du texte vise explicitement les diagnostiqueurs, les propriétaires, les notaires, les agents immobiliers et les éditeurs de logiciels. Pour les professionnels de la transaction, deux lignes vont peser dans les négociations à partir de 2027. La durée de vie restante du chauffage, d’abord : un acquéreur qui lit « fin de vie » sur le diagnostic dispose d’un argument chiffré pour discuter le prix. La production d’énergie renouvelable, ensuite, qui valorise noir sur blanc un investissement jusqu’ici invisible sur le DPE. Legifrance
Un conseil à faire passer dès maintenant aux vendeurs qui envisagent de remplacer leur chaudière : l’équipement choisi en 2026 conditionnera la lecture de leur diagnostic en 2027.
Pour aller plus loin : notre guide complet du diagnostic de performance énergétique
Les réponses aux questions que vous vous posez
Y aura-t-il une réforme du DPE en 2027 ?
Oui. L’arrêté du 11 juin 2026, publié au Journal officiel du 13 août 2026, s’applique aux diagnostics établis à partir du 1er janvier 2027. Il porte sur le contenu du document, pas sur la méthode de calcul.
Quelle est la grille du nouveau DPE en 2027 ?
Elle est identique à celle d’aujourd’hui. L’échelle reste graduée de A à G, avec les mêmes seuils. L’arrêté ne modifie ni les coefficients de conversion en énergie primaire, ni les facteurs d’émission.
Qu’est-ce qui a changé pour le DPE en 2026 ?
Le coefficient de conversion de l’électricité en énergie primaire est passé de 2,3 à 1,9 au 1er janvier 2026. De nombreux logements chauffés à l’électricité ont ainsi gagné une classe. C’est une réforme distincte de celle de 2027.
La mention « A0 » est-elle une nouvelle classe énergétique ?
Non. Elle s’ajoute à l’étiquette des logements classés A ou B qui n’utilisent aucune énergie fossile pour le chauffage et l’eau chaude sanitaire. L’échelle reste de A à G.
Un logement chauffé au gaz peut-il obtenir la mention « A0 » ?
Non. Dès lors qu’une installation de chauffage ou d’eau chaude est susceptible de fonctionner à l’énergie fossile, la mention est exclue, quelle que soit l’étiquette obtenue.
Mon DPE réalisé en 2025 ou 2026 reste-t-il valable ?
Oui. Les diagnostics établis avant le 1er janvier 2027 conservent leur validité de dix ans. Ils ne comportent simplement pas les nouvelles informations ni la mention « A0 ».
Le prix d’un DPE change-t-il avec cette réforme ?
Le tarif d’un DPE n’est pas réglementé : chaque diagnostiqueur fixe librement son prix, selon la surface, la localisation et la complexité du bien. L’arrêté ne fixe aucun tarif. Il ajoute en revanche des rubriques à renseigner, notamment le recensement des équipements renouvelables
Références juridiques : Arrêté du 11 juin 2026 portant diverses dispositions d’adaptation au droit de l’Union européenne sur le DPE, JORF n° 0188 du 13 août 2026, texte n° 23 (NOR : VLOL2607636A). Directive (UE) 2024/1275 du 24 avril 2024 sur la performance énergétique des bâtiments. Évolution du calcul du DPE au 1er janvier 2026, ministère de la Transition écologique.Nouveau mode de calcul du DPE et coefficient de l’électricité, Service-Public.fr
