Immobilier : Le climat s’impose comme un nouveau critère de choix

Le prix, l’emploi ou les transports ne suffisent plus. Selon une étude du boncoin, le climat devient un nouveau critère dans les projets immobiliers. Une évolution qui pourrait renforcer les écarts entre territoires attractifs et territoires exposés aux fortes chaleurs.

vue de trouville en Normandie

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Bretagne, Normandie… ces régions qui attirent les Français en quête de fraîcheur

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L'essentiel selon MySweetimmo
Source : Etude « Canicule & Immobilier 2026 » de leboncoin
  • 81 % des Français déclarent ressentir un inconfort lié aux fortes chaleurs dans leur logement.
  • 34 % envisagent déjà ou pourraient envisager un déménagement si les canicules s’intensifient.
  • Bretagne, Normandie et façade Atlantique figurent parmi les territoires les plus attractifs dans l’imaginaire des Français en quête de fraîcheur.
  • Les contraintes financières pourraient accentuer une nouvelle fracture immobilière liée au climat.

Pendant longtemps, les projets immobiliers ont été guidés par des critères bien identifiés : emploi, budget, proximité familiale ou accès aux transports. Mais une nouvelle variable s’invite progressivement dans l’équation : le climat.

Selon l’étude « Canicule & Immobilier 2026 » réalisée par leboncoin, les épisodes de fortes chaleurs modifient peu à peu la manière dont les Français envisagent leur lieu de vie. Les résultats traduisent avant tout une évolution des perceptions et des aspirations, plus qu’un mouvement de population déjà engagé.

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Un Français sur trois envisage de partir à cause des canicules

L’étude montre que 81 % des Français ressentent parfois ou souvent un inconfort important lié aux fortes chaleurs dans leur logement.

Cette réalité quotidienne pousse une partie de la population à intégrer davantage les enjeux climatiques dans ses réflexions résidentielles. Ainsi, 34 % des Français déclarent déjà envisager ou pouvoir envisager un déménagement si les canicules venaient à se multiplier.

Dans le détail, 7 % affirment envisager sérieusement un départ tandis que 27 % pourraient y réfléchir en cas d’aggravation de la situation.

Les jeunes apparaissent particulièrement sensibles à cette question. Parmi les 18-24 ans, 12 % déclarent envisager sérieusement un déménagement, contre seulement 1 % des plus de 65 ans.

« Les Français ne déménagent pas encore à cause du climat, mais ils commencent à choisir où vivre en fonction de lui. Le climat devient progressivement un critère immobilier au même titre que le budget ou l’emploi», explique Nicolas Garcia Benitez, directeur du marché immobilier chez leboncoin.

Bretagne, Normandie, montagne : les nouveaux refuges climatiques

Les habitants des régions les plus exposées aux fortes chaleurs sont aussi ceux qui expriment le plus souvent une envie de départ.

La région Provence-Alpes-Côte d’Azur arrive largement en tête avec 18 % des habitants déclarant envisager sérieusement de quitter leur territoire. L’Occitanie, l’Auvergne-Rhône-Alpes et le Centre-Val de Loire suivent avec 8 %.

Lorsqu’ils imaginent un cadre de vie plus agréable face aux canicules, 42 % des Français citent le littoral tempéré. La montagne séduit 27 % des répondants, tandis que 18 % évoquent le nord de la France.

Dans cette géographie du désir climatique, la Bretagne, la Normandie et la façade Atlantique apparaissent comme les principaux bénéficiaires potentiels. Les Alpes, les Pyrénées ou encore le Massif central pourraient également profiter de cette recherche de fraîcheur.

Ces territoires sont perçus comme des espaces plus agréables en période estivale, même si l’étude ne permet pas de conclure à une évolution effective des flux résidentiels.

Vers une nouvelle fracture immobilière ?

Si l’envie de vivre dans des régions plus tempérées progresse, le passage à l’acte reste limité par plusieurs obstacles.

Parmi les principaux freins évoqués par les répondants figurent la proximité familiale (51 %), la conservation de l’emploi (45 %), l’attachement à sa région (43 %) et les contraintes financières (39 %).

« L’enseignement le plus intéressant de l’étude 2026 n’est pas le désir de partir, c’est la difficulté à le faire. » souligne Nicolas Garcia Benitez.

L’étude met également en lumière une perception grandissante : les territoires considérés comme plus agréables sur le plan climatique seraient aussi plus difficiles d’accès financièrement.

« De plus en plus de Français considèrent que les territoires les plus frais sont aussi des territoires plus difficiles d’accès financièrement. Cette perception progresse de 7 points par rapport à l’année dernière. La prise de conscience s’accélère », ajoute-t-il.

Pour leboncoin, cette évolution pourrait contribuer à l’émergence d’une fracture immobilière climatique, où certains ménages auraient davantage la possibilité de choisir leur lieu de vie en fonction du confort climatique que d’autres.

La résidence secondaire, première réponse à la chaleur

Face aux difficultés qu’implique un déménagement définitif, de nombreux Français semblent envisager une solution intermédiaire : la résidence secondaire.

Selon l’étude, 7 % des répondants envisagent sérieusement d’acquérir un pied-à-terre dans une région plus fraîche. Ils sont 26 % à déclarer qu’ils pourraient y réfléchir si les canicules devenaient plus fréquentes.

Cette option apparaît comme une stratégie d’adaptation plus réaliste pour certains ménages. Elle permettrait de profiter ponctuellement de territoires moins exposés à la chaleur sans remettre en cause l’équilibre professionnel ou familial.

L’étude révèle ainsi moins un projet de départ massif qu’une transformation progressive des critères de choix résidentiels. Le climat devient peu à peu un élément pris en compte aux côtés du prix, de l’emploi ou de la qualité de vie, avec des conséquences potentielles sur l’attractivité future des territoires.

Par MySweetImmo