Airbnb : Bruxelles veut donner plus de pouvoir aux villes

Face à la crise du logement, l’Union européenne veut faciliter les restrictions sur Airbnb dans les zones tendues et sécuriser juridiquement les mesures prises par les villes.

L’Union européenne veut faciliter les restrictions sur Airbnb dans les zones tendues

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Face à la crise du logement, l’Union européenne veut faciliter les restrictions sur les locations touristiques de courte durée. Dans les zones les plus tendues, les villes pourraient limiter leur développement, voire encadrer l’achat de logements destinés à cette activité. Les propriétaires qui louent ponctuellement leur résidence principale seraient épargnés.

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Bruxelles veut sécuriser les restrictions sur Airbnb

Les villes européennes pourraient bientôt disposer de davantage de latitude pour limiter les locations de type Airbnb. La Commission européenne doit présenter mercredi 9 septembre un projet de règlement destiné à mieux encadrer les locations de courte durée dans les territoires où se loger est devenu particulièrement difficile.

L’objectif n’est pas d’interdire Airbnb à l’échelle européenne. Bruxelles veut surtout donner aux villes, régions et États des bases juridiques plus solides pour agir lorsque les locations touristiques aggravent une crise locative déjà forte.

De nombreuses villes européennes ont en effet durci leurs règles ces dernières années, notamment dans les secteurs très touristiques. Mais les restrictions imposées aux locations de courte durée sont régulièrement contestées devant les tribunaux, notamment au regard des règles européennes sur la libre prestation de services.

Le futur texte entend réduire cette insécurité juridique.

Qu’est-ce qu’une zone « sous tension immobilière » ?

Pour restreindre les locations touristiques, les collectivités devraient démontrer que leur marché du logement est réellement sous tension.

Parmi les critères envisagés figure notamment l’écart entre le prix des logements et les revenus des habitants. L’évolution de cet écart, la croissance de la population ou encore le déséquilibre entre l’offre et la demande de logements pourraient également être pris en compte.

Dans ces territoires, les villes et régions pourraient limiter l’accès aux locations de courte durée mais aussi encadrer l’achat de logements destinés à être exploités comme meublés touristiques.

Les mesures devraient néanmoins rester proportionnées à la situation locale. Point important : le projet ne vise pas les particuliers qui louent seulement leur résidence principale pendant de courtes périodes.

Près d’un milliard de nuitées réservées sur les plateformes en Europe

L’initiative européenne intervient alors que les locations touristiques continuent de progresser. En 2025, 951,6 millions de nuitées ont été réservées dans l’Union européenne via Airbnb, Booking et Expedia, soit 11,4 % de plus qu’en 2024.

La France arrive largement en tête avec 213 millions de nuitées, devant l’Espagne et l’Italie.

Pour Bruxelles, les locations de courte durée ne sont pas à elles seules responsables de la crise du logement. Le manque de construction reste l’un des principaux facteurs de tension. Mais dans les villes et territoires touristiques, le basculement de logements vers la location saisonnière peut réduire encore l’offre disponible pour les habitants.

Sur les quinze dernières années, les prix des logements ont augmenté d’environ 60 % dans l’Union européenne et les loyers de près de 30 %, selon les données européennes citées par l’AFP.

En France, les maires disposent déjà de nombreux outils

La France a déjà considérablement durci l’encadrement des locations touristiques.

La loi Le Meur, promulguée le 19 novembre 2024, a renforcé les pouvoirs des communes. Elles peuvent notamment instaurer des quotas de meublés touristiques, réserver certains secteurs aux résidences principales et réduire de 120 à 90 jours par an la durée maximale de location touristique d’une résidence principale.

Paris et Marseille ont notamment déjà abaissé ce plafond à 90 jours.

L’encadrement s’est également renforcé dans les immeubles : depuis une décision du Conseil constitutionnel de mars 2026, certaines copropriétés peuvent interdire les meublés touristiques lorsqu’il s’agit de résidences secondaires.

Le futur texte européen ne remplacerait donc pas les règles françaises. Son intérêt serait surtout de sécuriser juridiquement les restrictions adoptées par les collectivités et de définir des critères communs permettant de justifier qu’un territoire est sous tension.

Après la transparence, l’Europe veut passer à la régulation

Une première étape a déjà été franchie au niveau européen. Depuis le 20 mai 2026, de nouvelles règles obligent notamment les plateformes à davantage partager leurs données avec les autorités lorsqu’un État met en place un système d’enregistrement.

Le nouveau projet irait plus loin : après avoir amélioré la connaissance du marché des locations touristiques, Bruxelles veut préciser dans quelles conditions les pouvoirs publics peuvent en limiter le développement.

Airbnb défend une autre priorité. « La crise du logement en Europe requiert des solutions structurelles, et cette loi devrait se concentrer sur l’augmentation de l’offre de logements », a indiqué un porte-parole de la plateforme à l’AFP.

La bataille réglementaire ne fait que commencer. Une fois présentée par la Commission, la proposition devra être discutée par le Parlement européen et les États membres avant une éventuelle adoption.

Par MySweetImmo avec AFP