Immobilier : Les data centers, une bulle ? « Exactement l’inverse », répond le patron de Blackstone
Face aux doutes sur les valorisations de l’IA, Jon Gray, président de Blackstone, défend les data centers : la demande est réelle, ce sont les infrastructures, l’énergie et les permis qui manquent.
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- Jon Gray (Blackstone) juge que l'investissement dans l'IA est « l'inverse d'une bulle classique » : la demande de puissance de calcul est déjà là, l'offre de data centers ne suit pas.
- Les freins sont d'abord politiques et physiques : moratoire d'un an sur les grands centres de données dans l'État de New York, projets gelés au Texas, pénurie de turbines.
- Le dirigeant prévient toutefois que « tous les participants ne gagneront pas » et que toutes les valorisations ne seront pas justifiées.
- Blackstone s'est associé début août à Apollo, BlackRock, Brookfield, Goldman Sachs et KKR dans un partenariat avec Nvidia pour lever 500 milliards de dollars.
Premier investisseur immobilier de la planète, Blackstone a massivement misé sur les centres de données. Son président, Jon Gray, balaie les doutes sur les valorisations de l’IA : selon lui, ce n’est pas la demande qui manque, mais les infrastructures pour la satisfaire. Un discours qui en dit long sur la classe d’actifs la plus courtisée du moment.
Les dépenses massives dans l’intelligence artificielle font régulièrement resurgir le spectre d’une bulle. Jon Gray, président de Blackstone, fonds américain qui a beaucoup investi dans les centres de données, prend le contre-pied des sceptiques dans un entretien diffusé vendredi par l’hebdomadaire spécialisé Capital Finance.
« Personne ne construit de manière spéculative un data center d’un gigawatt »
Sa démonstration s’appuie sur une comparaison avec les bulles du passé. « Dans une bulle classique, les gens construisent des nouvelles capacités de manière spéculative (…) en anticipant une très forte progression de la demande », explique Jon Gray, citant l’immobilier ou les télécoms dans les années 1990. Avec l’IA, assure-t-il, « la demande réelle de puissance de calcul » est déjà là et « personne ne construit de manière spéculative un data center d’un gigawatt ».
Le problème serait donc inverse : une offre d’infrastructures insuffisante, freinée par « l’environnement politique et réglementaire ». « C’est donc exactement l’inverse de ce que l’on observe dans une bulle classique », résume-t-il.
Des projets gelés faute d’eau, d’énergie et de permis
En juillet, l’État de New York a signé un moratoire d’un an sur les permis de construire des centres de données de grande envergure. Au Texas, le gouverneur Greg Abbott a gelé deux projets dans l’attente d’un examen d’impact sur l’approvisionnement en eau et en énergie. À ces obstacles administratifs s’ajoute la pénurie de turbines pour les centrales électriques indispensables pour alimenter ces sites, souligne le dirigeant.
Début août, Blackstone s’est associé à cinq autres géants financiers, Apollo, BlackRock, Brookfield, Goldman Sachs et KKR, dans un partenariat avec Nvidia pour lever 500 milliards de dollars de capitaux.
« Tous les participants ne gagneront pas »
Jon Gray ne promet pas un succès à tous les investisseurs. Dans cette course, « tous les participants ne gagneront pas », prévient-il, reconnaissant que toutes les valorisations ne seront pas « justifiées ». Mais, ajoute-t-il, « la demande d’IA et l’impact de l’IA dépasseront les attentes ».
Le fonds regarde aussi d’autres classes d’actifs. Jon Gray dit étudier « des opportunités dans toute l’Europe, y compris en France », dans la défense, qui « constituera un domaine important d’investissement », portée par l’effort de réarmement européen face à la menace russe, conclut-il.
