Crédit immobilier : Face aux arnaques, la riposte s’organise
La Banque de France et l’Orias s’allient pour diffuser des contenus d’éducation financière. Leur objectif : mieux informer le public face aux faux courtiers, aux offres de prêt frauduleuses et aux usurpations d’identité.
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Mieux comprendre un crédit, une assurance ou un placement peut aussi aider à repérer une arnaque. La Banque de France et l’Orias, le registre des intermédiaires en assurance, banque et finance, viennent de signer une convention nationale consacrée à l’éducation financière.
L’accord a été conclu le 7 septembre, à l’occasion de la présentation du rapport annuel de l’Orias. Il prévoit que l’organisme relaie les contenus du programme EDUCFI de la Banque de France auprès de son « écosystème ».
L’Orias va relayer les contenus de la Banque de France
Le programme EDUCFI vise à rendre les sujets financiers plus compréhensibles. L’objectif est d’aider le public à prendre des décisions éclairées et à mieux reconnaître les offres suspectes. Grâce à la convention, l’Orias pourra transmettre ces contenus aux professionnels et organismes avec lesquels il travaille.
« Face à la complexité croissante des sujets financiers et à la multiplication des fraudes, l’éducation financière est plus que jamais un enjeu de confiance et de protection. Nous nous réjouissons de pouvoir compter sur l’Orias pour relayer les contenus EDUCFI auprès de son écosystème et contribuer ainsi à mieux informer le public», souligne Marguerite Collignan, directrice de l’Éducation financière à la Banque de France.
Pourquoi l’Orias est utile avant de choisir un courtier
L’Orias tient le registre officiel des intermédiaires en assurance, en banque et en finance. Un particulier peut notamment le consulter pour vérifier qu’un courtier ou un mandataire est bien immatriculé.
Cette vérification est importante lorsqu’un professionnel propose un crédit immobilier, une assurance emprunteur ou un placement. Elle ne garantit pas à elle seule que l’interlocuteur est honnête : des escrocs peuvent usurper l’identité et le numéro d’un véritable professionnel.
Avant de transmettre des documents personnels ou de verser de l’argent, il faut donc comparer les coordonnées utilisées avec celles du registre. MySweetImmo explique également comment vérifier un courtier et repérer une possible usurpation d’identité.
L’Orias avait par ailleurs recensé une baisse du nombre de courtiers en crédit en 2025, dans un marché affecté par le ralentissement de la production de prêts immobiliers.
Fausses offres de prêt : les signaux qui doivent alerter
Les arnaques financières peuvent prendre plusieurs formes. Dans le crédit immobilier, certains fraudeurs copient le site d’une banque ou usurpent l’identité d’un courtier. Ils proposent ensuite un taux très avantageux avant de réclamer le versement de l’apport personnel ou de prétendus frais.
Une adresse internet légèrement modifiée, un taux très inférieur au marché, un numéro Orias incomplet ou une demande de paiement inhabituelle doivent éveiller les soupçons. MySweetImmo a détaillé le fonctionnement des escroqueries aux fausses offres de prêt immobilier.
« L’Orias voit un intérêt manifeste à contribuer à l’éducation financière qui est aussi une condition de la confiance dans les professionnels, d’autant plus avec la recrudescence des arnaques multiformes que nous connaissons actuellement. Nous nous réjouissons de compléter ainsi, par la voie de la pédagogie, notre mission de protection de la clientèle», souligne Vincent Besneux, président de l’Orias.
Ce que la convention change réellement
La convention doit permettre aux contenus de la Banque de France de toucher un public plus large grâce aux relais de l’Orias. Elle peut ainsi renforcer l’information des professionnels et, indirectement, celle de leurs clients.
Mais le texte annoncé ne crée pas de nouveau contrôle, de nouvelle obligation pour les intermédiaires ni de garantie supplémentaire pour les consommateurs. Son efficacité dépendra des actions réellement mises en place et de la capacité des contenus à atteindre le grand public.
