Crédit immobilier : Vers des taux à 4 % début 2027 ?

Artémis courtage anticipe des taux immobiliers supérieurs à 4 % début 2027. En attendant, les banques limitent encore la hausse malgré la tension obligataire.

Une remontée des taux immobiliers au-dessus de 4 % réduirait la capacité d’emprunt des ménages

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L'essentiel selon MySweetimmo
  • Les taux de crédit immobilier pourraient dépasser 4 % en France d’ici janvier 2027 si les tensions obligataires et inflationnistes persistent, selon les prévisions d’Artémis courtage.
  • Un foyer gagnant 4 000 € nets par mois pourrait voir sa capacité d’emprunt passer de 275 300 € début 2026 à 250 000 € début 2027, selon les projections d’Artémis courtage.
  • Le taux moyen d’un crédit immobilier sur 20 ans atteint 3,44 % en septembre 2026, malgré une OAT française à 10 ans supérieure à 4 %, selon La Centrale de Financement.
  • Les emprunteurs présentant les dossiers les plus solides peuvent encore obtenir un taux de crédit immobilier de 3 % sur 20 ans en septembre 2026, selon La Centrale de Financement.

Les taux de crédit immobilier pourraient dépasser 4 % d’ici janvier 2027, estime Artémis courtage. Cette remontée ferait directement baisser le budget des acheteurs. Un foyer gagnant 4 000 € nets par mois pourrait perdre environ 25 000 € de capacité d’emprunt en un an.

Les taux restent pour l’instant nettement inférieurs à ce seuil. La Centrale de Financement relève une moyenne de 3,44 % sur 20 ans en septembre 2026. Les banques continuent en effet de se concurrencer pour attirer les emprunteurs, surtout ceux dont le dossier est solide.

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Jusqu’à 25 000 € de capacité d’emprunt en moins

Artémis courtage estime qu’un foyer percevant 4 000 € nets par mois pourrait emprunter 250 000 € début 2027, contre 275 300 € début 2026. La baisse atteindrait environ 25 300 €.

La perte dépasserait 44 000 € pour un ménage gagnant 7 000 € nets mensuels. Le communiqué ne donne toutefois pas les hypothèses utilisées pour ces calculs : durée du prêt, taux d’endettement, apport ou charges du ménage.

Une hausse des taux réduit automatiquement le montant que la banque peut prêter à mensualité constante. À l’inverse, si l’emprunteur conserve le même montant de crédit, sa mensualité et le coût total des intérêts augmentent. MySweetImmo a calculé ce que 0,20 point de taux supplémentaire peut réellement coûter.

Pourquoi les taux risquent de remonter

La principale pression vient des marchés obligataires. L’OAT à 10 ans, qui correspond au taux auquel la France emprunte sur cette durée, fait partie des indicateurs suivis par les banques pour fixer leurs conditions de crédit immobilier.

Selon La Centrale de Financement, l’OAT a atteint 4,19 % au 1er septembre, soit 0,60 point de plus que début janvier. Artémis courtage évoque un niveau supérieur à 4,20 % au début du mois, un plus haut depuis 2008 selon le courtier.

Les banques ne répercutent pas immédiatement chaque mouvement de l’OAT. Elles prennent également en compte leurs objectifs commerciaux et les profils qu’elles souhaitent conquérir. Mais si les taux obligataires restent durablement élevés, elles pourraient augmenter plus fortement leurs barèmes.

Artémis courtage relève déjà des hausses d’environ 0,10 point sur les crédits de courte durée et de 0,15 à 0,20 point sur les prêts de 20 ou 25 ans. Le courtier cite également la reprise de l’inflation et le contexte géopolitique parmi les facteurs de hausse.

Cette prévision est plus pessimiste que les tendances présentées dans le baromètre MySweetImmo des taux immobiliers de septembre. Les courtiers interrogés y constataient une remontée progressive, mais aussi des écarts importants entre les banques.

Les banques proposent encore 3 % sur 20 ans

La hausse reste contenue chez La Centrale de Financement. Le taux moyen sur 20 ans atteint 3,44 % en septembre, soit seulement 0,02 point de plus. Sur 10 ans, il reste stable à 3,22 %.

Les meilleurs dossiers bénéficient de conditions plus avantageuses. Un emprunteur disposant d’un apport solide, de revenus réguliers et d’une situation professionnelle stable peut encore obtenir 2,70 % sur 10 ans, 2,85 % sur 15 ans ou 3 % sur 20 ans. Le meilleur taux communiqué sur 25 ans atteint 3,25 %.

DuréeMeilleur tauxÉvolutionTaux moyenÉvolution
7 ans2,70 %Stable3,24 %+0,04 point
10 ans2,70 %Stable3,22 %Stable
12 ans2,80 %Stable3,33 %+0,04 point
15 ans2,85 %Stable3,35 %+0,04 point
20 ans3,00 %Stable3,44 %+0,02 point
25 ans3,25 %Stable3,54 %+0,03 point

Depuis janvier 2026, les taux moyens ont augmenté de 0,10 à 0,16 point selon les durées. La hausse est donc beaucoup plus faible que celle de l’OAT, qui atteint 0,60 point sur la même période.

« Malgré la tension sur les marchés obligataires, les banques continuent de préserver des conditions de financement compétitives pour soutenir leur production de crédit. La concurrence reste particulièrement forte sur les dossiers les plus solides, mais cette situation pourrait être difficile à maintenir durablement si la pression sur l’OAT se poursuit. Pour les emprunteurs, le marché reste donc ouvert : dans ce contexte plus incertain, la capacité à comparer les conditions proposées par les établissements et à présenter un dossier solide redevient déterminante », souligne Pascale Ohnona, directrice générale de La Centrale de Financement.

Faut-il accélérer son projet immobilier ?

Un acheteur dont le projet est prêt a intérêt à faire actualiser rapidement son plan de financement. Il ne s’agit pas de signer dans l’urgence, mais de vérifier que son budget reste compatible avec les nouveaux barèmes avant de s’engager.

La comparaison entre plusieurs banques est d’autant plus importante que les établissements ne recherchent pas tous les mêmes clients. Un apport conséquent, des comptes sans découvert, une épargne conservée après l’achat et des revenus réguliers peuvent aider à négocier.

La situation reste malgré tout plus favorable qu’en janvier 2024. Avec une mensualité de 1 250 € sur 20 ans, un ménage pouvait alors emprunter 202 734 €, sur la base d’un taux moyen de 4,20 %. En septembre 2026, il peut encore obtenir 216 682 € avec un taux de 3,44 %, selon La Centrale de Financement. Le gain atteint près de 13 950 €, soit 7 %.

Depuis janvier 2026, en revanche, la capacité d’emprunt a commencé à reculer. Avec un taux de 3,25 %, la même mensualité permettait d’emprunter 220 383 €. La perte atteint donc environ 3 700 € en huit mois, soit 1,6 %.

PériodeTaux hors assuranceMontant empruntableCoût du crédit
Janvier 20244,20 %202 734 €97 266 €
Janvier 20263,25 %220 383 €79 618 €
Septembre 20263,44 %216 682 €83 318 €

La remontée des taux intervient alors que le marché immobilier reste fragile. Le nombre de transactions dans l’ancien se maintient autour de 955 000 sur douze mois, selon le communiqué. MySweetImmo a expliqué pourquoi la reprise du marché immobilier reste inachevée en 2026. Une nouvelle baisse de la capacité d’achat pourrait peser sur le nombre de ventes.

Par MySweetImmo