Présidentielle 2027 : Le débat sur l’héritage s’intensifie mais les Français restent mal préparés
À l’approche de la présidentielle 2027, 79 % des Français jugent les héritages trop taxés. Pourtant, 72 % n’ont engagé aucune démarche pour préparer leur succession, selon une étude Discurv pour Inovea
Nouveau
© adobestock
- 79 % des Français estiment que les héritages sont aujourd'hui trop taxés.
- 72 % des Français n'ont entrepris aucune démarche pour préparer leur succession.
- Près d'un Français sur deux ignore qu'il existe des dispositifs permettant de réduire légalement les droits de succession.
À quelques mois de l’élection présidentielle, la fiscalité des successions s’impose progressivement dans le débat public. Les propositions se multiplient, opposant ceux qui souhaitent alléger les droits de succession à ceux qui plaident pour une redistribution accrue des patrimoines.
Mais derrière le débat sur la fiscalité se cache une autre réalité, beaucoup moins connue. Selon l’étude « Les Français et la succession » d’Inovea, réalisée par l’institut Discurv, près de trois Français sur quatre (72 %) n’ont entrepris aucune démarche pour préparer leur succession, alors même que 70 % estiment qu’une succession mal préparée peut avoir des conséquences financières importantes pour leurs proches.
Autrement dit, les Français s’inquiètent des droits de succession… mais anticipent très peu leur propre transmission.
Les Français dénoncent une fiscalité qu’ils connaissent finalement assez mal
Les résultats de l’étude révèlent un paradoxe. Alors que 79 % des Français considèrent que les héritages sont aujourd’hui trop taxés, près d’un Français sur deux ignore qu’il existe des dispositifs permettant de réduire légalement les droits de succession.
Cette méconnaissance est d’autant plus frappante que le sujet revient régulièrement dans l’actualité politique. Elle montre que le débat sur la succession reste largement dominé par la question fiscale, tandis que les solutions permettant d’anticiper la transmission du patrimoine demeurent peu connues du grand public. Parmi elles figurent notamment les donations familiales destinées à financer l’achat ou la rénovation d’une résidence principale.
« J’ai encore le temps »
Pourquoi les Français anticipent-ils si peu leur succession ?
La première raison est simple : 34 % estiment qu’ils auront encore le temps d’y réfléchir plus tard. Autre enseignement marquant : un quart des Français pensent ne pas disposer d’un patrimoine suffisamment important pour justifier une préparation.
Pourtant, préparer sa succession ne concerne pas uniquement les gros patrimoines. Testament, donation, protection du conjoint, transmission d’un bien immobilier ou anticipation des droits de succession sont autant de décisions qui concernent aujourd’hui une grande partie des familles françaises. Lorsque plusieurs héritiers deviennent propriétaires d’un même logement, la vente d’un bien en indivision peut notamment mettre l’entente familiale à l’épreuve.
Un manque d’information qui freine le passage à l’action
Si les Français repoussent autant leur succession, c’est aussi parce qu’ils se sentent mal armés pour aborder le sujet. Selon l’étude « Les Français et la succession » d’Inovea, six Français sur dix ne se sentent pas suffisamment informés pour prendre les bonnes décisions si une succession devait intervenir demain.
Parmi les Français qui déclarent ne pas être du tout informés, 89 % n’ont entrepris aucune démarche pour préparer leur succession, soit près de vingt points de plus que la moyenne nationale.
Le déficit d’information apparaît ainsi comme l’un des principaux freins à l’anticipation patrimoniale.
Faire de la succession un sujet de prévention
À l’image des campagnes de prévention en matière de santé, Inovea appelle à faire de la préparation de la succession un véritable sujet de pédagogie auprès des Français.
À l’heure où la France entre dans la période de la « Grande Transmission », avec 9 000 milliards d’euros de patrimoine susceptibles de changer de mains d’ici 2040, l’enjeu n’est pas uniquement fiscal ou juridique. Il est aussi pédagogique : mieux informer les Français, les sensibiliser plus tôt et les accompagner avant qu’une succession ne survienne permettrait d’éviter de nombreuses difficultés financières, administratives et familiales.
« Le débat actuel porte beaucoup sur le niveau des droits de succession. C’est un débat légitime. Mais notre étude montre qu’avant même de parler de fiscalité, il existe un enjeu encore plus fondamental : celui de l’anticipation. Beaucoup de Français savent qu’une succession mérite d’être préparée, mais très peu passent réellement à l’action. Préparer sa succession ne consiste pas à anticiper sa disparition ; c’est avant tout protéger ses proches et leur éviter des difficultés demain», souligne Emmanuel Hardy, président d’Inovea.
