Encadrement des loyers : « On décourage ceux qui sont indispensables pour loger les Franciliens », Olivier Princivalle
Pour la FNAIM du Grand Paris, pérenniser l’encadrement des loyers risque de détourner davantage de propriétaires d’un marché locatif déjà sous tension. Elle appelle à restaurer leur confiance.
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Olivier Princivalle, président de la FNAIM du Grand Paris
- La FNAIM du Grand Paris s’oppose à la pérennisation de l’encadrement des loyers dans sa forme actuelle et demande de donner la priorité à l’offre locative.
- Olivier Princivalle, président de la FNAIM du Grand Paris, estime que la fiscalité, les obligations énergétiques et la multiplication des règles fragilisent l’investissement locatif privé.
- La FNAIM du Grand Paris appelle les pouvoirs publics à produire davantage de logements et à remettre sur le marché des biens aujourd’hui retirés de la location.
Alors que plusieurs élus réunis à Paris veulent pérenniser et étendre l’encadrement des loyers, la FNAIM du Grand Paris prend le contre-pied. Son président, Olivier Princivalle, estime que cette mesure ne répond pas au principal problème du marché francilien : le manque de logements disponibles face à une demande toujours forte.
La question devient urgente. L’expérimentation de l’encadrement des loyers doit prendre fin le 24 novembre 2026. Parmi les pistes envisagées figure une prolongation de deux ans dans les territoires déjà concernés.
L’offre locative au cœur du débat
À Paris et dans les communes franciliennes concernées, l’encadrement impose au propriétaire de respecter un loyer de référence majoré lors de la mise en location. Le dispositif vise à protéger les locataires contre les loyers excessifs dans les secteurs où la demande est particulièrement forte.
La FNAIM du Grand Paris dit comprendre cette préoccupation, mais conteste la réponse apportée. « Nous pouvons entendre les préoccupations des élus et des locataires face aux difficultés d’accès au logement. Mais pérenniser l’encadrement des loyers dans sa forme actuelle ne nous paraît pas être la bonne réponse. À Paris comme en Île-de-France, le problème est d’abord celui d’une offre insuffisante face à la demande», précise Olivier Princivalle.
L’organisation professionnelle défend donc un autre ordre de priorités : produire davantage, remettre des logements vacants ou retirés de la location sur le marché et convaincre les propriétaires de continuer à louer.
La tension locative francilienne a déjà des conséquences très concrètes. Les candidats se retrouvent en concurrence pour un nombre limité de biens, tandis que les bailleurs durcissent parfois leurs critères de sélection. Une analyse publiée par Imodirect décrivait ainsi un marché locatif francilien marqué par la raréfaction de l’offre et la progression des faux dossiers.
Des propriétaires confrontés à plusieurs contraintes
Pour Olivier Princivalle, l’encadrement des loyers ne peut pas être examiné isolément. Les propriétaires doivent également composer avec la fiscalité, les règles applicables aux baux et les travaux nécessaires pour améliorer la performance énergétique de leurs logements.
« Fiscalité lourde, obligations de performance énergétique qui représentent des investissements importants et restent insuffisamment accompagnées, complexification du rapport locatif, multiplication des règles… l’empilement finit par fragiliser l’équilibre économique de l’investissement locatif privé », commente-t-il.
Ces dépenses et ces obligations pèsent directement sur les décisions des bailleurs. Certains doivent arbitrer entre réaliser des travaux, conserver leur logement en location ou le vendre. Les évolutions du diagnostic de performance énergétique occupent notamment une place croissante dans leurs calculs. MySweetImmo a détaillé les changements du DPE applicables en 2026.
La position défendue par la FNAIM du Grand Paris rejoint celle exprimée au niveau national. Début septembre, la FNAIM avait demandé au gouvernement de ne pas prolonger l’encadrement des loyers, tout en appelant à mieux repérer et sanctionner les dépassements illégaux.
Produire plus et redonner confiance aux bailleurs
La FNAIM du Grand Paris ne présente pas la seule suppression d’une règle comme une solution suffisante. Elle demande une politique plus large, centrée sur la construction, la remise en location des logements et la confiance des investisseurs.
« Il faut cesser de faire croire que l’encadrement des loyers va, à lui seul, résoudre les problèmes de logement locatif. Le sujet est beaucoup plus large : il faut produire davantage, remettre des logements sur le marché et surtout redonner confiance aux propriétaires et aux investisseurs », explique Olivier Princivalle.
Pour les particuliers, l’enjeu est double. Les locataires ont besoin de loyers supportables, mais aussi d’un choix suffisant de logements. Les propriétaires, de leur côté, recherchent de la visibilité sur les règles, la fiscalité et le coût des travaux avant de s’engager dans un investissement locatif.
Les professionnels de l’immobilier sont également concernés. Agents, administrateurs de biens et gestionnaires locatifs doivent expliquer des règles de plus en plus nombreuses, vérifier le plafond applicable et accompagner les propriétaires dans leurs arbitrages.
Un cadre « stable, lisible et équilibré »
Olivier Princivalle demande finalement aux pouvoirs publics de ne pas faire du propriétaire privé la principale variable d’ajustement de la politique du logement. Il insiste aussi sur le rôle des professionnels pour accompagner les bailleurs et sécuriser leurs décisions.
« Le bailleur privé ne peut pas être considéré uniquement comme une variable d’ajustement de la politique du logement. Si nous voulons conserver une offre locative suffisante en Île-de-France, il faut aussi donner envie d’investir et de rester propriétaire bailleur. Cela passe par un cadre stable, lisible et équilibré, mais aussi par un véritable accompagnement des propriétaires, notamment par les professionnels de l’immobilier. L’urgence n’est donc pas d’ajouter une contrainte de plus, mais de recréer les conditions de confiance qui permettront de remettre des logements sur le marché », souligne-t-il.
Le débat oppose donc deux urgences difficiles à dissocier : contenir les loyers dans les zones les plus chères et préserver une offre locative suffisamment abondante. À quelques semaines de la fin programmée de l’expérimentation, propriétaires, locataires et professionnels attendent désormais de savoir si l’encadrement sera supprimé, prolongé ou pérennisé.
