Diagnostic immobilier : Trois fédérations créent l’UFD3I pour parler d’une seule voix face à l’État

À la veille des Ateliers du Diag, l’Alliance du Diagnostic Immobilier, Filiance et Sidiane annoncent la création de l’UFD3I : l’Union des Fédérations du Diagnostic Immobilier, des Infrastructures et de l’Industrie.

trois fédérations créent l’UFD3I pour parler d’une seule voix face à l’État

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L’Alliance du Diagnostic Immobilier, Filiance et Sidiane annoncent la création de l’UFD3I, une union chapeau destinée à représenter la profession auprès des pouvoirs publics. C’est la réponse à une demande explicite du ministre du Logement Vincent Jeanbrun qui réclamait aux diagnostiqueurs une représentation unifiée. Pour les 4 000 professionnels concernés comme pour les agents qui travaillent avec eux au quotidien, l’enjeu est concret : déontologie, DPE, amiante, plomb.

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Une réponse directe au ministre du Logement

Le calendrier n’est pas neutre. L’annonce tombe la veille des Ateliers du Diag, et quatre mois après les Assises du diagnostic immobilier du 21 mai dernier. Ce jour-là, Vincent Jeanbrun avait dit clairement ce qu’il attendait de la profession : une voix collective, capable de dialoguer avec l’État sans se perdre dans la concurrence entre fédérations. Le message a été entendu.

« La création de l’UFD3I répond à une nécessité : donner à notre profession une voix collective forte, à la hauteur de ses responsabilités. Nous avons choisi de parler d’une seule voix quand c’est nécessaire, tout en gardant la diversité et l’identité de chaque organisation », expliquent Lionel Janot et Philippe Champiot, coprésidents de l’Alliance du Diagnostic Immobilier.

Le contexte est connu des professionnels. Le rapport du député Daniel Labaronne, remis fin 2025, explorait la piste d’un ordre des diagnostiqueurs immobiliers. Le ministre a ensuite privilégié une charte de déontologie et une instance de concertation plutôt qu’une logique de sanction. Encore fallait-il un interlocuteur. C’est précisément le rôle que l’UFD3I entend jouer.

Une structure chapeau, pas une fédération de plus

Les fondateurs insistent sur ce point : l’UFD3I n’a pas vocation à absorber les organisations existantes. Chacune conserve son identité, son modèle économique et ses adhérents. L’union intervient uniquement sur les sujets qui dépassent les intérêts propres de chaque structure.

« Nous ne créons pas une organisation de plus. Nous créons un cadre pour rassembler les organisations quand elles défendent des intérêts communs. L’UFD3I pourra accueillir d’autres organisations à l’avenir », précise Olivier Heaulme, président de Sidiane.

La gouvernance de départ repose sur une coprésidence des trois cofondateurs. L’union se présente comme ouverte et évolutive : d’autres organisations professionnelles pourront la rejoindre, à condition de répondre à des critères de représentativité et d’adhérer à ses principes fondateurs. L’ambition affichée est de rassembler progressivement la profession autour d’une parole unifiée sur les sujets qui font consensus.

DPE, amiante, plomb : des dossiers déjà ouverts

L’UFD3I ne part pas d’une feuille blanche. Les trois fondateurs travaillent déjà ensemble sur plusieurs dossiers techniques qui touchent directement les vendeurs, les bailleurs et les agents immobiliers.

Le premier est le code de déontologie du diagnostic immobilier, dont la rédaction a été confiée par le ministre au député Daniel Labaronne. Le deuxième concerne les indicateurs de performance, les fameux KPI, dont la profession interroge l’utilité et les conséquences. Le troisième porte sur le coefficient de l’électricité dans le DPE : les fédérations ont donné un avis défavorable au Conseil supérieur de la construction et de l’efficacité énergétique (CSCEE) sur ce point. Enfin, l’union suit les nouveaux textes sur l’amiante et le plomb, ainsi que les normes en préparation sur le DPE et les termites-mérules.

À plus long terme, l’UFD3I liste six chantiers : déontologie et professionnalisation des pratiques, certification et assurance, qualité et responsabilité, entraide entre professionnels, données du secteur avec un futur observatoire, et accompagnement des évolutions réglementaires. L’union veut aussi mieux faire connaître ces métiers et lutter contre les idées reçues sur le diagnostic immobilier, un secteur régulièrement mis en cause sur la fiabilité du DPE.

« La profession dispose désormais d’un cadre commun pour dialoguer avec l’État. Cette Union restera ouverte à tous ceux qui veulent porter une voix plus forte pour le diagnostic immobilier, des infrastructures et de l’industrie », conclut Franck Pettex-Sorgue, président de la délégation Construction de Filiance.

L’UFD3I revendique plus de 4 000 diagnostiqueurs immobiliers, indépendants, petites et moyennes sociétés, bureaux de diagnostic et de contrôle, réseaux intégrés ou franchisés. Pour mémoire, le prix des diagnostics immobiliers reste libre en France et varie fortement selon les régions et les prestataires.

Ce que cela change pour votre métier

Pour les diagnostiqueurs, l’UFD3I devient le canal de discussion avec le ministère sur les textes en préparation. Les positions prises sur le DPE ou l’amiante engageront désormais la profession dans son ensemble.

Pour les agents immobiliers et les notaires, un interlocuteur unique côté diagnostic devrait faciliter la lecture des évolutions réglementaires à venir, notamment sur le dossier de diagnostic technique exigé à la vente et à la location.

Pour les vendeurs et les bailleurs, le code de déontologie en cours de rédaction est la mesure à suivre : c’est lui qui fixera les règles d’indépendance et de qualité opposables aux professionnels qui établissent leur DPE.

Par MySweetImmo