Agence immobilière : « On vise 20 à 25 implantations Laforêt Collection d’ici deux ans », Yann Jehanno

Agents immobiliers indépendants, Laforêt vous fait les yeux doux. Avec Laforêt Collection, le réseau veut 20 à 25 agences premium en deux ans. Yann Jéhanno dit pourquoi, et à quel prix, au micro d’Ariane Artinian.

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Laforêt accélère dans l’immobilier premium. Avec Laforêt Collection, le réseau veut conquérir le marché des biens de caractère et attirer de nouveaux franchisés, en priorité parmi les agences indépendantes. Au micro d’Ariane Artinian dans Mon Podcast Immo, son président Yann Jéhanno dévoile les prochaines ouvertures, ses ambitions et le coût pour rejoindre l’enseigne.

Ni luxe ni prestige : Laforêt fait le pari du premium

Deux ans de préparation pour une marque qui ne part pas de zéro. Laforêt commercialise déjà des logements haut de gamme, mais veut désormais proposer un accompagnement plus spécialisé. En étudiant le marché du prestige, qui représente selon Yann Jéhanno environ 40 000 ventes par an en France, le réseau a repéré un créneau entre l’immobilier traditionnel et le grand luxe. C’est tout l’enjeu de Laforêt Collection, sa nouvelle marque dédiée aux biens de famille et de caractère.

« Il y avait un segment de marché, celui qu’on appelle le premium, qui est quasiment partout en France », explique Yann Jéhanno. Maisons de famille, demeures de caractère, biens patrimoniaux transmis de génération en génération : Laforêt vise des propriétés situées dans le haut de leur marché local et présentant « une singularité réelle ». Pas besoin d’une adresse prestigieuse ni d’un prix à plusieurs millions d’euros.

Autre atout dans la conjoncture actuelle : des acquéreurs généralement mieux dotés en apport, parfois capables d’acheter comptant. Un marché « un peu moins exposé au crédit », souligne le président de Laforêt.

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Laforêt Collection : 20 à 25 agences visées en deux ans

Pour choisir ses implantations, Laforêt a compilé 35 ans de données immobilières, complétées par des études géomarketing et des enquêtes auprès des consommateurs. Résultat : 74 villes identifiées en France.

Après un premier concept store ouvert au Touquet en début d’année, l’enseigne vient de s’installer rue de Vaugirard, à Paris, face au Sénat. Quatre agences supplémentaires doivent ouvrir dans les trois prochains mois, dans les 1er, 4e, 5e et 9e arrondissements parisiens. Saint-Cloud et Biarritz devraient suivre dans les six mois. Une dizaine d’autres projets sont à l’étude.

Laforêt, qui tablait initialement sur cinq ouvertures par an, revoit ses ambitions à la hausse. « On devrait arriver autour de 20, peut-être 25 implantations » sur les deux premières années, annonce Yann Jéhanno. Le dirigeant envisage même un développement à l’international, potentiellement dès les prochains mois.

Agences indépendantes : quel prix pour rejoindre Laforêt Collection ?

Pour accompagner cette croissance, Laforêt cible en priorité les agences indépendantes déjà bien implantées sur leur territoire. Des professionnels reconnus localement, mais qui souhaitent franchir un cap et décrocher des mandats plus haut de gamme. L’enseigne leur promet sa notoriété, ses outils numériques et sa puissance de recrutement et de formation.

Mais combien faut-il investir ? La mise au concept d’une agence coûte entre 30 000 et 50 000 euros, selon sa surface et les aménagements nécessaires. Des travaux de rénovation supplémentaires peuvent alourdir la facture. S’y ajoutent 14 000 euros HT de droit d’entrée pour les professionnels déjà installés, puis des redevances d’exploitation et de publicité dégressives.

Les franchisés Laforêt peuvent également se spécialiser sur ce marché, tout comme des créateurs venus d’autres univers. À Paris 6e, c’est ainsi un couple d’architectes qui a ouvert la nouvelle agence.

Crédit immobilier à 4 % : ce qui inquiète Yann Jéhanno

Cette offensive intervient dans un marché toujours fragile. Après un deuxième trimestre 2026 difficile et un rebond estival, Yann Jéhanno observe un nouvel attentisme des acquéreurs. Il voit se confirmer une remontée des taux de crédit vers 4 % d’ici la fin de l’année, au moins pour certains dossiers.

Mais sa principale inquiétude est ailleurs. « Ce qui me préoccupe, c’est le moral des Français », confie-t-il, alors que se profile une année présidentielle 2027 incertaine.

Le dirigeant rappelle toutefois que, selon ses estimations, 70 à 75 % des transactions répondent à une nécessité : séparation, succession, mutation professionnelle… Des projets qui ne peuvent pas toujours attendre des jours meilleurs.

Dans ce contexte, Yann Jéhanno mise sur les biens de caractère pour diversifier l’activité des agences. « C’est un relais de croissance pour notre réseau, c’est un relais de croissance pour nos franchisés », assure-t-il. Reste à transformer cette ambition en mandats et en transactions.

Retrouvez l’entretien de Yann Jéhanno avec Ariane Artinian dans Mon Podcast Immo, sur MySweetImmo et toutes les plateformes d’écoute.

Par MySweetImmo