Immobilier : « L’IA, un formidable levier pour nos équipes et nos clients », Xavier Saubestre (Odealim)

Et si l’IA rendait la location plus sûre… et le travail plus intéressant ? Au micro d’Ariane Artinian dans Mon Podcast Immo, Xavier Saubestre (Odealim) présente Lebonloc, son nouvel outil contre les faux dossiers, et défend une IA au service des équipes.

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L'essentiel selon MySweetimmo
  • Odealim présente Lebonloc au salon RENT, un outil destiné à accélérer la constitution et la vérification des dossiers locataires.
  • Lebonloc est gratuit pour le candidat locataire et intégré à la garantie loyers impayés proposée au propriétaire.
  • Face aux documents falsifiés, Odealim veut faire évoluer en permanence ses outils de contrôle.
  • Pour Xavier Saubestre, l’IA peut aussi faciliter le recrutement et fidéliser les collaborateurs en réduisant les tâches administratives.

Votre syndic le connaît, votre gestionnaire aussi, et sans doute votre assureur. Au micro d’Ariane Artinian dans Mon Podcast Immo, Xavier Saubestre, CEO d’Odealim, présente Le Bon Loc, lancé au salon RENT pour faciliter et sécuriser la location. Il défend aussi une vision très RH de l’intelligence artificielle : un moyen de gagner du temps, mais surtout d’attirer et de fidéliser les équipes.

Lebonloc, un passeport pour louer plus vite

Longtemps présent au salon RENT par l’intermédiaire de ses start-up, notamment Cautioneo, Odealim s’y affiche cette année sous son propre nom. Le groupe veut désormais s’adresser aussi bien aux professionnels de l’immobilier qu’aux particuliers. Ces deux publics sont indissociables, rappelle Xavier Saubestre, puisque la location repose sur « la rencontre du professionnel et du particulier ».

Avec Lebonloc, Odealim veut leur simplifier la tâche. Le candidat dépose ses justificatifs sur une plateforme numérique. Les documents sont vérifiés avant d’être transmis à l’administrateur de biens, qui dispose ainsi d’un dossier prêt à être présenté au propriétaire, dans le respect des critères de la garantie loyers impayés.

« Ce sera comme un passeport d’entrée pour ce professionnel », explique Xavier Saubestre. Pour le locataire, l’intérêt est de constituer plus rapidement son dossier. Pour le gestionnaire, de gagner du temps sur les vérifications et de sécuriser la sélection du candidat.

Reste la question du prix. Le service est intégré à l’offre de garantie loyers impayés souscrite par le propriétaire via son administrateur de biens. « C’est un package », résume le dirigeant. Pour le locataire, « c’est tout bénéfice » : il ne paie rien.

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Faux dossiers : l’IA contre les fraudeurs

Faux bulletins de salaire, justificatifs falsifiés… L’intelligence artificielle complique aussi le travail des professionnels chargés de vérifier les candidatures.

« Avec l’IA, avec le digital, on a de plus en plus de facilité à avoir des dossiers falsifiés », constate Xavier Saubestre. Lebonloc doit notamment aider les administrateurs de biens à repérer ce qu’il appelle un « sportif de l’impayé », autrement dit un candidat qui sait d’avance qu’il ne paiera pas son loyer.

Mais le dirigeant refuse de promettre le risque zéro. « Il n’y a pas de boule de cristal », reconnaît-il. Un locataire de bonne foi peut rencontrer des difficultés financières après la signature du bail. Dans ce cas, l’administrateur de biens doit disposer des éléments nécessaires pour rechercher une solution amiable.

Pour Odealim, l’enjeu est donc double : mieux contrôler les dossiers au départ et garder une longueur d’avance sur des fraudeurs qui perfectionnent sans cesse leurs méthodes. Le groupe entend assurer cette veille technologique à la place des gestionnaires. « La vérité du lendemain, elle est déjà différente », prévient Xavier Saubestre.

L’IA, un atout pour recruter et fidéliser les équipes

C’est l’autre message fort de Xavier Saubestre. L’intelligence artificielle ne doit pas seulement servir à réduire les coûts ou à traiter davantage de dossiers. Elle peut aussi rendre les métiers de l’immobilier plus attractifs.

« On a au sein de nos équipes des expertes et des experts qui ne demandent qu’une chose, c’est exprimer cette expertise et non pas faire de l’administratif de base », explique-t-il.

Produire des documents, répondre aux demandes répétitives, traiter des formalités : autant de tâches que l’IA peut alléger. Le temps gagné peut alors être consacré au conseil, à la relation client et aux dossiers qui exigent une véritable expertise.

Pour Xavier Saubestre, c’est aussi une question de recrutement. Pourquoi rejoindre une entreprise pour passer une grande partie de ses journées à effectuer des tâches administratives que des outils pourraient prendre en charge ? Et pourquoi y rester si l’on ne peut pas exercer pleinement son métier ?

Le raisonnement vaut pour Odealim comme pour ses clients, notamment les syndics et les administrateurs de biens. Le dirigeant avance un exemple concret : grâce à des outils adaptés, un gestionnaire pourrait suivre 70 copropriétés au lieu de 50, tout en consacrant davantage de temps aux missions à forte valeur ajoutée. Une perspective, pas un résultat déjà mesuré.

L’IA peut-elle devenir un argument pour attirer et fidéliser les collaborateurs ? « J’en suis intimement convaincu », répond Xavier Saubestre au micro d’Ariane Artinian. Son mot d’ordre : « Rendons le quotidien de nos équipes et de nos experts plus intéressant. Et je pense que tout le monde y gagnera. »

Immobilier 2027 : les banques sous surveillance

Xavier Saubestre livre enfin son analyse du marché immobilier. Après une année 2025 et une première partie de 2026 plutôt favorables, il observe de nouveaux signes de tension. « On voit bien que sur ces dernières semaines et depuis cet été, à nouveau, le marché commence à se tendre », constate-t-il, pointant la remontée des taux de crédit.

Grâce à Artémis Courtage, Odealim suit de près les demandes de financement, dont une grande partie provient des professionnels de la transaction. Son principal indicateur est désormais le comportement des banques. Les établissements continuent de prêter, mais certains commencent à examiner plus attentivement les profils des emprunteurs.

« Pour l’instant, il n’y a rien de dramatique, on n’est pas dans le dur », nuance le dirigeant. Mais avec un cycle de transaction de deux à trois mois, les dossiers engagés aujourd’hui donnent déjà la tendance du début de l’année prochaine. « On est déjà en train de fabriquer 2027. » Et si les banques referment leurs guichets comme en 2023-2024, prévient-il, « on va avoir un problème sur ce marché de l’immobilier ».

Xavier Saubestre donne enfin rendez-vous aux professionnels au salon RENT. « Il y a des solutions incroyables et nous y serons », souligne-t-il, invitant les clients et partenaires d’Odealim à venir rencontrer ses équipes.

Retrouvez l’intégralité de l’entretien de Xavier Saubestre avec Ariane Artinian dans Mon Podcast Immo, sur MySweetImmo et sur toutes les plateformes d’écoute.

Par Ariane Artinian