Crédit immobilier : Les banques baissent leurs taux malgré le tour de vis de la BCE
Alors que la Banque centrale européenne a relevé ses taux directeurs en juin, les banques françaises poursuivent la baisse de leurs taux de crédit immobilier. Une stratégie commerciale qui permet au marché de résister et redonne un peu d’air aux emprunteurs.
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Malgré une hausse des taux directeurs de la BCE en juin, le marché du crédit immobilier se maintient, porté par les offres promotionnelles de certaines banques.
Cette stabilité s’opère à travers une baisse des taux, démontrant la volonté de certains établissements de maintenir une concurrence forte et de poursuivre leurs objectifs de gain de clientèle.
Une BCE qui durcit le ton, des banques qui résistent
Le 11 juin, la BCE a augmenté ses 3 taux directeurs de 25 points de base, portant notamment le taux de dépôt à 2,25 %. Cette décision s’explique par la remontée de l’inflation dans la zone euro, alimentée en grande partie par la hausse des prix de l’énergie.
L’attention se porte désormais vers la réunion du 23 juillet 2026. A ce stade, les indicateurs plaident davantage en faveur d’une pause que d’un nouveau relèvement, sauf persistance de l’inflation énergétique ou mauvaise surprise sur l’inflation sous-jacente.
Dans ce contexte de durcissement monétaire, une remontée des taux de crédit aurait pu sembler inévitable. Pourtant, les banques ont légèrement abaissé leurs barèmes en juin par rapport au mois précédent. Cette évolution traduit moins l’orientation de la politique monétaire de la BCE que la volonté des établissements de maintenir une concurrence forte et de poursuivre leurs objectifs de conquête de clientèle.
Des taux en baisse en Juin
Dans ces conditions, en juin, les taux baissent légèrement comparés à ceux pratiqués le mois précédent avec :
- 3,17 % sur 15 ans (-3 points de base)
- 3,31 % sur 20 ans (-6 points de base)
- 3,42 % sur 25 ans (-6 points de base)
Cette baisse des taux se reflète également dans les conditions obtenues par les meilleurs profils, qui ont bénéficié en juin de taux atteignant :
- 3,00 % sur 15 ans (-1 point de base)
- 3,10 % sur 20 ans (-5 points de base)
- 3,20 % sur 25 ans (-5 points de base)
Autre signal favorable aux emprunteurs : compte tenu de la hausse des taux moyens constatée en mai (3,48 % sur 25 ans) et du relèvement de la BCE en juin, le taux d’usure a mécaniquement progressé au 1er juillet. De 5,19 % au deuxième trimestre pour les prêts de 20 ans et plus, il atteint désormais 5,29 %.
Cette évolution contribue à desserrer les contraintes d’accès au crédit pour certains dossiers, notamment ceux en cours de négociation.

Les Français face à l’immobilier : la résilience plutôt que le renoncement
Dans le contexte actuel, les Français font preuve d’un remarquable pragmatisme. Le Baromètre CAFPI 2026, récemment dévoilé, révèle ainsi que 95 % des Français ne croient plus à une baisse des taux de crédit immobilier d’ici la fin de l’année. Pourtant, cette prise de conscience ne se traduit pas par un abandon des projets : seuls 7 % des répondants déclarent reporter leur acquisition.
Face à cette nouvelle donne, les ménages adaptent leurs stratégies. Huit Français sur dix se disent désormais prêts à emprunter sur 25 ans ou plus afin de préserver leur capacité d’achat, tandis que près de 40 % envisagent d’acquérir un bien à rénover ou de réaliser des travaux pour concrétiser leur projet immobilier.
Les Français, toujours convaincus par la pierre, sont déterminés à devenir propriétaires malgré un contexte moins favorable.
Un pouvoir d’achat immobilier qui retrouve des couleurs
La légère baisse des taux observée en juin permet au pouvoir d’achat immobilier de s’accroître dans quelques villes. Pour une mensualité de 1 000 euros sur 25 ans aux taux moyens de CAFPI, on gagne à Bordeaux +0,92 m², à Nantes +0,6 m² et à Lille +0,4 m².
Mais cet effet ne profite pas à l’ensemble des grandes villes, notamment du fait de prix de l’immobilier qui poursuivent leur hausse. Ainsi par rapport à mai, Montpellier perd 2,28 m² de superficie achetable, Marseille 1,36 m² et Rennes 1,26 m².
Les meilleurs taux se trouvent dans le Nord ou dans le Sud
Avec des taux moyens sur 10 ans en baisse dans toutes les régions, à 3,03 %, la France des meilleurs taux dessine un triangle entre le Sud-Ouest, le Nord et le Sud-Est.
Ainsi la Nouvelle-Aquitaine devient la région la mieux disante sur 15 ans avec un taux de 3,12 %, quand il atteint son point le plus haut à 3,18 % en Île-de-France.
Sur 20 ans, c’est au tour des Hauts-de-France de proposer le taux le plus avantageux avec 3,20 % tandis que la Provence-Alpes-Côte d’Azur affiche de son côté 3,26 % sur 25 ans.
Sur ces deux durées, les taux les plus élevés sont proposés dans les Pays de Loire avec respectivement 3,44 % sur 20 ans et 3,58 % sur 25 ans.
