Crédit immobilier : Les taux remontent à 3,30 % en juillet 2026

Les taux des crédits immobiliers atteignent 3,30 % en juillet. L’allongement des durées de prêts se poursuit tandis que la solvabilité des ménages et l’activité du marché restent sous pression. Ce qu’il faut retenir de l’Observatoire Crédit Logement / CSA.

Les taux de credit remontent en juillet 2026

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L'essentiel selon MySweetimmo
Source : L'Observatoire Crédit Logement / CSA
  • Le taux moyen des crédits immobiliers atteint 3,30 % en juillet 2026.
  • Les banques privilégient un allongement des durées de prêts pour soutenir les plans de financement.
  • La durée moyenne des crédits atteint 253 mois, avec 51 % des prêts accordés sur 25 ans ou plus.
  • La solvabilité des ménages reste sous pression face à la hausse du coût des opérations immobilières.
  • La production de crédits et le nombre de prêts accordés reculent nettement en rythme trimestriel.

Les taux des crédits immobiliers poursuivent leur remontée en juillet 2026 pour atteindre 3,30 %. Dans le même temps, les durées des prêts s’allongent, la solvabilité des ménages reste sous pression et l’activité du marché confirme son ralentissement.

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Les taux des crédits immobiliers poursuivent leur remontée

En juillet 2026, le taux moyen des crédits immobiliers s’établit à 3,30 %, contre 3,26 % le mois précédent. Il est de 3,24 % pour l’accession dans le neuf et de 3,28 % pour l’accession dans l’ancien.

Après une première phase de hausse en début d’année, suivie d’une période de stabilisation entre février et avril autour de 3,23 %, les taux ont renoué avec une trajectoire ascendante : +3 points de base en mai, +1 point en juin et +4 points en juillet, portant le taux moyen du marché à 3,30 %.

Cette évolution traduit les arbitrages permanents opérés par les établissements prêteurs entre deux impératifs : préserver leurs marges dans un environnement financier plus contraint et soutenir la distribution de crédits immobiliers afin d’accompagner l’activité du marché.

Entre février et avril, la stabilité des barèmes bancaires avait répondu à la nécessité d’encourager une demande fragilisée par l’érosion du pouvoir d’achat immobilier des ménages et par le niveau élevé des prix des logements. Depuis lors, la dégradation du contexte international et les tensions géopolitiques au Moyen-Orient ont accentué les incertitudes économiques. La remontée des rendements obligataires et les turbulences observées sur les marchés financiers ont conduit les banques à ajuster progressivement leurs conditions de crédit afin de préserver leurs équilibres économiques.

Pour autant, cette remontée demeure contenue. Les établissements bancaires ont privilégié des ajustements graduels plutôt qu’un relèvement marqué de leurs barèmes. Les évolutions observées sur les principales durées de prêts en témoignent : depuis décembre 2025, les taux des crédits sur 15 ans n’ont progressé que de 2 points de base, tandis que ceux des prêts sur 20 ans et 25 ans sont restés quasiment inchangés.

Dans ce contexte, le niveau actuel des taux ne constitue pas, à lui seul, un facteur de blocage du marché immobilier. Il reflète davantage l’adaptation prudente des banques à un environnement financier plus exigeant, renforcée par le relèvement des taux directeurs décidé par la Banque centrale européenne en juin.

Toutefois, la hausse du taux moyen observée depuis le printemps ne résulte pas uniquement de l’évolution des barèmes bancaires. La structure même de la production de crédits s’est modifiée pour mieux répondre aux contraintes de solvabilité des ménages. La part des prêts les plus longs, facilitant le bouclage des plans de financement, s’est ainsi renforcée, avec une répercussion non négligeable de +8 pdb sur le taux moyen depuis avril.

Les durées longues plus fréquentes

Depuis un an, la durée moyenne des crédits immobiliers s’est accrue de 6 mois.

En juillet 2026, la durée moyenne des prêts accordés s’est établie à 253 mois, atteignant 265 mois pour l’accession dans le neuf comme dans l’ancien, des niveaux historiquement élevés. Cette stratégie permet aux banques de soutenir les projets des ménages alors que le coût des opérations immobilières continue de peser sur leur capacité d’emprunt.

L’allongement des durées reste ainsi le principal levier mobilisé pour faciliter le bouclage des plans de financement. En juillet, 51 % des prêts ont été consentis sur 25 ans ou plus, contre 46,8 % en moyenne en 2025.


Cette évolution modifie la structure du marché du crédit. Les prêts les plus longs, qui sont également les plus coûteux, occupent désormais une place plus importante dans la production. Leur poids croissant contribue mécaniquement à la hausse du taux moyen observée depuis le printemps, indépendamment des seuls ajustements de barèmes pratiqués par les banques.

Une solvabilité des ménages toujours sous pression

La reprise de l’inflation, dans un contexte de progression modérée des revenus, continue d’affaiblir le pouvoir d’achat immobilier des ménages. Si les revenus des emprunteurs ont augmenté de 1,1 % sur les sept premiers mois de 2026 (en glissement annuel), le coût des opérations progresse plus rapidement (+ 2,5 %). Dans ce contexte, le coût relatif des opérations poursuit sa lente remontée pour atteindre 4,1 années de revenus en juillet 2026.

Par ailleurs, l’apport personnel continue de s’éroder légèrement (- 0,3 % sur les sept premiers mois de 2026, après- 3,4 % en 2025). Cette évolution traduit surtout un phénomène de plafonnement : les ménages ont désormais atteint leurs limites en matière de mobilisation d’épargne pour financer un achat immobilier. Si le niveau moyen de l’apport se maintient, c’est principalement parce que le marché accueille davantage de secundo-accédants ayant vendu un bien auparavant, ainsi qu’une proportion plus importante de ménages disposant de revenus et de patrimoines plus élevés.

Dans le même temps, la solvabilité de la demande décroche en juillet. Autrement dit, les gains sur cet indicateur liés aux profils d’emprunteurs plus aisés sont désormais largement compensés par la hausse des coûts d’acquisition.

Une activité en récession

À partir du printemps, plusieurs facteurs ont fragilisé la demande. Les tensions géopolitiques liées au conflit au Moyen-Orient ont nourri un climat d’incertitude pesant sur la croissance économique et le pouvoir d’achat des ménages. Après une légère amélioration en avril, le marché s’est nettement contracté en mai, sous l’effet combiné d’une activité réduite par les nombreux jours fériés et d’un environnement économique plus anxiogène.

Toutefois, le recul du marché ne s’explique pas uniquement par une dégradation de l’économie française ni par une remontée significative des taux d’intérêt, restée relativement modérée. La principale source de ralentissement réside dans les hésitations des ménages, confrontés à un accès au crédit plus contraint et à des exigences d’apport personnel élevées. Même le rebond enregistré en juin n’a pas suffi à inverser la tendance.

Les chiffres de juillet confirment désormais l’entrée du marché dans une phase récessive. En rythme trimestriel, la production de crédits recule de 21,5 % par rapport à l’année dernière et le nombre de prêts accordés de 19,7 %. L’activité annuelle glissante montre également un net essoufflement : la production de crédits n’augmente plus que de 0,5 % à fin juillet, contre 31,1 % à fin décembre 2025, tandis que la progression du nombre de prêts ralentit à seulement 3,8 %, contre +38% en 2025. Si cette dynamique se poursuit, ces indicateurs devraient basculer en territoire négatif dès l’automne.

Par MySweetImmo