Immobilier : Il faut désormais 110 jours pour vendre son bien selon Orpi
Les ventes immobilières ont résisté durant l’été 2026, selon Orpi. Mais la légère remontée des prix et l’allongement des délais de vente montrent que le marché reste fragile et très inégal selon les villes.
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Le délai moyen de vente atteint désormais 110 jours dans le réseau d'agences immobilières Orpi.
- Le volume de compromis enregistrés par Orpi est quasiment stable : -0,06 % par rapport à 2025.
- Le délai moyen de vente atteint désormais 110 jours.
- Les compromis reculent à Marseille, Lyon, Lille, Paris et Bordeaux.
- Avignon, Bayonne, Strasbourg, Montpellier et Limoges tirent leur épingle du jeu.
- Pour vendre sans attendre, les propriétaires doivent ajuster leur prix aux capacités financières des acheteurs.
Le marché immobilier a mieux résisté que prévu durant l’été. Dans son réseau, Orpi enregistre un volume de compromis quasiment stable, en baisse de seulement 0,06 % par rapport à 2025. Après un mois de mai ralenti par les nombreux jours fériés, juin et juillet se sont révélés plus dynamiques. Cette évolution prolonge la stabilisation déjà observée au premier semestre.
La situation reste toutefois fragile. Orpi fait état d’une légère hausse du prix moyen au mètre carré de 1,4 %, contre un recul de 0,8 % au premier semestre. Or, si les projets immobiliers sont toujours là, les acquéreurs hésitent encore à franchir le pas face à des prix qu’ils jugent trop élevés.
Les biens surévalués restent sur le marché
Ce décalage entre les attentes des vendeurs et les capacités financières des acheteurs pèse sur les transactions. Le délai moyen de vente atteint désormais 110 jours dans le réseau Orpi. Le phénomène s’explique notamment par des biens mis sur le marché à des prix surestimés. Un constat qui rejoint les enseignements des derniers baromètres : les délais de vente révèlent les difficultés d’ajustement entre vendeurs et acquéreurs.
Pour les propriétaires, le message est clair : afficher un prix trop ambitieux dès le départ risque d’allonger la commercialisation et de contraindre ensuite à une baisse plus importante. La prudence pourrait encore s’accentuer si les taux de crédit évoluent entre 3,5 % et 4 % d’ici la fin de l’année, comme l’anticipe Orpi. Les conditions de financement demeurent déterminantes alors que les emprunteurs apparaissent déjà plus fragiles en 2026.
Marseille et Lyon reculent, Avignon progresse
Derrière cette stabilité nationale, les écarts restent importants entre les territoires. Les compromis reculent de 10 % à Marseille, de 9 % à Lyon et de 7 % à Lille. Paris enregistre une baisse de 4 %, avec un prix moyen de 9 700 €/m², tandis que Bordeaux limite son repli à 2 %, à 4 310 €/m².
À l’inverse, plusieurs villes enregistrent une progression des ventes. Les compromis augmentent de 12 % à Avignon, de 11 % à Bayonne, de 9,5 % à Strasbourg, où le prix moyen s’établit à 3 700 €/m², et de 7,8 % à Montpellier, à 3 490 €/m². Limoges confirme également son attractivité auprès des acquéreurs et des investisseurs : les compromis y progressent de 8 %, tandis que le prix moyen reste accessible à 1 511 €/m², en légère hausse de 0,5 %.
Ces résultats dessinent une ligne de fracture assez nette. Les marchés où les prix restent accessibles, ou se sont suffisamment ajustés, continuent d’attirer les acheteurs. À l’inverse, les villes où le décalage demeure important entre les prétentions des vendeurs et le budget des ménages restent sous tension. Prix accessibles et rendement locatif constituent ainsi, selon Orpi, le duo le plus efficace pour débloquer les transactions.
Orpi réclame une politique du logement à long terme
Pour redonner du souffle au marché d’ici 2027, Orpi avance trois priorités : mettre en place une politique immobilière de long terme, indépendante des arbitrages budgétaires ponctuels ; rétablir la confiance des bailleurs privés en les considérant comme des partenaires économiques plutôt que comme des cibles fiscales ; et simplifier les procédures administratives, notamment dans le logement neuf.
Ces demandes interviennent alors que le nouveau statut du bailleur privé peine encore à convaincre les investisseurs. Pour Orpi, la reprise existe donc bien, mais elle reste suspendue à trois conditions : des prix correctement estimés, un accès au crédit préservé et une politique du logement plus lisible.
