Immobilier en Île-de-France : Les ventes repartent de 10 % mais les notaires ne parlent pas encore de reprise
Au 2e trimestre 2026, 31 750 logements anciens ont été vendus en Île-de-France, soit 10 % de plus qu’un an plus tôt, tandis que les prix restent stables. Les Notaires du Grand Paris décrivent une reprise réelle, mais fragile et inégale.
Nouveau
© adobestock
Le marché immobilier francilien poursuit son lent redressement. Au 2e trimestre 2026, 31 750 logements anciens ont été vendus en Île-de-France, soit 10 % de plus qu’un an auparavant. Les prix, eux, ne bougent quasiment plus. Une amélioration réelle, selon les Notaires du Grand Paris, mais encore trop fragile et inégale pour parler d’une reprise généralisée, et que la remontée attendue des taux de crédit pourrait enrayer.
Les ventes immobilières progressent de 10 % en Île-de-France
La reprise du marché immobilier ancien se confirme doucement. Entre avril et juin 2026, 31 750 ventes ont été enregistrées en Île-de-France, en hausse de 10 % sur un an et de 15 % par rapport à la même période de 2024. Dans le détail, 23 070 appartements anciens ont changé de mains, soit une progression de 11 % en un an, tandis que 8 680 maisons ont été vendues, en hausse de 8 %. Comparée au 2e trimestre 2024, l’activité augmente respectivement de 14 % et 18 %.
Mais attention à ne pas surinterpréter le rebond. Début 2025, certains acquéreurs avaient anticipé la hausse des droits de mutation dans plusieurs départements, ce qui avait gonflé les transactions du premier trimestre avant de pénaliser celles du deuxième. Le point de comparaison est donc favorable, et les notaires le disent eux-mêmes : le rebond « traduit à la fois un effet de comparaison favorable et la poursuite d’un redressement réel, mais encore fragile ».
Sur l’ensemble du premier semestre 2026, qui permet de lisser cet effet, la progression est plus mesurée : +4 % pour les appartements et +7 % pour les maisons par rapport au premier semestre 2025. « Ces résultats confirment donc une amélioration de l’activité, mais ne permettent pas encore de parler d’une reprise généralisée », tranchent les Notaires du Grand Paris.
Paris tire la reprise, la Grande Couronne reste en retrait
La reprise est loin d’être homogène selon les territoires. Paris affiche la plus forte progression, avec 20 % de ventes supplémentaires en un an. L’activité augmente de 11 % en Petite Couronne mais de seulement 4 % en Grande Couronne. Le contraste se retrouve selon les types de biens : les ventes d’appartements progressent de 10 % en Petite Couronne contre 3 % en Grande Couronne. Pour les maisons, l’écart est encore plus marqué, +17 % contre +6 %.
Derrière ces moyennes, les études notariales font état de « situations très hétérogènes ». Les notaires constatent le retour progressif de certains primo-accédants, « notamment lorsqu’ils disposent d’un apport ou peuvent bénéficier d’un soutien familial ». La situation est plus délicate pour les secundo-accédants, « en particulier lorsqu’ils doivent revendre un bien acquis dans un contexte de taux beaucoup plus favorable ».
Quant à l’investissement locatif dans l’ancien, il « reste extrêmement limité ». Selon les Notaires du Grand Paris, le dispositif Jeanbrun, dont la montée en puissance est encore en cours, « semble, à date, avoir entraîné un retour encore mesuré des investisseurs ».
Les prix se stabilisent, les acheteurs gardent la main
Le redémarrage des transactions ne provoque pas de nouvelle hausse des prix. Au 2e trimestre 2026, les prix des logements anciens reculent de 0,3 % sur un an en Île-de-France et de 0,4 % sur trois mois. Pour les appartements anciens, le prix moyen francilien atteint 6 130 €/m², soit +0,3 % sur un an et -0,3 % sur trois mois. À Paris, le prix des appartements anciens s’établit à 9 560 €/m², en très légère hausse de 0,6 % en un an.
Les maisons restent davantage orientées à la baisse : -1,5 % sur un an en Île-de-France, avec des corrections similaires en Petite Couronne (-1,4 %) et en Grande Couronne (-1,6 %). Leur prix de vente s’établit à 320 000 euros.
« Le marché semble ainsi avoir intégré un nouveau niveau de prix, mais continue de chercher son équilibre », analysent les notaires. Cette stabilisation ne signifie pas pour autant que le rapport de force s’est rééquilibré en faveur des vendeurs. Les acquéreurs restent en position favorable et « peuvent se montrer particulièrement exigeants : lorsque le prix proposé est jugé trop élevé, certains biens ne recueillent tout simplement aucune offre ».
Tout se joue alors du côté du vendeur. « Ceux qui disposent encore d’une plus-value importante acceptent plus facilement une révision de leurs attentes, tandis que les propriétaires ayant acheté plus récemment se montrent davantage réticents à consentir une baisse, ce qui contribue à bloquer certaines transactions. »
À Paris, le prix pourrait atteindre 9 620 €/m² fin septembre
Les indicateurs avancés issus des promesses de vente ne laissent pas entrevoir de changement brutal à court terme. À Paris, le prix des appartements anciens devrait s’établir autour de 9 620 €/m² fin septembre 2026. À l’échelle de l’Île-de-France, les prix des appartements pourraient progresser de 1,4 % en trois mois, tandis que ceux des maisons resteraient quasiment stables, à +0,3 %. Sur un an, la baisse du prix des maisons pourrait en revanche s’accentuer et atteindre -2,8 % au 3e trimestre.
Plusieurs offices notariaux constatent parallèlement une amélioration des promesses de vente depuis le début de l’été, susceptible de soutenir l’activité dans les prochains mois. Mais les professionnels restent prudents et « soulignent la difficulté à dégager une tendance homogène à l’échelle de l’Île-de-France ».
Une reprise lente, si les taux tiennent
Pour la rentrée, les Notaires du Grand Paris décrivent « un marché toujours hésitant et très sensible à son environnement ». L’attentisme lié « aux contextes de la politique nationale et des conflits internationaux demeure important », relèvent-ils. Le scénario privilégié reste celui d’une reprise lente, « sous réserve d’une stabilité des conditions de financement ». C’est là que le bât blesse : « les perspectives d’une probable hausse des taux de crédit à l’habitat pourraient à nouveau enrayer la dynamique », préviennent les notaires. Au-delà de quelques mois, la visibilité demeure faible, et le marché francilien « continue de s’adapter à un nouveau régime d’activité et de prix, avec une forte sensibilité aux mouvements des contextes politiques, économiques et financiers ».
