Rêve immobilier : L’envie d’acheter à l’épreuve du budget
Selon l’Ifop pour Bien’ici, 39 % des Français de 25 à 55 ans envisagent un achat immobilier sous deux ans. Mais entre le logement rêvé et le budget disponible, des compromis s’imposent sur la surface, la localisation et le cadre de vie.
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- 39 % des Français de 25 à 55 ans envisagent un achat immobilier dans les deux prochaines années.
- Parmi les Français de 25 à 55 ans interrogés par l’Ifop pour Bien’ici, 67 % estiment leur rêve immobilier plus difficile à réaliser que pour leurs parents ou grands-parents au même âge.
- Pour un achat jugé réaliste, 57 % des Français de 25 à 55 ans envisagent un budget inférieur à 250 000 euros, contre 38 % pour leur logement idéal.
- Parmi les non-propriétaires de 25 à 55 ans, 78 % considèrent l’accès à la propriété comme important ou indispensable.
L’envie d’acheter résiste, mais les moyens financiers imposent des choix. Selon une étude Ifop pour Bien’ici, près de quatre Français sur dix envisagent un achat immobilier dans les deux prochaines années. Pourtant, 67 % jugent leur rêve immobilier plus difficile à réaliser que pour leurs parents ou grands-parents au même âge.
Entre la maison souhaitée, le quartier recherché et le budget disponible, l’écart apparaît nettement. Le prix des biens, les revenus et l’apport personnel conduisent les ménages à revoir certaines de leurs attentes.
Les plus jeunes gardent une forte envie d’acheter
Parmi les 25-55 ans, 39 % envisagent un achat dans les 24 prochains mois : 21 % pour une résidence principale, 13 % pour une résidence secondaire et 5 % pour un investissement locatif. Ces chiffres mesurent des intentions, sans préjuger des achats qui seront effectivement réalisés.
Le projet est particulièrement présent chez les plus jeunes. Il concerne 56 % des 25-35 ans, contre 40 % des 36-44 ans et 24 % des 45-55 ans.
Devenir propriétaire reste aussi un objectif majeur pour ceux qui ne le sont pas encore. Parmi les non-propriétaires interrogés, 41 % jugent l’accès à la propriété indispensable et 37 % important, soit 78 % au total.
Le budget réaliste se situe souvent sous 250 000 euros
Lorsqu’ils passent du logement idéal à un achat qu’ils jugent réaliste, les Français revoient leur budget à la baisse. Plus de la moitié se projettent alors sous le seuil de 250 000 euros.
| Budget envisagé | Pour le logement idéal | Pour un achat réaliste |
|---|---|---|
| Moins de 250 000 euros | 38 % | 57 % |
| 400 000 euros ou plus | 23 % | 11 % |
Source : étude Ifop pour Bien’ici auprès des 25-55 ans.
Le décalage est particulièrement visible pour les budgets les plus élevés : près d’un répondant sur quatre imagine un logement idéal à 400 000 euros ou plus, mais seulement un sur dix environ considère ce budget comme réaliste.
Pour un candidat à l’achat, le montant disponible dépend aussi des conditions de financement. Notre décryptage sur le coût de la hausse des taux pour les acheteurs explique comment les mensualités et le budget d’acquisition peuvent évoluer.
Le prix, les revenus et l’apport freinent les projets
Parmi les personnes qui ne jugent pas leur logement idéal tout à fait accessible, le prix du bien est le premier obstacle cité, à 40 %. Viennent ensuite les revenus, à 36 %, le niveau des prix dans la zone recherchée, à 28 %, et l’apport personnel, à 26 %. Les taux d’intérêt sont mentionnés par 20 % de ces répondants.
Les difficultés changent selon les ressources du foyer. Dans ce même groupe, les personnes disposant de moins de 1 499 euros par mois citent davantage leurs revenus, à 49 %, et le manque d’apport, à 35 %.
À partir de 4 000 euros de revenus mensuels, le manque d’apport est cité par 17 % des répondants. La rareté du bien recherché prend en revanche plus de place : 25 % la mentionnent, contre 11 % parmi les moins aisés. Selon les moyens disponibles, l’obstacle tient donc davantage au financement ou à la recherche du logement souhaité.
La constitution de l’apport reste notamment un sujet pour les premiers achats. MySweetImmo a consacré un article à la place de l’aide familiale dans les projets des primo-accédants.
Une maison plus grande, mais des compromis à faire
Le logement rêvé offre davantage d’espace que celui occupé aujourd’hui. Parmi les répondants, 67 % souhaitent une maison, alors que 53 % y vivent actuellement. De même, 63 % imaginent un logement d’au moins 90 m², contre 44 % qui disposent déjà de cette surface. Un extérieur privatif figure parmi les trois caractéristiques prioritaires pour 40 % des personnes interrogées.
Le cadre de vie compte également. Le calme est recherché par 41 % des répondants, devant la proximité de la nature ou des espaces verts, à 37 %, et l’accès aux commerces et services du quotidien, à 32 %.
Pour rendre leur projet possible, les personnes interrogées envisagent néanmoins des concessions sur la surface ou le nombre de pièces, à 30 %, sur la localisation, également à 30 %, et sur la proximité des services et facilités du quotidien, à 28 %. Ces choix touchent directement la manière d’habiter : disposer de moins de place, changer de secteur ou s’éloigner de certains services. Notre article sur la surface accessible à budget de crédit égal illustre l’un de ces arbitrages.
« L’envie d’acheter reste forte, mais les Français veulent avant tout un logement dans lequel ils pourront bien vivre. Toute la difficulté consiste à concilier cette aspiration avec leurs moyens. Les compromis sur la surface, la localisation ou l’environnement engagent leur quotidien pour longtemps. Notre rôle est de les aider à comprendre ce qui est accessible, à explorer les alternatives et à faire des choix éclairés, sans perdre de vue ce qui compte vraiment pour eux », conclue David Benbassat, président de Bien’ici.
