Crédit immobilier : Les taux remontent en novembre, quel coût pour les acheteurs ?
Les taux immobiliers remontent en novembre. Pour 200 000 € empruntés sur 25 ans, passer de 3,5 % à 4 % représente près de 55 € de plus par mois, hors assurance selon Artémis courtage.
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- Les taux moyens de crédit immobilier négociés par Vousfinancer en novembre atteignent 3,60 % sur 15 ans, 3,80 % sur 20 ans et 4 % sur 25 ans.
- Pour un prêt immobilier de 200 000 € sur 25 ans, passer de 3,5 % à 4 % ajoute environ 55 € par mois et 16 300 € d’intérêts au total, hors assurance et frais, selon une simulation d’Artémis courtage.
- Les taux affichés sur 20 ans vont de 3,60 % à 4,50 % selon les banques et les profils, d’après Vousfinancer : comparer les offres reste essentiel.
- La hausse des taux immobiliers pourrait bloquer certains emprunteurs dont le coût global du crédit dépasse le taux d’usure, alerte Vousfinancer. Négocier l’assurance et les frais peut aider à faire aboutir leur dossier.
Un demi-point de taux supplémentaire peut coûter cher à un acheteur immobilier. Selon Artémis courtage, emprunter 200 000 € sur 25 ans à 4 %, contre 3,5 % en mai, représente environ 16 300 € d’intérêts supplémentaires. Alors que les banques relèvent encore leurs barèmes en novembre, une simulation réalisée il y a quelques mois mérite donc d’être actualisée avant de faire une offre d’achat.
Pour 200 000 € empruntés, près de 55 € de plus par mois
L’exemple présenté par Ludovic Huzieux, cofondateur d’Artémis courtage, concerne un couple de 30 ans qui emprunte 200 000 € sur 25 ans pour acheter sa résidence principale. Les acheteurs disposent de 20 000 € d’apport, destinés à couvrir les frais d’acquisition et de garantie.
À 3,5 %, la mensualité atteint 1 001,25 €, hors assurance. À 4 %, elle passe à 1 055,67 €. L’écart de 54,42 € par mois représente environ 16 300 € sur les 300 mensualités du prêt.
| Pour un prêt de 200 000 € sur 25 ans | Mai 2026 | Novembre 2026 |
|---|---|---|
| Taux du crédit | 3,5 % | 4 % |
| Mensualité hors assurance | 1 001,25 € | 1 055,67 € |
| Revenus mensuels correspondant à une mensualité égale à 33 % des revenus | 3 034 € | 3 199 € |
Source : simulation Artémis courtage. Le ratio de 33 % constitue l’hypothèse retenue dans cet exemple, calculé hors assurance.
Pour les acheteurs, la conséquence est simple : à montant emprunté identique, il faut pouvoir supporter une mensualité plus élevée. Si le budget mensuel ne peut pas augmenter, le montant finançable diminue. Pour les professionnels qui accompagnent une vente, refaire valider le financement permet aussi de vérifier que le prix recherché correspond toujours aux moyens de l’acquéreur.
Des taux à 4 % et des écarts importants entre banques
Selon Vousfinancer, les barèmes reçus pour novembre augmentent tous, de 0,10 à 0,40 point selon les banques. Les taux affichés sur 20 ans s’échelonnent désormais de 3,60 % à 4,50 %, selon les établissements et les profils.
Les taux moyens négociés annoncés par le courtier atteignent, eux, 3,60 % sur 15 ans, 3,80 % sur 20 ans et 4 % sur 25 ans. Il faut donc distinguer les tarifs affichés des conditions effectivement obtenues après examen du dossier.
« Certaines banques prêtent désormais à plus de 4 % sur 20 ans, quand d’autres, plus rares, permettent encore de décrocher un crédit proche de 3,5 % à condition d’avoir un excellent dossier », souligne Sandrine Allonier, porte-parole de Vousfinancer.
La hausse s’installe dans la durée. Depuis l’été, elle dépasse 0,5 point dans certaines banques et atteint même 0,7 point dans l’un des établissements partenaires du courtier. « Depuis le mois d’août, les hausses de taux s’enchaînent mois après mois. Même si elles restent progressives, au total depuis cet été, l’augmentation atteint plus de 0,5 point dans certaines banques et même 0,7 point dans l’une d’entre elles», précise Julie Bachet, directrice générale de Vousfinancer.
Les moyennes masquent aussi des différences selon les revenus. Notre décryptage des taux immobiliers qui dépassent déjà 4 % pour certains ménages détaille ces écarts et leurs conséquences sur le financement.
Pourquoi le taux et l’assurance doivent être comparés ensemble
Les banques continuent de financer des achats, rassure tout de même Artémis courtage, notamment pour atteindre leurs objectifs annuels de production. Mais obtenir un accord suppose de regarder l’ensemble du coût du crédit.
Le taux d’usure fixe le plafond légal du taux annuel effectif global, ou TAEG. Cet indicateur comprend les intérêts et les frais nécessaires à l’obtention du financement, notamment l’assurance exigée par la banque. Un taux nominal inférieur au plafond ne garantit donc pas, à lui seul, que le dossier pourra être accepté.
Vousfinancer alerte sur le décalage entre des taux de crédit qui remontent et des seuils d’usure qui resteront inchangés jusqu’à la fin de l’année. Le courtier indique négocier les taux, les frais et l’assurance pour maintenir les dossiers sous la limite autorisée.
« Si les taux de crédit continuent d’augmenter dans les prochaines semaines, les marges de manœuvre vont se réduire et certains emprunteurs, pourtant solvables, pourraient se retrouver exclus du crédit uniquement à cause du taux d’usure », reprend Julie Bachet.
Pour comparer deux propositions, il faut donc examiner la mensualité assurance comprise, le TAEG et le coût total, avec des garanties comparables. Notre article sur le taux d’usure applicable aux crédits immobiliers au quatrième trimestre 2026 explique les éléments à vérifier.
Budget 2027 : deux enjeux pour les futurs acheteurs
Vousfinancer relie la remontée des barèmes aux tensions sur les taux d’emprunt de l’État. Le rendement de l’obligation française à 10 ans a atteint 5 % le 21 octobre, contre 3,60 % en juin, selon le courtier. Ces tensions peuvent se répercuter sur les conditions proposées aux ménages, sans entraîner une hausse automatique et identique dans toutes les banques.
Dans ce contexte, l’issue des discussions sur le budget 2027 est particulièrement surveillée. Selon Vousfinancer, un accord crédible sur les finances publiques pourrait contribuer à rassurer les investisseurs. « Un accord ne suffirait pas à faire baisser immédiatement les taux, mais il pourrait au moins contribuer à enrayer leur remontée », commente Sandrine Allonier.
Le budget comporte également une piste pour les familles qui souhaitent changer de logement : étendre le prêt à taux zéro aux ménages attendant un enfant ou ayant à charge un enfant de moins de 3 ans, même lorsqu’ils sont déjà propriétaires. Artémis courtage met en avant cette évolution possible pour faciliter un nouvel achat.
Notre décryptage du PTZ parentalité envisagé dans le budget 2027 présente les conditions proposées. Le dispositif reste soumis à l’adoption des textes : pour préparer un achat aujourd’hui, le financement doit être calculé à partir des aides effectivement accessibles.
