Taux de crédit immobilier : 3,49 % en octobre, les projets fragilisés selon Crédit Logement
Le taux moyen des crédits immobiliers atteint 3,49 % en octobre 2026, selon l’Observatoire Crédit Logement/CSA. Malgré des remboursements plus longs, la hausse des taux et du coût des achats fragilise les projets.
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- Le taux moyen des crédits immobiliers atteint 3,49 % en octobre 2026, contre 3,40 % en septembre, hors assurance et coût des garanties.
- La durée moyenne des crédits immobiliers atteint 253 mois en octobre 2026, soit 21 ans et un mois.
- Les prêts à l’accession sur 25 ans ou plus représentent 49,3 % de la production observée, contre 46,5 % en 2025.
- Le montant des crédits immobiliers accordés recule de 4,2 % sur les douze mois achevés en octobre 2026, par rapport aux douze mois précédents.
Emprunter pour acheter un logement coûte de nouveau plus cher. Le taux moyen des crédits immobiliers passe de 3,40 % en septembre à 3,49 % en octobre 2026, selon l’Observatoire Crédit Logement/CSA. Les banques continuent de proposer des remboursements sur de longues durées pour aider les ménages à financer leur achat. Mais cette solution ne suffit plus à compenser la hausse des taux et du coût des projets.
Des taux en hausse pour le deuxième mois consécutif
Après des augmentations limitées à 0,03 point par mois pendant l’été, le taux moyen a progressé de 0,09 point en septembre, puis d’autant en octobre. Il a ainsi gagné 0,24 point depuis juin et 0,33 point depuis décembre 2025.
En octobre, le taux moyen atteint 3,39 % pour l’accession dans le neuf et 3,49 % dans l’ancien. Les taux fixes augmentent sur toutes les durées présentées par l’Observatoire :
| Durée du prêt | Septembre 2026 | Octobre 2026 |
|---|---|---|
| 15 ans | 3,21 % | 3,32 % |
| 20 ans | 3,39 % | 3,54 % |
| 25 ans | 3,45 % | 3,57 % |
Taux hors assurance et coût des garanties. Source : Observatoire Crédit Logement/CSA.
L’Observatoire Crédit Logement/CSA explique cette remontée par les tensions inflationnistes, la hausse des taux directeurs de la Banque centrale européenne et la pression sur les marges des banques. La place croissante des prêts longs, généralement plus chers, contribue également à faire monter la moyenne.
Pour un acheteur, la conséquence est concrète : à durée et mensualité identiques, un taux plus élevé réduit le montant qu’il peut emprunter. Notre décryptage sur le coût de la hausse des taux pour les acheteurs permet d’en mesurer les effets sur un budget.
Près d’un prêt à l’accession sur deux sur au moins 25 ans
La durée moyenne des crédits atteint 253 mois en octobre, soit 21 ans et un mois, contre 252 mois en septembre. Pour les seuls achats destinés à l’accession à la propriété, elle s’élève à 262 mois dans le neuf et à 263 mois dans l’ancien, soit près de 22 ans.
Les prêts sur 25 ans ou plus représentent désormais 49,3 % de la production de prêts à l’accession observée, contre 46,5 % en 2025. Les banques utilisent donc largement les durées longues pour rendre les mensualités plus supportables.
Étaler le remboursement permet de réduire la somme à payer chaque mois, pour un même montant et un même taux. En contrepartie, les intérêts sont versés plus longtemps. Surtout, les durées sont déjà proches de leurs niveaux les plus élevés : leur allongement ne permet plus, selon l’Observatoire, de compenser entièrement le renchérissement des projets.
Les achats coûtent plus cher, les profils d’emprunteurs changent
Sur les dix premiers mois de 2026, les revenus des emprunteurs progressent de 1,7 %, tandis que le coût des opérations financées augmente de 3 %. En octobre, une opération représente en moyenne 4,2 années de revenus, comme un an auparavant.
L’apport personnel augmente lui aussi : +2,2 % sur les dix premiers mois de 2026 par rapport à la même période de 2025, après une baisse de 3,5 % en 2025. Cette évolution ne signifie pas que tous les ménages parviennent à épargner davantage.
L’Observatoire Crédit Logement/CSA constate une présence renforcée d’acheteurs qui ont déjà été propriétaires et disposent d’un apport plus conséquent. À l’inverse, les ménages les plus modestes rencontrent davantage de difficultés pour concrétiser leur achat. Ce changement de profils explique le redressement de l’indicateur de solvabilité, malgré des conditions de crédit moins favorables.
Pour les candidats à un premier achat, le rôle de l’apport personnel dans le financement immobilier reste donc un point important à examiner.
Le montant des crédits accordés recule
Le rebond habituellement attendu en octobre n’a pas eu lieu. Selon l’Observatoire, l’incertitude économique, le recul du pouvoir d’achat et le durcissement des conditions de crédit pèsent sur la demande, dans le neuf comme dans l’ancien.
Les chiffres distinguent deux évolutions : celle des sommes prêtées et celle du nombre de prêts.
| Indicateur | Évolution sur trois mois* | Évolution sur douze mois* |
|---|---|---|
| Montant des crédits accordés | −0,8 % | −4,2 % |
| Nombre de prêts accordés | +4,7 % | −0,1 % |
Périodes achevées en octobre 2026, comparées aux mêmes périodes un an auparavant. Source : Observatoire Crédit Logement/CSA.
Le contraste avec l’année précédente est marqué. En octobre 2025, la progression sur trois mois atteignait encore 27,1 % pour les montants prêtés et 28,3 % pour le nombre de prêts. Sur douze mois, la hausse des montants atteignait 31,1 % à la fin de 2025.
L’activité reste également très inférieure à celle d’avant la crise sanitaire. Sur les dix premiers mois de 2026, le nombre de prêts est inférieur de 31 % à la moyenne des mêmes périodes de 2016 à 2019. L’écart atteint 43,3 % pour les montants accordés.
Ces résultats prolongent le ralentissement du crédit immobilier déjà observé en septembre. Pour les acquéreurs comme pour les professionnels qui les accompagnent, actualiser le plan de financement permet de vérifier que le budget de recherche correspond toujours aux conditions de crédit accessibles.
