Crise du logement : Léon XIV appelle à « chercher des solutions plus justes »
Dans l’avion qui le ramenait de France à Rome, le pape Léon XIV a été interrogé sur la crise du logement. Sa réponse renvoie les dirigeants politiques à leurs responsabilités : traiter les causes, pas seulement l’urgence.
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© Alberto PIZZOLI / POOL / AFP
Le pape Léon XIV lors de la conférence de presse en vol, le 28 septembre 2026, au retour de son voyage en France.
Le pape Léon XIV s’est exprimé sur la crise du logement lors de sa conférence de presse à bord de l’avion qui le ramenait de Metz à Rome, lundi 28 septembre, au terme de quatre jours de voyage en France. Interrogé sur le cas d’une femme de 87 ans, en situation de handicap, expulsée de son logement en Espagne, il a renvoyé les responsables politiques à leurs responsabilités.
Une expulsion en Espagne au cœur de la question
La question est venue d’un fait divers qui a ému l’opinion outre-Pyrénées : celui de Maricarmen Abascal, 87 ans, en situation de handicap, chassée le 23 septembre de l’appartement madrilène qu’elle occupait depuis soixante-dix ans. Le journaliste l’a aussitôt élargie à la précarité et à la crise du logement qui touche toute l’Europe. Léon XIV a reconnu ne pas connaître le dossier, mais sa réponse a rapidement dépassé le cas particulier.
« Il me semble que ce serait un cas où les voisins, la communauté, la paroisse, le diocèse ou l’État devraient se mobiliser pour se demander : comment un tel cas a-t-il pu se produire ? Quel est le problème dans le système qui permet qu’une personne âgée, qui plus est en situation de handicap ou en difficulté, soit pour ainsi dire chassée de chez elle ? », a-t-il lancé, appelant chacun, croyant ou non, à « rechercher des solutions plus justes afin d’éviter que de tels cas ne se produisent ».
Léon XIV appelle à s’attaquer aux causes du problème
Le pape n’a pas cherché à faire de l’Église l’acteur de la solution et en a même fixé les limites : « Le problème du logement qui existe aujourd’hui dans de nombreux pays est un problème qu’une paroisse seule, un diocèse seul ou l’Église elle-même ne pourront pas résoudre. » La balle est donc renvoyée aux gouvernements. « Il s’agit là d’un défi majeur pour lequel nous devons peut-être aussi exiger des dirigeants politiques et des autorités qu’ils cherchent une solution. Ce phénomène s’amplifie manifestement, et bien souvent, nous ne réagissons qu’au moment de l’urgence, mais nous devons vraiment identifier la cause systémique de ce problème et déterminer comment y remédier. », a-t-il déclaré lors de cette conférence de presse en vol rapportée par Vatican News.
Léon XIV n’a toutefois avancé aucune mesure précise : il ne s’est prononcé ni sur l’encadrement des loyers, ni sur la fiscalité immobilière, ni sur la construction. Madrid, elle, n’a pas attendu : le lendemain de ces propos, le gouvernement espagnol adoptait deux décrets d’urgence sur le logement, déjà surnommés « décret Maricarmen » qui gèlent les expulsions jusqu’en 2030, prolongent de deux ans les baux en cours et rendent leur renouvellement automatique. Le Congrès doit les valider vendredi.
