Immobilier : 60 % des notaires constatent des prix en baisse
Après un été atone, 49 % des notaires interrogés par Immonot signalent un recul de l’activité. À l’automne, ils anticipent surtout des ventes stables et des prix encore sous pression. Les vendeurs doivent s’ajuster.
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- Entre juin et août 2026, 49 % des notaires interrogés par Immonot constatent une baisse d’activité ; seuls 16 % observent une reprise des transactions, contre 26 % trois mois plus tôt.
- Parmi les notaires sondés par Immonot, 60 % observent une baisse des prix immobiliers, contre 52 % au printemps.
- Pour l’automne 2026, 56 % des notaires interrogés par Immonot anticipent une stabilité des transactions, 37 % une baisse et seulement 7 % une hausse.
Le redémarrage du marché immobilier marque le pas. Après de bons mois de mai et juin dans certaines études, l’été a refroidi les intentions d’achat : près d’un office notarial sur deux interrogé par Immonot déclare avoir subi une baisse d’activité entre juin et août. Dans le même temps, les vendeurs semblent davantage disposés à revoir leurs prix.
Cette enquête ne mesure toutefois ni l’évolution nationale du nombre de ventes ni celle des prix signés. Elle restitue les observations et les anticipations d’un panel d’études notariales. Le signal est néanmoins clair : les acquéreurs restent rares et sélectifs, et les biens trop chers ou nécessitant d’importants travaux risquent de s’installer durablement sur le marché.
Après l’embellie du printemps, l’été a cassé le rythme
Selon Immonot, seuls 16 % des offices sondés constatent encore une reprise des transactions, contre 26 % trois mois auparavant. À l’inverse, 49 % déclarent une baisse d’activité sur la période allant de juin à août. « Après de bons mois de mai et juin, juillet a fait place à une baisse significative des demandes. Les acquéreurs, beaucoup moins nombreux mais sérieux, se montrent néanmoins très pointilleux », observe un notaire interrogé dans le cadre de l’enquête.
Les professionnels ne misent pas sur un rebond rapide. Pour l’automne, 56 % prévoient une stabilité du volume de transactions et 37 % une baisse. Cette dernière proportion reste proche des 35 % enregistrés lors de la consultation d’avril. Seuls 7 % des répondants anticipent une hausse des ventes. Ces résultats rejoignent d’autres signaux de ralentissement : selon Orpi, le délai moyen nécessaire pour vendre un logement a atteint 110 jours en 2026. Le marché n’est donc pas à l’arrêt, mais les transactions prennent davantage de temps.
Quelques secteurs résistent mieux. « Une activité dynamique notamment chez les primo-accédants, et pour les biens attractifs en termes de prix », constate Sébastien Gaska, négociateur au sein d’ACP Notaires à Beaumont-sur-Sarthe.
Le juste prix redevient la clé pour vendre
L’ajustement devient plus visible : 60 % des notaires sondés constatent une baisse des prix, contre 52 % au printemps. Ce résultat traduit la perception des professionnels interrogés et non une baisse nationale moyenne de 60 %, ni un recul des prix de cette ampleur. Pour l’automne, 54 % des répondants prévoient une stabilité des prix, contre 44 % au printemps, tandis que 46 % anticipent une baisse. Aucun répondant ne prévoit donc de hausse, d’après les résultats communiqués par Immonot.
L’écart se creuse entre les logements prêts à habiter et ceux qui cumulent les défauts. « Les produits bien placés, en bon état et correctement évalués trouvent encore acquéreurs. En revanche, les biens avec travaux, DPE médiocre, charges importantes, absence d’extérieur ou prix trop ambitieux peuvent rester longtemps sur le marché », témoigne Florence Barbou, négociatrice au sein de la Selas Jonquet, Chaton et de Clarens-Jonquet à Troyes.
Pour les vendeurs, le message est concret : afficher un prix élevé afin de tester la demande peut se retourner contre eux. « Pour un vendeur, je déconseillerais clairement la stratégie consistant à mettre un peu plus cher pour tester le marché. Un tarif trop haut au départ risque davantage de faire vieillir l’annonce que de provoquer une négociation », ajoute Florence Barbou. Avant de commercialiser un logement, certains investissements peuvent néanmoins faciliter la vente. MySweetImmo a recensé les travaux qui augmentent réellement la valeur d’un bien, en distinguant les améliorations utiles des dépenses difficiles à récupérer dans le prix.
Crédit, DPE, travaux : les acheteurs font le tri
Les perspectives sont légèrement moins défavorables pour les terrains : 66 % des notaires interrogés anticipent une stabilité des prix et 34 % une baisse. Le communiqué évoque une demande particulière pour les projets aux budgets contenus, notamment chez les primo-accédants susceptibles de mobiliser un prêt à taux zéro.
Le financement reste toutefois un point de fragilité. Le communiqué cite un taux moyen de crédit de 3,30 %, attribué à l’Observatoire Crédit Logement/CSA, et évoque la possibilité d’un taux proche de 4 % à la fin de 2026. Une telle remontée réduirait la capacité d’emprunt des ménages et pourrait écarter certains acheteurs. Des solutions complémentaires subsistent : certaines banques proposent encore des prêts bonifiés à 1,99 %, cumulables avec le PTZ. Ces offres ne sont pas automatiques et dépendent de l’établissement, du profil de l’emprunteur et de la composition du financement.
Vendre d’abord, acheter ensuite : le mot d’ordre
Face à cette visibilité réduite, 88 % des notaires interrogés conseillent aux propriétaires de vendre leur logement avant d’en acheter un autre. Seuls 5 % recommandent d’acheter d’abord et 7 % préconisent d’attendre. Cette prudence vise à éviter qu’un ménage supporte simultanément deux biens ou se retrouve contraint de céder le premier dans l’urgence. Elle doit cependant être appréciée selon la situation financière de l’acheteur, la liquidité du marché local et les conditions d’un éventuel prêt relais.
« Ce “coup de froid” estival ne doit pas masquer les fondamentaux solides du marché immobilier. Le rôle du notaire reste central, et les Français ont besoin de repères clairs, de données fiables et d’un accompagnement de proximité pour concrétiser leurs projets », souligne François-Xavier DUNY, président du Groupe Notariat Services.
