Logement neuf : Moins de 40 000 ventes au 1er semestre 2026

Moins de 40 000 logements neufs ont été réservés au premier semestre 2026, soit une baisse de 18,3 % sur un an selon la FPI. Les ventes en bloc plongent, tandis que les investisseurs reviennent timidement.

Immeuble de logements neufs en construction en 2026

Nouveau

© adobestock

 0
L'essentiel selon MySweetimmo
Source : Fédération des promoteurs immobiliers
  • Moins de 40 000 logements neufs ont été réservés au premier semestre 2026, soit une baisse de 18,3 % sur un an.
  • Les ventes de logements neufs ont chuté de 23,6 % au deuxième trimestre 2026, avec un recul de 40,8 % pour les ventes en bloc.
  • Les ventes de logements neufs aux particuliers ont diminué de 11,3 % au deuxième trimestre 2026, et de 17,9 % auprès des propriétaires occupants.
  • Les réservations de logements neufs réalisées par des investisseurs particuliers ont progressé de 13,4 % au deuxième trimestre 2026, mais restent très peu nombreuses.

Le logement neuf replonge. Au deuxième trimestre 2026, les ventes ont baissé de 23,6 % par rapport à la même période de 2025, selon les chiffres communiqués par la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI).

Sur les six premiers mois de l’année, le recul atteint 18,3 %. Moins de 40 000 logements ont été réservés. D’après la FPI, ce seuil n’avait encore jamais été franchi à la baisse.

La fédération met en cause les tensions au Moyen-Orient, les incertitudes sur le budget 2027 et l’approche de l’élection présidentielle. Ces événements peuvent nourrir l’attentisme des acheteurs et des investisseurs.

Newsletter MySweetimmo

Les ventes en bloc plongent de 40,8 %

La chute vient d’abord des ventes en bloc. Ces achats de programmes ou de lots par des bailleurs institutionnels et d’autres grands opérateurs ont diminué de 40,8 % au deuxième trimestre sur un an.

Le marché ne peut donc plus compter sur ces acheteurs pour compenser la faiblesse de la demande des ménages. Depuis 2023, les ventes de logements neufs semblaient s’être stabilisées, mais à un niveau déjà bas. Le nouveau recul du deuxième trimestre éloigne encore la perspective d’une reprise.

La crise du neuf contraste avec un marché de l’ancien plus résistant. Début septembre, MySweetImmo constatait que le marché immobilier de 2026 tenait sans parvenir à retrouver un véritable élan. Dans le neuf, les réservations de logements collectifs restaient alors proches de 15 000 à 16 000 par trimestre, contre environ 30 000 avant le Covid.

Les ménages achètent moins de logements neufs

Les ventes aux particuliers ont reculé de 11,3 % au deuxième trimestre. La baisse atteint même 17,9 % chez les propriétaires occupants, c’est-à-dire les ménages qui achètent un logement neuf pour y vivre.

Ce décrochage prolonge les difficultés observées au début de l’année. Au premier trimestre 2026, la FPI constatait déjà que la reprise du logement neuf s’éloignait.

Pour les promoteurs, la baisse des ventes a des conséquences directes. Lorsqu’un programme ne rassemble pas assez de réservations, son financement et son lancement deviennent plus difficiles. Le ralentissement commercial risque donc de peser ensuite sur les mises en chantier et sur l’offre de logements disponible.

Les investisseurs reviennent, mais en petit nombre

Une seule catégorie progresse : les investisseurs particuliers. Leurs réservations ont augmenté de 13,4 % au deuxième trimestre sur un an.

Cette hausse doit cependant être relativisée. Elle porte sur des volumes que la FPI juge encore très faibles. Une progression importante en pourcentage peut en effet représenter peu de logements lorsque le point de départ est particulièrement bas.

Plusieurs promoteurs avaient déjà observé un retour limité des investisseurs particuliers dans le neuf au premier trimestre 2026. Altarea avait notamment enregistré 270 réservations, en hausse de 54 %, et Nexity 452 réservations, en progression de 19 %. Nexity estimait alors que les premiers effets du nouveau dispositif fiscal restaient peu significatifs sur le trimestre.

La FPI espère que le statut du bailleur privé consolidera cette reprise. Également appelé dispositif Jeanbrun, ce mécanisme permet aux investisseurs de déduire chaque année une partie de la valeur du logement de leurs revenus fonciers. Le dispositif Jeanbrun est entré en vigueur le 21 février 2026.

La hausse de 13,4 % ne suffit toutefois pas à prouver que ce dispositif a provoqué le retour des investisseurs.

La FPI attend de nouvelles mesures avant 2027

La FPI voit un motif d’espoir dans le retour du logement dans le débat politique. Selon la fédération, plusieurs candidats à l’élection présidentielle ont évoqué le sujet lors d’un débat organisé le 27 août 2026 à La REF, l’événement économique du Medef.

Parmi les propositions citées figurent le renforcement du statut du bailleur privé et la simplification des règles de construction. La FPI compte également sur les discussions autour du projet de loi consacré à la relance et à la décentralisation du logement.

« Quand le bâtiment va, tout va. Nous sommes entendus, le logement revient en force dans le débat présidentiel. Nombre de candidats l’ont bien compris. Mais il y a péril en la demeure. Les Français et l’économie française ne peuvent pas attendre. Le gouvernement, comme il s’y est engagé auprès de moi, doit absolument renforcer le Statut du Bailleur Privé pour qu’il puisse réellement atteindre les objectifs fixés ensemble. Des objectifs dont nous sommes encore très loin », souligne Pascal Boulanger, président de la FPI.

Les mesures réclamées par les promoteurs ne produiraient cependant pas d’effet immédiat sur l’ensemble du marché. Entre la décision de construire, la commercialisation d’un programme et la livraison des logements, plusieurs années peuvent s’écouler.

Par MySweetImmo