Logement : Plus cher, plus difficile, un avenir qui inquiète

Le logement pèse davantage dans le budget des Français selon le 10ème Baromètre QUALITEL. Recherches difficiles, projets familiaux reportés : un Français sur cinq craint de devoir quitter son domicile pour des raisons financières.

Couple consultant des annonces immobilières et calculant son budget logement

Nouveau

© Mysweetimmo et IA

 0
L'essentiel selon MySweetimmo
  • Selon le baromètre Qualitel 2026, 63 % des personnes interrogées estiment que la part de leur budget consacrée au logement a augmenté au cours des cinq dernières années.
  • Selon Qualitel, 19 % des répondants craignent de ne pas pouvoir rester dans leur logement actuel pour des raisons financières, à court, moyen ou long terme.

Le logement prend davantage de place dans le budget et nourrit une inquiétude très concrète : pourra-t-on continuer à vivre chez soi ? Cette année encore, QUALITEL a interrogé les Français sur leur lieu de vie. Près d’un répondant sur cinq craint de devoir quitter son domicile pour des raisons financières.

Le Baromètre QUALITEL 2026 décrit une pression qui commence dès la recherche d’un bien et se prolonge une fois installé. Loyer ou crédit, charges, énergie : les dépenses pèsent sur le quotidien, tandis que les difficultés à trouver un logement peuvent repousser des projets professionnels ou familiaux.

Newsletter MySweetimmo

Le budget logement augmente pour 63 % des sondés

Pour 63 % des personnes interrogées, la part du budget consacrée au logement a augmenté au cours des cinq dernières années. Cette appréciation porte sur l’ensemble des dépenses : le loyer ou le remboursement du crédit, mais aussi les charges courantes et l’énergie.

La crainte de ne plus pouvoir rester chez soi concerne 19 % des répondants, à des échéances qui vont du court au long terme. Le sujet dépasse donc le seul moment de l’achat ou de la signature du bail : il touche aussi la capacité à assumer durablement les dépenses du logement.

Cette pression budgétaire est également abordée dans notre décryptage sur les dépenses de logement qui conduisent les ménages à renoncer à des vacances, au chauffage ou à certaines garanties d’assurance.

L’avenir suscite des inquiétudes du même ordre. Pour les vingt prochaines années, les dépenses de crédit, de loyer, de copropriété et d’énergie figurent parmi les sujets que les sondés voient le plus se détériorer. 21 % estiment que le logement pèsera davantage dans le budget des 18-30 ans dans vingt ans.

Trouver un logement : les locataires et les jeunes en première ligne

Parmi les répondants ayant recherché leur logement au cours des cinq dernières années, 54 % déclarent avoir rencontré des difficultés. Cette proportion est de 36 % chez ceux dont la recherche remonte à plus de dix ans. Les recherches récentes apparaissent ainsi plus difficiles dans toutes les grandes zones géographiques étudiées.

Les locataires sont particulièrement concernés : 63 % de ceux ayant recherché leur logement il y a moins de cinq ans ont rencontré des obstacles, contre 42 % des propriétaires. L’enquête relève également des difficultés chez 61 % des 18-24 ans et 70 % des étudiants.

Deux freins dominent. Parmi les personnes ayant eu du mal à trouver un logement, 82 % citent au moins une raison liée au manque de biens disponibles, dans la zone souhaitée ou correspondant à leurs besoins. 69 % mentionnent au moins une difficulté budgétaire : prix de vente, loyer, crédit, charges ou conditions d’accès.

Pour les étudiants et leurs familles, la localisation peut modifier fortement le budget à prévoir. Notre article sur les écarts de loyers étudiants entre les villes universitaires permet de comparer les marchés.

Les conséquences dépassent la recherche immobilière. 58 % des personnes ayant rencontré des difficultés estiment qu’elles ont eu des effets négatifs sur leur vie. Parmi les moins de 25 ans concernés, 62 % évoquent des répercussions scolaires ou professionnelles et 60 % une cohabitation subie.

Les projets familiaux peuvent aussi être touchés : 24 % des 18-35 ans ayant eu du mal à trouver un logement déclarent avoir reporté ou abandonné un projet d’enfant pour cette raison. L’enquête fait également état de stress, cité à 86 %, et de fatigue, à 84 %, parmi les personnes confrontées à ces difficultés.

Être bien logé dépend aussi du confort au quotidien

Une fois installés, 51 % des sondés se disent très bien ou extrêmement bien logés. Ce sentiment varie sensiblement selon la situation résidentielle : il concerne 60 % des propriétaires, contre 35 % des locataires, et 58 % des habitants de maisons, contre 38 % des habitants d’appartements.

L’âge du bâtiment est également associé à des différences de satisfaction. 62 % des occupants d’un logement construit depuis 2016 se sentent très bien ou extrêmement bien logés, contre 35 % de ceux vivant dans un logement construit entre 1946 et 1970.

La qualité ressentie compte fortement. Le Qualiscore, qui mesure sur dix la satisfaction à l’égard de vingt caractéristiques du logement, atteint 8,6 sur 10 chez les personnes se disant extrêmement bien logées, contre 3,8 sur 10 chez celles qui déclarent ne pas être bien logées.

Cinq dimensions ressortent particulièrement : la consommation d’énergie, l’isolation phonique, le confort thermique en hiver, le confort thermique en été et l’aération ou la ventilation. Au total, quinze facteurs sont associés au sentiment d’être bien logé, parmi lesquels l’agencement, les matériaux, la lumière naturelle, l’humidité ou la vue.

Pour un acheteur comme pour un locataire, ces résultats donnent des points concrets à examiner lors d’une visite. La capacité à rester au frais mérite notamment une attention particulière, comme l’explique notre article sur le confort d’été et l’adaptation des logements aux fortes chaleurs.

Pour demain, des logements accessibles, rénovés et adaptés

À l’horizon de vingt ans, la propriété reste un repère fort. 69 % des répondants considèrent qu’être propriétaire de sa résidence principale sera important ou indispensable pour se sentir bien logé. Cette proportion atteint 77 % chez les 18-24 ans.

Les priorités exprimées portent d’abord sur des logements financièrement accessibles au plus grand nombre, cités par 50 % des sondés. Viennent ensuite l’accélération de la rénovation des logements existants, à 45 %, et l’adaptation au vieillissement de la population, à 33 %. Par ailleurs, 80 % souhaitent davantage de logements neufs répondant aux exigences de confort et de bien-être.

Les répondants attendent aussi des progrès techniques : confort en hiver, isolation acoustique, adaptation au vieillissement et au handicap, résistance aux épisodes climatiques. Leurs attentes réunissent ainsi le coût, le confort et la possibilité de rester dans un logement adapté au fil des années.

« La question du logement ne peut plus être abordée sous le seul angle de l’accès. Bien sûr, il faut permettre à chacun de trouver un logement correspondant à ses besoins et à ses moyens. Mais il faut aussi garantir que ce logement soit de qualité, confortable, performant et capable de s’adapter aux évolutions de nos modes de vie comme aux défis de demain », conclut Antoine Desbarrières, directeur général de l’Association Qualitel.

Par MySweetImmo