Bâtiment : L’activité recule, les artisans réclament des chantiers

L’activité des artisans du bâtiment recule de 1 % sur un an au troisième trimestre 2026, selon la CAPEB. Trésoreries fragilisées et emplois en baisse alimentent la mobilisation « Laissez-nous travailler ! ». L’organisation réclame des mesures pour relancer les chantiers.

Deux artisans devant une maison en rénovation tiennent une pancarte « Laissez-nous travailler ! »

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© Mysweetimmo et IA

La pétition « Laissez-nous travailler ! », portée par la CAPEB pour réclamer une relance des chantiers, rassemble 8 600 signatures au 27 octobre 2026

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L'essentiel selon MySweetimmo
Source : La CAPEB
  • L’activité des entreprises artisanales du bâtiment baisse de 1 % sur un an au troisième trimestre 2026, dans la construction neuve comme dans l’entretien-rénovation.
  • La rénovation énergétique progresse de 1 % sur un an au troisième trimestre 2026, une première depuis le premier trimestre 2024.
  • La CAPEB réclame une baisse temporaire de la TVA à 5,5 % sur les travaux de rénovation, un parcours de rénovation énergétique par étapes, un arrêt de la hausse du coût du travail, un système de gestion des déchets (REP PMCB) efficace et une meilleure reconnaissance du rôle des artisans dans la transition énergétique.

Près d’une entreprise artisanale du bâtiment sur trois déclare une trésorerie en dégradation au troisième trimestre 2026. Ce chiffre résume les difficultés du secteur : malgré le retour à la croissance de la rénovation énergétique, les chantiers restent insuffisants pour redresser l’ensemble de l’activité.

Dans son bilan du troisième trimestre 2026, la CAPEB, organisation professionnelle des artisans du bâtiment, fait état d’un recul de 1 % sur un an. À l’approche du budget 2027, elle demande des mesures pour permettre aux ménages de financer leurs travaux.

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La rénovation énergétique repart, pas tous les métiers

La construction neuve et l’entretien-rénovation enregistrent chacun une baisse d’activité de 1 % sur un an. Le repli touche toutes les régions, à l’exception de la Normandie, où l’activité se stabilise.

La rénovation énergétique se distingue avec une progression de 1 %, la première depuis le premier trimestre 2024. Cette amélioration bénéficie surtout aux plombiers-chauffagistes et aux électriciens. La CAPEB l’explique notamment par les travaux de climatisation et de ventilation réalisés pendant l’été. Les autres métiers restent en difficulté. L’activité recule de 2 % dans la maçonnerie, la menuiserie-serrurerie et l’aménagement-décoration-plâtrerie. Le redémarrage de certains équipements ne suffit donc pas à relancer tous les travaux dans les logements.

Pour les propriétaires qui préparent un chantier énergétique, le financement dépend aussi des travaux retenus. Notre décryptage des règles de MaPrimeRénov’ depuis septembre 2026 détaille les changements à connaître avant de construire son projet.

Trésoreries et marges sous pression, l’emploi recule

Les difficultés ne se limitent pas au nombre de chantiers. Selon la CAPEB, 30 % des entreprises interrogées déclarent une détérioration de leur trésorerie. Un quart expriment des besoins de financement, pour un montant moyen de 25 000 euros.

Les marges se réduisent également : 28 % des entreprises signalent une baisse, contre seulement 5 % une hausse. L’organisation professionnelle met en cause le recul de l’activité, la hausse du prix des carburants et l’allongement des délais de paiement. Elle rapporte aussi les inquiétudes des artisans face au coût des matériaux, des véhicules professionnels et des assurances.

L’emploi poursuit son recul. Les entreprises du BTP de moins de 20 salariés ont perdu 17 066 emplois sur un an. Dans cet ensemble, environ 11 500 emplois ont disparu dans les entreprises du bâtiment comptant jusqu’à 10 salariés.

Faute de visibilité sur leurs prochains mois d’activité, certains artisans hésitent à embaucher ou à accueillir un stagiaire, rapporte l’organisation. La difficulté consiste autant à remplir le carnet de commandes qu’à pouvoir se projeter.

Une pétition rassemble 8 600 signatures

Avec sa pétition « Laissez-nous travailler ! », lancée à l’occasion du salon Batimat, la CAPEB cherche à porter ces difficultés auprès du gouvernement. Elle annonce 8 600 signatures au 27 octobre 2026 et demande un rendez-vous au Premier ministre pour lui présenter les attentes des artisans.

Les témoignages recueillis font notamment ressortir le manque de chantiers, l’accumulation des démarches et les changements des dispositifs d’aide. La CAPEB alerte aussi sur la place des petites entreprises dans la rénovation énergétique : elle souhaite que les artisans conservent un rôle de conseil et une relation directe avec les clients, au-delà de la pose d’équipements ou de la sous-traitance.

« Les artisans ne demandent pas à vivre sous perfusion d’aides. Ils veulent pouvoir vivre du fruit de leur travail, trouver des chantiers, embaucher et transmettre leurs savoir-faire. Des évidence fortement remises en cause par quatre années de recul d’activité. On ne peut pas leur demander de réussir la rénovation des logements et la transition énergétique tout en fragilisant les conditions dans lesquelles ils travaillent», souligne Jean-Christophe Repon, président de la CAPEB.

TVA, travaux par étapes : ce que la CAPEB réclame pour 2027

Pour relancer les commandes, la CAPEB demande d’abord une baisse temporaire de la TVA à 5,5 % sur les travaux de rénovation. L’objectif affiché est de réduire la facture des ménages pour faciliter le passage au chantier.

Aujourd’hui, en France métropolitaine, certains travaux de rénovation énergétique bénéficient déjà d’un taux de 5,5 %, sous conditions. D’autres travaux d’amélioration, d’aménagement ou d’entretien peuvent relever du taux de 10 %. Le taux dépend notamment de la nature des prestations et du logement.

La CAPEB défend également un parcours de rénovation énergétique par étapes, pour permettre aux ménages d’avancer selon leurs besoins et leurs moyens. Elle souhaite soutenir les financements privés, notamment les donations intrafamiliales, ainsi que l’adaptation des logements au vieillissement. Pour les copropriétaires, comparer les programmes et le montant restant à payer après aides reste essentiel, comme l’illustre notre article sur le coût d’une rénovation énergétique face à de simples travaux d’entretien.

Du côté des entreprises, l’organisation réclame de préserver les allégements de cotisations patronales en excluant de leur calcul la prime de partage de la valeur, la participation, l’intéressement et les versements complémentaires de l’employeur au plan d’épargne entreprise. Elle demande aussi une gestion des déchets du bâtiment mieux adaptée aux petites structures et aux collectivités, ainsi qu’un soutien aux bornes de recharge pour les véhicules professionnels.

Enfin, la CAPEB veut que les artisans conservent leur place dans le déploiement des pompes à chaleur, du conseil au client à la réalisation des travaux. Pour les ménages, l’enjeu est de pouvoir définir un projet finançable et trouver les professionnels pour le réaliser. Les propriétaires bailleurs peuvent notamment se renseigner sur l’accompagnement proposé par Bail Rénov’ pour préparer leurs travaux.

Par MySweetImmo